Les structures d'accueil de femmes victimes de violence s'attendent à une recrudescence du nombre de cas

Avec les mesures de confinement, les associations de la région Centre-Val de Loire qui accueillent des femmes victimes de violences conjugales se préparent à devoir héberger plus de femmes dans les jours et les semaines à venir. Pour le moment le nombre d'appels n'a pas augmenté. 
L'Astrolabe à Blois dépend de l'ASLD et ne peut accueillir que six femmes victimes de violence
L'Astrolabe à Blois dépend de l'ASLD et ne peut accueillir que six femmes victimes de violence © Marine Rondonnier -France Télévisions
Les hébergements spécifiques pour les femmes victimes de violences sont pleins et il n'y aura pas de sorties le temps du confinement. 
Si Sandrine Fontaine, directrice de l'Association de solidarité et de lutte contre les détresses du Loir-et-Cher (ASLD 41)  avait anticipé le confinement dès vendredi dernier, elle reste inquiète pour les jours et les semaines à venir.

"Pour le moment, l'Astrolabe, la structure d'accueil pour les femmes victimes de violences conjugales est pleine. Les six places sont occupées. Comme il n'y aura pas de sorties et que le planning familial a fermé son accueil d'urgence, on va vite être saturé."

Car Sandrine Fontaine comme tous les responsables d'associations qui accueillent les femmes victimes de violences en est persuadée : "Quand la violence existe au sein du couple, le confinement n'arrange rien. Nous craignons une recrudescence du nombre de victimes dans les jours et les semaines à venir."

En Indre-et Loire, plus de structures sont restées ouvertes : La Nuitée, le Foyer Albert Camus (Entraide ouvrière), le foyer Anne de Beaujeu à Amboise et le CHRU hivernal. " Comme il y a moins de monde dans les hébergements d'urgence on peut faire de la place pour les femmes victimes de violence", explique Nadine Lorin, la Déléguée aux droits des femmes auprès de la Préfecture d'Indre-et-Loire.

Des chambres d'hôtel en plus si les hôtels ne sont pas fermés

Une solution est envisageable si le nombre d'appels de femmes victimes de violence augmente : ce sont les chambres d'hôtels. Si les hôtels ne ferment pas. Sinon ce sera au Préfet de chaque département de les réquisitionner. 

En Indre-et-Loire, Nadine Lorin, la Déléguée aux droits des femmes auprès de la Préfecture l'assurent : " "On répondra présent pour toutes les femmes, à condition qu'elles se signalent. Elles peuvent sortir pour aller au commissariat, à l'Institut médico -légal, à la gendarmerie. Mais il est vrai que quand monsieur est à la maison c'est plus difficile pour elles de se signaler. Quand le conjoint est là, ça conjugue les difficultés. "

Le nombre d'appels à l'aide en baisse depuis vendredi


Depuis vendredi, le nombre d'appels aux référents violence et au 3919 est en baisse.  C'est aussi le cas à l'Espace d'accueil et d'orientation des femmes victimes de violences à Tours. L'une des deux personnes chargées d'accueillir les victimes nous a confié qu'en effet depuis vendredi le nombre d'appels était en baisse et que moins de femmes venaient faire constater leurs blessures et se faire délivrer un certificat.

Il faut dire que les femmes restent toute la journée avec leur conjoint et ne peuvent certainement pas appeler.

De nombreuses associations ont alerté la secrétaire d’État chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa à ce sujet. Elles craignent l'augmentation du nombre de fémincides pendant cette période de confinement. 

A ces inquiétudes, Marlène Schiappa a répondu ce mercredi 18 mars que le numéro d'appel d'urgence, le 3919, restait ouvert pour les urgences. Mais pourront-elles appeler ? 


Le soutien de Marlène Schiappa aux structures d'accueil des femmes victimes de violence

Après les annonces de "confinement" faites par Emmanuel Macron le lundi 16 mars 2020, la secrétaire d’État chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa  a déclaré que  “le confinement à domicile peut hélas générer un terreau propice aux violences conjugales”.

Marlène Schiappa rappelle également qu’en cette période de pandémie et de confinement imposé, l’éviction du conjoint violent doit être la règle.

La secrétaire d'Etat a adressé un courrier aux associations afin de leur faire part de son entier soutien. 
 "Aucune association de défense des droits des femmes ne doit fermer pour des raisons financières pendant la crise que nous traversons". 

Elle y rappelle les mesures prises par le gouvernement pour qu'elles aient un soutien financier afin de traverser cette crise. En 2019, 149 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou conjoint. Cinq depuis le début de l'année 2020. 

Rappel : le numéro d'urgence pour les femmes victimes de violence est le 39 19

Les permanences téléphoniques des Centres d'information des droits des femmes et de la famille de la Région CVDL (CIDFF) :
 La Fédération Régionale des CIDFF a dû fermer ses 60 lieux de permanence mais organise des permanences téléphoniques qui permettront à ses juristes de fournir écoute, informations et orientations à toutes les personnes qui les contacteront.
 
Vous êtes victimes de violences,
Vous rencontrez des difficultés dans la mise en œuvre de vos droits de visite et d’hébergement,
Pour être informé.e.s sur vos droits, contactez les équipes :
 

Pour le Cher :
Tél : 06 43 92 88 35 du lundi au vendredi de 9h à 12h30
Mail cidf.cher@wanadoo.fr et site cher.cidff.info
 
Pour l’Eure et Loir :
Tel : 02 47 27 54 00 du lundi au vendredi de 09h à 12h30
permanence28@orange.fr
 
Pour l’Indre :
Tel : 06 43 92 88 35
Mail : juriste2cidff36@outlook.fr
Du lundi au vendredi de 08h30 à 12h et de 13h30 à 17h
 
Pour l’Indre-et-Loire :
Tel : 02 47 27 54 00 du lundi au vendredi de 09h à 12h30
Mail : cidf37@orange.fr      
 
Pour le Loir-et-Cher :
Tel : 02 54 42 17 39 du lundi au vendredi de 13h30 à 17h
Mail : cidff41@orange.fr
 
Pour le Loiret :
Tél : 06 43 92 88 35 du lundi au vendredi de 9h à 12h30
Mail : contact.cidff45@gmail.com

En cas d’urgence, contactez police secours au 17
Pour signaler des violences sexistes ou sexuelles en ligne, rendez-vous sur la plateforme du gouvernement 

 
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