L'année écoulée aura été l'une des plus noires pour les céréaliers français, dûrement frappés par les aléas météo. Conséquence : les trois quarts des céréaliers français ont eu un revenu net nul ou négatif en 2016. Le congrès de l'AGPB, qui s'est ouvert à Orléans, doit aborder cette question.
Les céréaliers français sont réunis à Orléans les 8 et 9 février pour leur congrès annuel, sur fond de récolte catastrophique en 2016. Si les producteurs français accusent le coup, l'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB), elle, "se mobilise pour redonner des perspectives d’avenir aux céréaliers français" et rappelle, en préambule au congrès que "les investissements d’aujourd’hui c’est la compétitivité de demain."
Le Congrès 2017 s'est donné pour thème : "Libres d'entreprendre, des solutions innovantes".
Pourtant, pour les céréaliers, l'heure n'est pas aux réjouissances : la récolte 2016 se révèle la pire depuis 1976. En cause, les aléas climatiques : fortes pluies, inondations, manque de lumière, tout a concourru pour saper une année qui, au départ, s'annonçait bonne.
Depuis trois ans, le revenu de 40% des exploitations était dans le rouge (P. Pinta)
Première conséquence, les trois quarts des céréaliers français ont eu un revenu net nul ou négatif l'an dernier.
Les récoltes, catastrophiques tant en termes de qualité que de quantité, ont porté "à 75% le nombre de producteurs de grains avec un revenu nul ou négatif, après prélèvement des cotisations sociales", indique l'AGPB (Association générale des producteurs de blé et autres céréales).
"Depuis trois ans, le revenu de 40% des exploitations était dans le rouge", a rappelé Philippe Pinta, président de l'AGPB.
Besoin d'aide
Après avoir rappelé le plan d'urgence Céréales mis en place par le gouvernement en octobre sur proposition notamment de l'AGPB, Philippe Pinta a tiré la sonnette d'alarme: selon lui, le cautionnement public des prêts bancaires aux agriculteurs "fonctionne très, très mal" et "très peu de dossiers sont remontés" à la banque publique Bpifrance.Il a réitéré sa demande au ministre de l'Agriculture d'obtenir de Bruxelles un soutien exceptionnel pour les céréaliers français.
"Certains ne passeront le cap que si nous avons une aide de l'UE. Sans enveloppe de Bruxelles, la situation sera très difficile pour la prochaine moisson et au-delà", a-t-il appuyé.
Parallèlement, il a exprimé le souhait que soient mis en place, notamment dans la prochaine PAC en cours d'élaboration, des outils de gestion des risques "performants" pour "recréer de la visibilité pour les agriculteurs".
L'AGPB souhaite baser son projet de gestion des risques sur quatre outils: le maintien d'une aide directe simplifiée, une épargne de précaution contra-cyclique individuelle, une assurance climatique plus efficace et la possibilité de souscrire une assurance chiffre d'affaires, pour couvrir les risques liés aux aléas climatiques et à la volatilité des marchés.
Selon l'association, seulement 26% des surfaces de grandes cultures françaises sont assurées actuellement. Elle souhaiterait que ce nombre grimpe à 80%.
Pour les céréaliers, le seuil et les franchises des contrats d'assurance "sont beaucoup trop élevés". Actuellement à 30%, l'AGPB souhaiterait qu'ils soient ramenés à 20% pour inciter plus de céréaliers à s'assurer.
"En 40 ans, je n'ai jamais déclenché (mon assurance), à part cette année", a déclaré Rémi Haquin, vice-président de l'AGPB et céréalier dans le sud de l'Oise, aux portes de l'Ile-de-France.