SDF déplacés à Orléans : La Licra s'inquiète des "dérives extrémistes" après la "diatribe" de Serge Grouard

La ligue internationale de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) s'exprime, près de trois semaines après un coup de gueule porté par Serge Grouard, le maire d'Orléans. Celui-ci estime que des centaines de personnes sans domicile sont déplacées "en catimini" dans sa ville pour faire "place nette" dans la capitale.

"L'immigration est certes, devenue un sujet brûlant dans notre pays. La tentation de désigner l'étranger comme la cause de tous nos maux est grande, vous y succombez (...)", dans une lettre communiquée à la presse, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), s'adresse directement à Segre Grouard (DV).

La France, pays d'accueil "dans la culture et les lois"

Le maire de la ville d'Orléans a en effet récemment fustigé dans plusieurs médias locaux et nationaux, l'arrivée de plusieurs centaines de personnes sans domiciles dans sa ville.

Un déplacement "en catimini" depuis un an pour faire "place nette" à Paris. Quelques mois avant les jeux Olympiques de Paris, la rumeur enflait sur un lien de corrélation. La préfecture du Loiret avait en effet confirmé la mise en place d'une politique de désengorgement de l'Île-de-France, niant tout lien avec l'évènement sportif.

Pour Serge Grouard, le profil de ces sans-abris ne fait aucun doute : la plupart seraient des migrants en situation irrégulière. Liant ainsi hausse du nombre de SDF et immigration. "La France est un pays dont la tradition d’accueil est ancrée dans la culture et dans les lois", souligne quant à elle la Licra, le 12 avril dans son courrier.

Lundi 25 mars sur le plateau de France 3 Centre-Val de Loire, l'édile avait ainsi assuré, "Orléans n’a pas vocation à accueillir la colline du crack de Paris". 

Des personnes "dans l'errance et la souffrance"

Des paroles indignes aux yeux de l'association de lutte contre le racisme : "Des mineurs, des femmes et des hommes sont dans l’errance et dans la souffrance. De n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur, un enfant est un enfant, une femme est une femme, un homme est un homme, et ils doivent être respectés dans leur dignité et leur intégrité."

La Licra espère ainsi défendre le principe de "fraternité", en "s’opposant aux dangereuses dérives extrémistes qui la menacent et risquent de faire vaciller la République." La Ligue de rappeler le destin migratoire de la famille de Léon Gambetta, fils d’immigré italien. Orléans fait partie des villes qui ont nommé une place en son honneur.