La région Centre-Val de Loire lance une plateforme pour booster les jobs étudiants

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Les "jobs" étudiants ont aussi pâti de la crise du Covid 19. Avec le confinement, leurs emplois ont parfois été interrompus brutalement. Pour les aider à retrouver un emploi, la région vient d’inaugurer un espace spécialement dédié au Centre-Val de Loire, sur la plateforme JOBAVIZ.
 

Avec la crise sanitaire, beaucoup ont constaté une montée de la précarité chez les étudiants, surtout chez les plus fragiles. Il faut savoir qu’au niveau national, 49 % des étudiants exercent un emploi en parallèle de leurs études.

Une précarité en hausse chez les étudiants

Mais, avec le confinement, beaucoup d’entre eux ont perdu leur travail et donc une partie de leurs ressources. C’est le cas d’Enzo Rossi, étudiant en chimie à l’université de Tours et élu au CFVU (Commission pour la Formation et la Vie Universitaire) : "Je faisais du tutorat le soir dans des lycées privés et, avec le confinement, j’ai d’abord été mis en chômage partiel, jusqu’à la fin de mon CDD, puis mon contrat n’a pas été renouvelé." Heureusement, il lui restait l'argent des bourses pour régler son loyer et les autres frais fixes. Pour le reste, du fait du confinement, il avoue qu’il ne sortait pas beaucoup : "Chacun restait chez soi. J’ai donc eu moins de dépenses et je n’ai payé que le strict nécessaire."

Des offres spécifiques aux étudiants

Face à cette précarité étudiante, la région a mis en place, en partenariat avec le CNOUS (Centre National des Oeuvres Universitaires et Scolaires), une déclinaison régionale de la plateforme JOBAVIZ. Pour François Bonneau, président PS de la région Centre-Val-de-Loire, il y avait une "urgence sociale avec des craintes que certains étudiants soient contraints d’abandonner leurs études."

Cette plateforme, qui a l’avantage d’être gratuite, met en relation directement les employeurs avec les étudiants. Les offres doivent en plus être en adéquation avec leurs contraintes. La plateforme a donc été construite en partenariat avec les étudiants et leurs représentants.

"C’est une première nationale. Elle va permettre à des jeunes de définir qualitativement ce qu’ils recherchent et sur quelle plage horaire ils sont disponibles." François Bonneau

 

Car, pour suivre correctement ses études, en période de cours, l’étudiant ne doit théoriquement pas dépasser 15 heures de travail par semaine.

Les étudiants pourront accéder au site JOBAVIZ directement sur Internet, ou via leur compte "messervicesétudiants.gouv". Un site où chaque étudiant doit faire son inscription en début d’année. Maintenant, il reste surtout à communiquer et à faire connaître ce nouveau service à un maximum d’étudiants.

Pour Théa, étudiante et élue au CFVU, qui a participé activement à son l'élaboration, cette plateforme va peut-être "manquer de notoriété" au début, du fait que tous "les étudiants ne regardent pas les Tweets ou les sites régionaux". Pour autant, elle trouve que ce nouveau service est très intéressant pour les étudiants, surtout que la région "s’est engagée à mettre à jour ses offres". Ce qui n'est pas le cas de beaucoup d’autres sites où "les annonces sont souvent caduques.", précise-t-elle. L’autre avantage est que : "chaque étudiant peut mettre les plages horaires où il est disponible. Cela fonctionne comme du matching avec l’employeur".

Une concurrence accrue sur les "jobs" d'été

Cette plateforme va peut-être pouvoir dépanner beaucoup d’étudiants qui ont eu leur vie bouleversée en deux mois, par cette crise du Covid- 19. L’été, où normalement il y a une recrudescence d’offres, est en plus une période cruciale pour les étudiants qui comptent bien décrocher un emploi saisonnier. Mais cette année, la prudence sera de mise. Beaucoup de secteurs, comme l’hôtellerie, les bars ou les restaurants hésiteront sûrement à embaucher autant que les saisons passées.

Traditionnellement, dès le mois d’avril, les étudiants avaient l’habitude de distribuer leurs CV, directement dans les magasins, les agences intérims ou les entreprises locales. Cet été 2020, il est sûr que la concurrence va être beaucoup plus rude pour décrocher un contrat.