Violences policières : un "manquement" retenu contre les forces de l'ordre après l'interpellation de Fleury-les-Aubrais

L'IGPN a retenu "un manquement au devoir de discernement" contre un policier après l'interpellation mouvementée ayant eu lieu sur le quai de la gare de Fleury-les-Aubrais le 15 septembre dernier.
L'homme avait été blessé lors de son arrestation à Fleury-les-Aubrais le 15 septembre 2020
L'homme avait été blessé lors de son arrestation à Fleury-les-Aubrais le 15 septembre 2020 © Passager PL
Les images avaient choqué bien au-delà de la banlieue orléanaise. Le 15 septembre, en fin d'après-midi, un Britannique était interpellé par les forces de l'ordre pour avoir voyagé sans masque ni titre de transport depuis la région parisienne. Des images filmées par les passagers et diffusées sur les réseaux sociaux le montraient ensuite, menotté, blessé et menacé d'une arme par un policier appuyant vigoureusement son pied sur la tête de l'homme arrêté.

Ce 1er décembre, la police nationale a déclaré qu'un "manquement au devoir de discernement" avait été retenu par l'IGPN, la "police des polices", contre le policier en question. L'enquête judiciaire avait été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) par le parquet d'Orléans.
   

Deux enquêtes parallèles

L'IGPN s'était également saisie du dossier sur le plan administratif, le 17 septembre. Contrairement à ce qu'ont indiqué d'autres médias, "l'enquête administrative et l'enquête judiciaire ne sont pas clôturées", a précisé à l'AFP la police nationale, mais "l'enquête administrative a d'ores et déjà retenu un manquement au devoir de discernement" contre l'un des policiers, qui avait sorti son arme lors de cette interpellation.

Deux policiers étaient intervenus après le signalement d'un homme "dépourvu de masque" et "présentant les signes extérieurs apparents de l'ivresse" dans un train, avait expliqué la procureure, Emmanuelle Bochenek-Puren, au moment des faits.

L'homme avait refusé de mettre son masque et de descendre du compartiment, puis avait "résisté violemment à son interpellation" selon le parquet. Une version néanmoins démentie par les passagers du train, qui décrivent un policier au comportement agressif et un suspect s'agrippant à son siège et réclamant qu'on le laisse prendre ses bagages. L'individu aurait ensuite brandi "une arme blanche" et de tenté "de porter un coup aux fonctionnaires". Selon les forces de l'ordre, c'est à ce moment qu'il s'est lui-même blessé au bras à l'aide d'une petite lame, apparentée à un couteau suisse.

Sur des vidéos filmées et diffusées sur les réseaux sociaux, on pouvait voir l'homme plaqué au sol sur le quai par deux policiers, dont l'un avait sorti une arme.  Le policier armé avait appuyé vigoureusement avec le pied, pendant plusieurs dizaines de secondes, sur la tête de l'homme, tenu au sol par l'autre fonctionnaire. Selon les vidéos, les deux policiers semblaient ensuite apporter les premiers soins à l'individu, qui a ensuite été hospitalisé et placé en garde à vue.
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