Une nouvelle coopérative pour développer l'agriculture paysanne

12 projets d'installation en agriculture paysanne seront accompagnés par la coopérative en 2019. / © xnaizet
12 projets d'installation en agriculture paysanne seront accompagnés par la coopérative en 2019. / © xnaizet

Inspirée d'une initiative lancée en Loire-Atlantique, une CIAP (Coopérative d'installation en agriculture paysanne) vient de voir le jour en Centre-Val-de-Loire. Elle va permettre à de nouveaux agriculteurs de créer des exploitations respectant la philosophie de l'agriculture paysanne. 

Par Xavier Naizet

"On accompagne chaque année 200 porteurs de projets. Et 80% d'entre eux ne sont pas issus du monde agricole." Pour Cédric Bernard, l'un des créateurs de la CIAP,  il y a donc un besoin que cette nouvelle structure va venir combler. Jusqu'à présent, les projets qu'il accompagnait étaient portés par l'Ardear, un réseau proche de la Confédération paysanne qui a pour vocation d'aider à l'installation de nouveaux paysans et d'accompagner la transmission de fermes. La création de la CIAP va permettre d'aller plus loin dans cet objectif en se dotant de moyens concrets tout en n'oubliant pas les valeurs de l'agriculture paysanne qui défend des exploitations de taille humaine, le respect de l'environnement, les circuits courts et les emplois de proximité.

Il existe déjà des systèmes d'aide à l'installation de nouveaux agriculteurs mais ceux proposés par les chambres d'agriculture ne sont pas spécifiquement orientés sur ce type de production moins polluante que l'agriculture conventionnelle. D'où la nécessité d'une nouvelle structure, outil pratique au service d'un objectif politique.

"J'ai un projet d'élevage de poules pondeuses et de production de céréales bio, explique Lisa Buisson, qui figurera parmi les 12 projets de la région soutenus par la CIAP ces prochains mois. "Mais comme je ne suis pas fille d'agriculteurs, j'ai du mal à trouver des terres. J'ai aussi eu du mal au départ à bien évaluer la bonne dimension du projet. Je pensais avoir besoin d'une petite surface et je me suis aperçue progressivement que j'avais besoin de quelque chose de plus grand. J'ai découvert ça en travaillant dans un espace-test sur lequel j'ai pu m'exercer et qui m'a été confié par des paysans qui vont bientôt céder leur exploitation."


Un soutien pédagogique et financier


L'espace-test sur lequel ces nouveaux agriculteurs vont pouvoir apprendre le métier avant de se lancer réellement, c'est l'une des possibilités offertes par la CIAP. Pendant les premiers mois, ils bénéficient aussi d'une protection juridique et d'un statut ainsi que du soutien financier nécessaire. 

"On permet aux nouveaux agriculteurs d'avoir accès à des prêts mais la CIAP est surtout un incubateur de fermes, poursuit Cédric Bernard. On fournit un numéro de Siret, on propose des stages de paysans créatifs de 12 mois et on propose d'intégrer un réseau de paysans pour mieux trouver sa place dans les territoires."

Soutenue par des mouvements comme Terres de Lien ou la Confédération paysanne, la CIAP a aussi été aidée au départ par le Conseil régional. Mais l'adhésion n'est pas réservée aux acteurs institutionnels. Tous les particuliers qui veulent financer l'agriculture paysanne peuvent la rejoindre.

Sur le même sujet

Il y a dix ans, le corps d'une joggeuse est retrouvé dans la rivière le Loiret

Les + Lus