Rentrée des classes le 22 juin : en Centre-Val de Loire, parents et enseignants sont en désaccord

L’heure de la rentrée a sonné. Dès lundi 22 juin, tous les élèves du CP à la 3ème reprendront le chemin de l’école. Si pour certaines personnes cela semble être un soulagement, pour d’autres, ce n’est pas moins qu’une garde d’enfants à moitié déguisée.
Des lycéens retournent en classe à Nice, le 8 juin 2020. (ARIE BOTBOL / HANS LUCAS)
Des lycéens retournent en classe à Nice, le 8 juin 2020. (ARIE BOTBOL / HANS LUCAS)

Le retour à "la vie d’avant" commence… " Crèches, écoles et collèges rouvriront pour tous à partir du 22 juin, (...) avec une présence obligatoire" : ordre du président de la République. Dimanche soir, Emmanuel Macron annonçait le retour de tous les enfants auprès de leurs enseignants. Depuis le déconfinement, seul 50% des élèves ont pu retourner à l’école à raison parfois d’une seule journée par semaine (chiffres du ministère de l’éducation). Pire, chez les collégiens, c'est seulement 30% de reprise. Et comme ce retour s’articule aujourd’hui autour du principe de volontariat, ce ne sont pas forcément ceux qui ont le plus besoin de soutien scolaire qui sont revenus. Mais tout cela, « c’était avant ».  Parents et élèves n’ont plus le choix à partir de lundi prochain, pour une durée de deux semaines.

 

Faire le point sur les acquis

"Le but n'est pas de finir le programme, mais de se retrouver, précisait Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale au micro d'Europe 1. Deux semaines, c'est très important. Chaque jour compte dans la vie d'un élève. L'objectif que j'avais depuis plusieurs semaines (...), c'est qu'il n'y ait pas de parenthèse pour les élèves entre mars et septembre." Il s'agit donc de se retrouver et de faire le point sur la situation de chacun. En revanche, les enjeux pour les élèves des collèges seront faibles, puisque leurs conseils de classe ont déjà eu lieu.

 

Une nécessité psychologique

"Cette reprise permettra à nos enfants de faire le point sur ce qui a été appris et ce qu’il reste à travailler pour l’année prochaine mais pas seulement, se réjouit Christophe Pallier, président de la FCPE 45 Loiret. C’est une nécessité psychologique pour eux, ils vont pouvoir parler à une tierce personne, savoir comment ils ont vécus le confinement, la maladie avec tous les décès que cela a pu engendrer"

Un moyen de s’exprimer et de retrouver leur vie d’avant. Mais à quel prix ? Seront-ils obligés de se tenir à 4 mètres de distance les uns des autres comme actuellement ? Seront 15 ou plus ?  Pourront ils déjeuner à la cantine ? Globalement, les mesures sanitaires strictes seront elles les mêmes ? Non, inenvisageable pour le ministre de l’éducation nationale. "Le principal changement sera celui de la distanciation physique, qui contraignait à faire des petits groupes de 15 élèves. Désormais, il y a toujours une distanciation physique mais beaucoup moins contraignante, avec 1 mètre latéral entre les élèves. On passe ainsi de 4m2 autour de chaque élève à un système plus souple. Ceci nous permet d'accueillir tous les élèves"

 

Protocole plus souple

Plus souple, mais toujours présent… et c’est là que ça coince. "Cela fait trois mois qu’on nous fait des annonces floues, qui sont précisées après voir contredites, s’exaspère Marie-Paule Savajol, professeur en lycée professionnel, CGT académie Tours Orléans. C’est encore une fois un effet d’annonce sans concret. Ca veut dire quoi tout ça? Va t on revenir tous les jours, avec tous les élèves et tous les enseignants ? Même si les règles de distanciation sont moins strictes, ce n’est pas tenable ! Ils vont rendre tout le monde fou. Sans parler des chefs d’établissements, dont beaucoup sont en arrêt tellement ils n’en peuvent plus de toutes ces déclinaisons !"

Ça, c’était l’aspect technique. Si l’on parle pédagogie…

"Pédagogiquement ? C’est totalement dépourvu de sens ! La réalité est la même depuis le début : la seule motivation de ce retour est de pouvoir permettre aux parents de faire garder leurs enfants. Nous ne sommes pas des babysitters !! C’est certainement plus financier qu’autre chose, pour permettre aux gens de retourner au travail pour relancer l’économie sans qu’ils aient les enfants à charge".

Les lycées, eux, ne font pas partie de cette nouvelle équation. "Il y a à la fois des raisons sanitaires et pédagogiques pour avoir une vision différente de ce qui se passe (...) dans les écoles et collèges, d'une part, et les lycées d'autre part" concluait Jean-Michel Blanquer

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