La région Centre-Val de Loire, terrain fertile pour les emplois verts ?

La part des métiers verts, c'est-à-dire contribuant à la préservation de l'environnement, est légèrement supérieure à la moyenne nationale en Centre-Val de Loire. Cependant, au cours des dix dernières années, celle-ci a diminué, tandis qu'elle a augmenté au niveau national. 

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Illustration. © Collection Watier/Maxppp
La région Centre-Val de Loire est-elle un terrain favorable au développement des métiers verts ? D'après des chiffres de l'Insee datant de 2016, ceux-ci concernent de près ou de loin environ 149 000 emplois dans la région. Pourtant, l'économie verte a décru entre 2006 et 2016.

Les métiers verts sont définis par l'institut national de la statistique et des études économiques comme participant activement de la préservation de l'environnement, en mesurant, maîtrisant ou corrigeant les impacts négatifs de l'activité humaine sur la nature.


7000 emplois verts dans la région

Il s'agit par exemple d'un agent d’entretien des espaces naturels, d'un garde forestier ou d'un technicien chargé de la police de l’eau. Dans la région, la part de ces métiers représente 0,7% de l'emploi total, soit environ 7000 emplois. 
 
Une autre appellation entre en ligne de compte concernant le rapport de l'emploi à la protection de l'environnement : les métiers verdissants. Selon l'Insee, il s'agit d'un métier dont la finalité n’est pas environnementale mais qui intègre de nouvelles compétences pour prendre en compte de façon significative et quantifiable la dimension environnementale.


140 000 emplois verdissants

Cela concerne par les exemple les architectes, les poseurs en isolation thermique, les jardiniers... A l'échelle du Centre-Val de Loire, cela représente plus de 140 000 emplois.

Ce chiffre est toutefois à manier avec précaution, l'institut précisant que le verdissement ne touche qu'une partie des professionnels des secteurs concernés, alors que l'ensemble des effectifs de ces professions sont pris en compte. Le nombre d'emplois verdissants est donc surestimé. 
 
Le nombre d'emplois verts dans la région (0,7%) est légèrement supérieur à la moyenne nationale (0,5%). Ils sont davantage tournés vers la production et la distrubution d'énergie (à 51%) que sur le reste du territoire (43%). 

A l'échelle régionale, c'est en Indre-et-Loire que la part des ces métiers est la plus importante (0,9%) et dans l'Eure-et-Loir qu'elle est la plus faible (0,4%). 
  

Une diminution de la part des métiers verts dans l'emploi entre 2006 et 2016

L'état des lieux produit par l'Insee n'est pourtant guère encourageant quant au développement des métiers verts dans la région. Entre 2006 et 2016 en effet, leur part a diminué 0,3% dans l'emploi régional. C'est le secteur de l'assainissement et du traitement des déchets qui a le plus reculé, avec une baisse de 0,7%.

Le secteur de la protection de la nature et de l'environnement a en revanche augmenté de 2,2%, même si cela ne suffit pas à produire un solde positif. Comparativement, à l'échelle nationale, la part des emplois verts a progressé de 0,2%. 
 
Concernant les emplois verdissants, ceux-ci ont régressé de 0,1% sur la période 2006 - 2016. Au niveau national, ils ont progressé de 0,3%. 


Au niveau national, le développement des emplois verdissants se poursuit depuis 2016

A l'échelle nationale, la croissance des emplois verts et verdissants, qui se poursuit entre 2016 et 2017 selon une étude du commissariat général au développement durable, serait due à plusieurs facteurs, relevés par le Figaro.

Le dynamisme de l'agriculture biologique, le développement des investissements dans le domaine des énergies renouvelables (photovoltaïque, hydrolique...), dans le domaine du recyclage et de la modernisation du traitement des eaux usées seraient moteurs de cette croissance de l'emploi vert en France. 


Des forces d'inertie

Ce changement de paradigme s'effectue lentement en Centre-Val de Loire. L'agriculture biologique ne représente par exemple que 3% de la surface agricole utile, alors que le gouvernement s'est fixé pour objectif d'atteindre les 22% partout en en France en 2022. Ces chiffres placent notre région à la 13ème place sur 14 en terme d'avancement. 
 
Même chose du côté de l'énergie. 43% de l'énergie consommée pour se chauffer en Centre-Val de Loire est issue de produits pétroliers. L'objectif du gouvernant étant de parvenir à la fin des chaudières au fioul d'ici 2028, celui-ci semble compromis par l'inertie de la transition.

 
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