Parcoursup : les attentes et appréhensions des lycéens à l'ouverture des inscriptions

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Écrit par Thomas Hermans

Les élèves de terminale peuvent entrer leurs vœux sur le site d'orientation Parcoursup à partir de ce jeudi 20 janvier. Un parcours balisé mais opaque, qui laisse les élèves dans une certaine incompréhension.

Il n'a même pas quatre ans, mais Parcoursup est déjà ancré dans les esprits, avec son bagage d'incompréhension. Le site d'orientation post-bac propose aux élèves de terminale d'inscrire leurs vœux pour leurs études supérieurs à partir de ce 20 janvier à 11h, avec une clôture des entrées le 29 mars. Deux mois durant lesquels les lycéens de France devront entrer leurs dix choix préférés parmi les milliers de formations disponibles, avant que l'algorithme ne décide de qui aura quoi le 2 juin.

Un fonctionnement que de nombreux élèves trouvent opaques, ne comprenant pas forcément bien ce qui jouera le jour J en leur faveur dans le processus de sélection. "Je suis un peu désorientée, et je ne suis pas la seule, mes camarades et mes amis aussi", témoigne Raïhane, élève de terminale à Maurice-Genevoix à Ingré, dans le Loiret. Elle dit avoir pu assister à "des réunions d'orientation au lycée, pour voir ce qui pourrait nous intéresser et comment s'orienter au mieux", réunions au cours desquelles "nous a été expliqué Parcoursup".

Sauf que, même si "on croit comprendre au début, on se rend compte qu'on en apprend un peu plus au fur et à mesure qu'on avance dans l'année, en parlant avec les camarades et avec les professeurs", ajoute-t-elle. Lui aussi lycéen à Maurice-Genevoix, Diego se souvient avoir lu "une fiche d'orientation après le premier conseil de classe", mais avoue aujourd'hui "ne pas savoir grand chose" à propos de la plateforme. 

Qui saura ?

Conscient de la problématique, le lycée a organisé des visioconférences à l'attention des parents d'élèves sur le sujet. Une nouvelle, adressée à parents et élèves, est prévue ce jeudi soir après le début de l'entrée des vœux sur le site. 

Pour l'année prochaine, Diego vise une prépa MPSI (pour Mathématiques, Physique et Sciences de l'Ingénieur), pour laquelle il avait pris ces trois matières en spécialités en classe de première. En effet, depuis la dernière réforme du bac, plus de filière spécialisée, mais des modules de matières à choisir autour d'un tronc commun à tous. Sauf qu'en terminale, Diego a été obligé de laisser tomber l'une de ces trois matières, comme le veut la réforme.

Compliqué, alors, de savoir ce qui apparaîtra aux yeux de Parcoursup comme le meilleur choix. "Je ne pouvais pas abandonner les mathématiques, parce qu'on en a besoin dans les deux autres matières", explique-t-il. Problème pour sa deuxième spécialité : 

Mes profs de physique me disaient de choisir leur matière, pareil pour mes profs de sciences de l'ingénieur.

Diego, élève de terminale

Le salut est finalement arrivé des divers forums vers lesquels le lycée redirige, et au cours desquels Diego a pu discuter avec des professeurs de grandes écoles. "Ils m'ont conseillé de plutôt prendre physique, sinon je pourrais manquer des pans entiers du programme.

Il est à noter que, théoriquement, les critères de sélection sont disponibles sur les fiches de formations sur le site même de Parcoursup. De quoi se faire, a minima, une petite idée sur la question. De plus, "l'algorithme n'examine pas les dossiers des candidats, ce sont bien des commissions", qui "regardent les résultats des jeunes dans les disciplines considérées comme majeure", insiste la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours Katia Béguin, en conférence de presse ce jeudi matin.  

Trois années de lycée, trois années de Covid

Alors puisque les vieilles recettes continuent de fonctionner, les élèves se fixent des "objectifs", comme l'explique Raïhane : "Ceux qui veulent devenir médecin vont se donner au maximum dans les matières scientifiques". La lycéenne espère, elle, intégrer une prépa littéraire, mais sait bien que de tels cursus sont très sélectifs. "Ce sont des classes de 40, donc forcément il y a peu de places, abonde-t-elle. On nous a expliqué l'année dernière que, pour une prépa littéraire, il faut au moins 14 en français.

À la pression et l'incompréhension, s'ajoutent les contraintes liées à la crise sanitaire. Car les terminales passant leur bac cette année auront connu le covid durant tout leur lycée, étant confiné au beau milieu de leur année de seconde en mars 2020. Diego se souvient "des coefficients des épreuves qui n'arrêtaient pas de changer" par exemple. "On a des professeurs absents à cause du covid, entraînant des reports de bacs blancs", ajoute Raïhane. Pas facile de se projeter à l'année prochaine quand il est déjà compliquer de se projeter de semaine en semaine.

Heureusement pour les deux élèves, les professeurs principaux du lycée Maurice-Genevoix ont promis de bloquer des heures pour discuter orientation et mieux expliquer Parcoursup à leurs classes. Pour le moment, Raïhane a déjà prévu cinq des dix vœux qu'elle aura à inscrire. Diego, lui, en a deux dans le viseur, et promet de "faire des recherches supplémentaires" pour compléter sa sélection. Avant que ne soit clôturée l'inscription des vœux le 29 mars.