Sur les réseaux sociaux, les groupes de partage et de vente entre particuliers tentent de faire respecter le confinement

Petites annonces de vente interdites, suspension des signalements de barrages policiers : les administrateurs des groupes de partage et de vente du Centre-Val de Loire bloquent certaines publications pour faire respecter les modalités du confinement.
 
Se rencontrer pour finaliser une vente conclue sur les réseaux sociaux est à proscrire durant une épidémie.
Se rencontrer pour finaliser une vente conclue sur les réseaux sociaux est à proscrire durant une épidémie. © Jérémie FULLERINGER / L'YONNE REPUBLICAINE / MAXPPP
"Il n’y aura AUCUN SIGNALEMENT des déploiements de forces de l’ordre dans le Loiret concernant le semi-confinement", annonçait mardi 17 mars la très suivie page Facebook "Info-radar Loiret" qui comptabilise près de 108 000 abonnés. Si en temps normal, cette plateforme collaborative est surtout utilisée pour éviter de se retrouver nez-à-nez avec gendarmes et policiers sur la route, en cette période de crise sanitaire, les barrages ne sont plus considérés comme des dispositifs répressifs.

"La décision de ne pas signaler les points de contrôle est une évidence pour toute l’équipe d’Info-radar Loiret et d’Actualité routière 45, tout comme nous suspendons immédiatement les signalements lorsque les forces de l’ordre mettent en place un plan Epervier. C’est une ligne de conduite que nous tenons depuis la création de la page", explique Jérémy Tartreau, administrateur d’Info-radar Loiret et du groupe Actualité Routière 45.
 
Même ligne de conduite dans le groupe de vente "Faceboncoin Centre Val de Loire". Dès mardi, cet espace virtuel dédié aux petites annonces annonçait la couleur dans un post de son administrateur : "Les annonces ne sont plus possibles pour limiter les ventes entre particuliers et donc les risques de propagation du virus". Et bien que la mesure ait été saluée par la majorité des membres, quelques réactions hostiles sont venues entacher ce qui se voulait être une initiative louable : "ça va loin quand même !" commente par exemple un utilisateur.

"Les gens mécontents sont globalement les mêmes que ceux qui font des stocks de 40 paquets de pâtes et de PQ ou ceux qui se collent les uns aux autres devant les magasins. Donc leurs avis ne m’intéressent que peu, voire pas du tout", commente l’administrateur du groupe, Jeremy Condaminet.
 
© Jeremy Condaminet/Faceboncoin Centre Val de Loire
 

J'aspire à pouvoir revivre "naturellement et sereinement" dès que possible alors chaque action à son importance et nous avons tous notre rôle à jouer.

Sur la page "Info-radar Loiret" aussi, ces restrictions temporaires n’ont pas toujours été bien accueillies : "Pas forcément d’accord. Faut les annoncer tout le temps ou jamais" peste un utilisateur. Un autre préfère ironiser : "M’en fiche qu’on signale plus les contrôles radars… je ne peux plus sortir !"

Si certains ne le comprennent pas, nous tentons de leur expliquer, mais nous sommes conscients que nous ne pouvons pas convaincre tout le monde. La santé des gens ainsi que la sortie de cette crise est une priorité nationale, donc nous tiendrons notre position sur ce sujet quoi qu’il en soit. Jérémy Tartreau, administrateur de la page "Info-radar Loiret".


L’initiative a été reprise par de nombreux administrateurs de groupes et de pages et certains, comme Jérémy Tartreau, ont même été encore en plus loin en relayant des informations qui n’ont aucun rapport avec le monde routier comme l’appel au renfort du CHR d’Orléans ou divers élans de solidarité.
 
 
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