Tensions aux urgences : après le CHR d’Orléans, la situation à la clinique privée Oréliance à Saran devient critique, « on ne tiendra pas un mois de plus »

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Un mois après la fermeture des urgences du Centre hospitalier régional d'Orléans (CHRO), celles de la clinique privée Oréliance, au nord de la ville, sont à leur tour sur le point de craquer suite au report des patients.

Le scénario d'une catastrophe sanitaire est en train de se réaliser à Orléans. Un mois après la fermeture partielle des urgences du CHRO, complétement saturées, suite à l'épuisement du personnel, le pôle santé Oréliance a pu absorber une partie de la patientèle. Mais en l'absence d'une sortie de crise, personne ne sait combien de temps cela va durer.

Saturation par ricochet

Le site, installé à Saran, au nord de l'agglomération, a "quasiment doublé sa capacité d'accueil" pour répondre à la demande, explique son directeur, Stéphane Tulipani. Mais son service des urgences, après un mois, n'en finit plus de saturer. Dans les couloirs, un homme victime d'un accident professionnel a pu être opéré et est déjà sur le départ, mais d'autres patients et des proches désemparés attendent toujours d'être pris en charge.

"On a dépassé les limites, on déborde", déplore le docteur Xavier Della Valle, chef du service des urgences. Il en est à son quatrième jour de garde.

On est obligés de ré-adresser les gens en permanence. Dans le couloir, juste là, j'ai trois fractures du col du fémur. Notre orthopédiste peut en prendre une en charge, mais les deux autres on va devoir les re-transférer vers le CHRO.

Xavier Della Valle, chef du service des urgences du pôle santé Oréliance

"On ne tiendra pas un mois de plus"

D'abord provisoire, le situation s'est vite installée dans le temps, et use le personnel. "Au début, on arrivait à assumer", poursuit le docteur Della Valle. "Mais au bout d'un mois, les équipes sont épuisées, elles fatiguent." Les patients eux aussi, "baladés à droite, à gauche", deviennent "agressifs". "Quand on leur dit qu'on ne les prendra pas en charge, ça crée de grosses tensions", constate le chef de service, qui évoque des "agressions verbales, et parfois physiques" envers le personnel de santé et les secrétaires.

Le seul moyen d'alléger la situation d'Oréliance, c'est de résoudre celle du CHRO, estiment les soignants. Au risque, si rien n'est fait, de "se retrouver dans la même situation, avec un personnel qui se dégage, qui se met en arrêt, qui démissionne", craint Xavier Della Valle. "Si ça arrive, malheureusement à Orléans il n'y aura plus grand-chose."

"On ne tiendra pas un mois de plus, ça c'est évident" abonde le directeur de la clinique, Stéphane Tulipani, qui pourtant "ose espérer que rien n'est inextricable". Depuis le 28 mars, et le droit du retrait enclenché par le personnel après la découverte d'une patiente âgée, morte sur son brancard, les urgences du CHRO fonctionnent au strict minimum.