Orléans : face à un risque d'effondrement, le mur-digue du canal en travaux pour deux mois

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Écrit par Thomas Hermans

La digue, qui sépare le canal d'Orléans de la Loire, sera restauré pendant deux mois à partir du lundi 7 juin. Des travaux rendus nécessaires par la fragilisation du mur centenaire, qui menacerait de s'effondrer.

Il y a le feu au canal... La digue du canal d'Orléans va subir des travaux nécessaires de restauration et de consolidation durant deux mois cet été, à partir du lundi 7 juin. Selon Orléans Métropole, les fondations ont été fragilisées depuis leur construction en 1921, il y a pile un siècle.

Car l'ouvrage, long de 5 km, doit soutenir la charge du canal, situé environ 3 mètres plus haut que le niveau de la Loire, et qui longe le fleuve entre le quai du Fort Alleaume, à la hauteur du pont René-Thinat dans le centre-ville d'Orléans, à l'ouest et Combleux à l'est. De là, le canal d'Orléans se dissocie de la Loire, pour monter vers le nord-est, servant autrefois à acheminer des marchandises entre le chef-lieu du Loiret et Paris.

"Des soubassements risquent de s'effondrer"

D'après la métropole, "historiquement, les fondations d’un tel ouvrage, constituées de pieux de bois, étaient en continu sous l’eau". Mais "l'exploitation des matériaux du lit mineur [les sablières notamment] au XXème siècle a eu pour conséquence un abaissement du niveau de la Loire", et une fragilisation des fondations. En d'autres termes : "Le bois n'est plus dans l'eau, il s'effrite, il rétrécit et s'abîme", résume Françoise Grivotet. 

Pour la vice-présidente de la Métropole en charge du canal et maire de Saint-Jean-le-Blanc, certains "soubassements risquent de s'effondrer". "Pas demain, mais il y a un risque", ajoute-t-elle. Alors "il vaut mieux prévoir en avance, plutôt que la veille de l'effondrement".

La métropole a également pu constater l'abrasion du béton d'assise, l'érosion de la berge de la digue, ainsi que la fracturation d'un escalier. La zone ne dispose plus, par ailleurs, d'accotement possible pour les mariniers à ce niveau.

500 000 euros de travaux

Les travaux prévus doivent se concentrer sur l'extrémité ouest du canal, au niveau de l'écluse marquant le point de passage entre Loire et canal, sous le pont René-Thinat. Une soixantaine de mètres en tout, qui constituent la partie du canal dont la gestion est confiée à la métropole -le reste du canal étant la propriété du département du Loiret depuis 2018.

Les travaux, budgétisés à 500 000 euros, auront pour but de dégager les vieux pieux de bois et de les remplacer par un contrefort en béton tout neuf, ancré grâce à des palplanches (des pieux de métal enfoncés dans le sol). Pour limiter les nuisances sonores, les travaux se dérouleront en semaine, entre 8 et 17h. 

Ces horaires devraient également servir à limiter l'impact des travaux sur la guinguette voisine du Boui-Boui, dont la terrasse s'étendra vers l'est sur la capitainerie, pour compenser l'emprise du chantier. 

Retrouvez le reportage de Mohamed Mezerai et Charly Krief sur les mariniers du canal (février 2021) :