Open d'Orléans : des collégiens volontaires pour être ramasseurs de balles

Publié le Mis à jour le
Écrit par Ambre Chauvanet .

Le 17e Open d’Orléans se joue actuellement au Palais des Sports. Jusqu’au dimanche 2 octobre, 32 tennismen se disputeront la victoire et les 125 points du Challenger ATP. De petites et jeunes mains s’activent, pour faciliter la vie des joueurs. Nous avons rencontré deux d’entre eux : Raphaël, 14 ans, et Yuna, 13 ans.

À l’entrée du hall nord du Palais des Sports d’Orléans, l’accueil est somptueux. Rien n’est laissé au hasard pour le visiteur. Tapis rouge, vigiles, majordomes en costume rouge et doré, ouvrant la porte double avec élégance, des écrans diffusant les échanges sur le court de tennis.

Dans le centre-ville d’Orléans, un tigre coloré et rugissant s’affiche partout. Ce mardi 27 septembre, les noms des joueurs internationaux s’enchaînent les uns derrière les autres au Palais des Sports. Parmi lesquels ceux des Français : Arthur Fils, Hugo Gaston, Harold Mayot, Maxime Janvier… Tous rêvent d'une victoire à l'Open d'Orléans, qui se tient jusqu'au 2 octobre.

Raphaël Marlet et Yuna Cormier : jeunes, discrets et passionnés

Dans les gradins comme au pied des tribunes : le silence. Seuls les joueurs le brisent, mettant toute leur énergie dans le revers qu’ils adressent à leur adversaire. Aussi discrets que furtifs, de jeunes gens s’activent, toujours au bon moment et avec une efficacité redoutable. Les fameux ramasseurs de balles.

Parmi eux, nous rencontrons Raphaël Marlet, 14 ans, et Yuna Cormier, 13 ans. "Je suis née en fin d’année", justifie-t-elle avec le sourire. Laure Mourens, leur professeure d'EPS au collège Léon-Delagrange de Neuvillle-aux-Bois, est à leurs côtés en tant que responsable. Toute la semaine, ils vont vivre au rythme des matchs et faire aboutir un projet qui remonte, pour eux, à la fin de leur année scolaire de 5e. 

Ces deux jeunes ramasseurs de balles font partie de la classe Projet Open, composée de 28 élèves, tous sur place pour l’événement. Nous y reviendrons.

Raphaël Marlet, 14 ans, passionné de tennis depuis l'âge de 6 ans

"Au début de la 3e, on ramasse les balles à l'Open d'Orléans et à l'Open de paratennis d'Orléans. Le reste de l'année, on forme les 4e", débute Raphaël Marlet, jeune habitant de Chilleurs-aux-Bois. Pour lui, le tennis est une véritable affaire de famille. Le programme favori de ses proches, durant le printemps ? Roland-Garros, bien sûr.

Raphaël Marlet s'entraîne depuis ses 6 ans au club omnisports de Chilleurs-aux-Bois, le COC. "Je fais du tennis depuis 8 ans, parce que j'aime ça. Je joue toujours", assure-t-il.

Son idole, sur le court ? Le Serbe Novak Djokovic. Et pourquoi le projet Open ? "Mon frère l'a fait aussi, il y a trois ans. On est allés le voir, avec ma famille et ça m'a plu. J'ai voulu m'inscrire", relate le jeune homme. 

J'étais heureux, je l'ai dit à mes parents et à mon frère. Malgré tout, je pensais que ça allait être difficile

Raphaël Marlet, 14 ans, passionné de tennis et ramasseur de balles

Alors, naturellement, Raphaël s'inscrit, à la fin de son année de 5e, dans cette classe un peu particulière. Parmi les autres options, il a le choix entre théâtre, langues étrangères, sciences + et arts du cirque. Son choix établi, il aura la réponse définitive le jour de la rentrée suivante. Laure Mourens précise que, depuis, les élèves connaissent leur orientation plus tôt, au dernier conseil de classe de juin. 

"C'est physique mais ça me plaît. Depuis deux ans, j'ai plus confiance en moi et j'ai plus l'esprit d'équipe", confie le jeune joueur. La suite de ses études, à l'issue de cette année de 3e, il l'envisage à Pithiviers, en seconde générale au lycée Duhamel-du-Monceau.

Yuna Cormier, 13 ans, la novice du tennis

En attendant, en plus de son investissement dans l'association de sa commune durant sa semaine de cours, il s'entraîne 1h30 le lundi. Comme sa camarade, Yuna Cormier.

C'était un peu un défi pour que mes parents soient fiers de moi

Yuna Cormier, 13 ans, ramasseuse de balles à l'Open d'Orléans

Yuna Cormier, elle, a 13 ans. Elle est passionnée de sport en général. "J'ai commencé la natation course, il y a deux ans, après six ans de natation synchronisée", explique la jeune fille. Le tennis, dans tout cela ? "Ce n'est pas du tout un sport qui me parle, je ne connais aucun joueur", s'amuse-t-elle.

Pour elle, apprendre les règles de ce sport n'a pas été une difficulté majeure. Aujourd'hui, elle peut constater que ses efforts ont même payé. "J'avais déjà confiance en moi avant mais ça m'a apporté plein de qualités, dont certaines que je n'ai pas encore découvertes", poursuit Yuna. 

Logiquement, elle ne pratique pas le tennis, donc. Pour autant, sa motivation initiale relève du défi personnel : voir la fierté dans les yeux de ses parents. C'est chose faite. Ils seront d'ailleurs présents, comme tous les proches des jeunes, lors de la finale, dimanche 2 octobre. 

La devise des ramasseurs de balles : "rapide, efficace, invisible"

Les principales qualités qu'on exige d'un ramasseur de balles ? Ces deux élèves les connaissent par cœur et n'hésitent pas à les donner d'une même voix, sous l'œil ravi de leur professeure. "Il faut être rapide, efficace, logique et discret", scandent-t-il. 

Outre ces caractéristiques, il faut également connaître les règles du tennis sur le bout des doigts, pour rentrer au bon moment sur le court, bien se placer, et, selon le jeu de service, donner les balles au bon joueur. "Le but, c'est que le jeu soit le plus fluide", précise Laure Mourens.

Un partenariat de plus de quinze ans

Pour comprendre toute cette aventure, remontons un instant en 2005. L'année de naissance de l'Open d'Orléans. Didier Gérard, son créateur, recherche activement des ramasseurs de balles. Odile Cailleaud, professeure d'EPS au collège neuvillois, en bonne passionnée, le connaît. Au fil des discussions, elle finit par accepter. "Ça l'a intéressée comme défi", relève Laure Mourens.

Cette dernière est arrivée au collège en tant que professeure d'EPS en 2008. "Odile Cailleaud nous a suivis sur tous les Open, malgré le fait qu'elle était à la retraite. Malheureusement, elle est décédée en juillet 2016", explique-t-elle. Pour lui rendre hommage, les jeunes ramasseurs de balles se réunissent dans un lieu qui porte son nom, près du court de tennis : l'espace Odile Cailleaud".

Dans la région, on est les seuls à former les élèves à devenir ramasseurs de balles

Laure Mourens, encadrante du projet Open et professeure d'EPS au collège Léon-Delagrange

En tout, iIs sont quatre adultes à gérer le quotidien des jeunes ramasseurs de balles depuis le début de la semaine : Laure Mourens, donc, mais aussi Nicolas Lardeau, Delphine Filippi-Lardeau, tous deux formateurs depuis le premier Open d'Orléans, et Nouar Boudergui, présent à leurs côtés depuis quatre ans.

Pour eux, accompagner des jeunes dans leur évolution sportive est une priorité. C'est d'ailleurs pour cela que les élèves ne doivent pas constituer de dossier, pour leur demande d'option en 5e. Pas de lettre de motivation. "Ça met en difficulté certains élèves et cela peut être un frein pour ceux qui sont très motivés", résume Laure Mourens. 

La plus grande fierté du collège Léon-Delagrange ? "On est le seul collège en France, et même dans le monde, à avoir ramassé les balles à la Fed Cup, en février 2009", assure la professeure. En temps normal, ce sont les bénévoles de Roland-Garros qui se seraient chargé de ce privilège.

Roland-Garros, un rêve qui deviendra peut-être réalité

Depuis 2005, les jeunes ramasseurs de balles sont régulièrement sélectionnés pour participer à la célèbre compétition de Roland-Garros, en tant que ramasseurs de balles bénévoles. Les sélections sont très difficiles. Mais chaque année, des élèves y ont accès. "Une année, ils étaient cinq. On en a toujours un ou deux. Quand ils sont très performants, on leur demande de faire Bercy", ajoute Laure Mourens. Alors on espère que le 16 octobre prochain, le jeune Raphaël Marlet, inscrit, aura la chance d'être retenu. Qui sait, son prénom lui portera peut-être chance, sur la terre battue d'Auteuil ?

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