Zones défavorisées : une nuit sur l'autoroute A10 avec les agriculteurs du Centre-Val de Loire

Démonstration de force des agriculteurs du Centre Val de Loire lundi. Ils ont passé la nuit sur l'A10. / © FM-F3CVDL
Démonstration de force des agriculteurs du Centre Val de Loire lundi. Ils ont passé la nuit sur l'A10. / © FM-F3CVDL

La tension est montée d'un cran lundi en Centre-Val de Loire. Les agriculteurs ont bloqué l'Autoroute A10 en réaction à la modification de la carte de France des zones agricoles défavorisées. Depuis, ils campent sur l'autoroute. 

Par F. Marcel, D. Pouget, FX Mauffrey, C. Chapiotin

Ils sont à bout. Ce qui est en jeu  avec cette nouvelle carte des zones agricoles défavorisées ? Leur existence, répondent les agriculteurs centrais. Alors à situation désespérée, solution désespérée. 

C’est en fin d’après-midi ce lundi que 150 agriculteurs venus de toute l’Indre et Loire avec une quarantaine de tracteurs ont convergé vers les péages de Sorigny et Sainte-Maure sur l’A10. Une nouvelle manifestation qui faisait suite au blocage de vendredi dernier au péage de Monnaie, au nord du département.

Dans le même temps dans le Loiret, au nord d'Orléans, les agriculteurs bloquaient aussi l'A10, bien décidés à y planter une tente pour passer la nuit. 

Il n'y a rien de pire que quelqu'un qui n'a rien à perdre, 

nous confie Cédric Raguin, président des jeunes agricu​lteurs 37. 



Une manifestation intersyndicale

C’est assez rare pour être noté, l’unité syndicale des agriculteurs était bien réelle lundi soir face à la modification des zones défavorisées d’Indre et Loire (170  aujourd’hui, la nouvelle carte en prévoit 59) et la suppression des indemnités compensatoires de handicap naturel. Face à la détresse et la colère des agriculteurs, la Confédération paysanne a aussi rejoint le mouvement initié par l’UDSEA et les Jeunes Agriculteurs 37. 
Des agriculteurs rejoints à 19 heures au péage de Sorigny par  les deux députés LREM Philippe Chalumeau et Daniel Labaronne qui accompagnaient la Préfète d’Indre et Loire Corinne Orzechowski.

Leur soutien et leur écoute n’ont pas empêché  l’occupation du péage de Sorigny jusqu’à 20 h30 où un convoi d’une une trentaine de tracteurs à 30km/h sur l’autoroute et escorté par de nombreux gendarmes, a tenu à raccompagner la préfète chez elle à Tours aux alentours de 23 heures. C’est devant les grilles de la préfecture que les agriculteurs ont terminé leur mobilisation avec barbecues et pique-nique pour se réchauffer.

Les députés eux, doivent rencontrer ce mardi le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert pour plaider le maintien de l’élevage en Touraine, sans avenir sans l’appui de l’ICHN (Indemnité compensatoire de handicap naturel) . Le  ministère  a ouvert la porte avec un classement de communes supplémentaires, insuffisant pour les agriculteurs tourangeaux qui se tiennent prêts pour une nouvelle mobilisation.​​


Les températures négatives n'ont pas découragé les manifestants dans le Loiret

Mardi matin, après une nuit à la fraîche sur l'A10, dans le Loiret, les agriculteurs, déterminés sont toujours là. La circulation se fait toujours sur une seule voie dans les deux sens... Certains agriculteurs sont rentrés pour s'occuper de leurs animaux, mais ils sont revenus avec le ravitaillement. 

Comme pour leurs collègues tourangeaux, une délégation de deux ou trois personnes doit se rendre à Paris ce mercredi en matinée, les autres resteront donc sur place. Méfiants, les agriculteurs refusent de céder, ils se sont organisés de manière à tenir le plus longtemps possible sur l'autoroute A10. 

Si la réunion avec le ministère ne donnait rien quant à la modification de zonage, d'autres manifestations sont à prévoir dans les jours à venir préviennent les agriculteurs.

  • Notre page spéciale dans le 12/13 de ce mardi

A lire aussi

Sur le même sujet

La "Madoff de Touraine" enfin jugée du 23 au 25 mai.

Les + Lus