Coronavirus: à Paris, le préfet restreint les déplacements des cyclistes

Les Champs Elysées quasiment déserts / © Anne-Corinne Moraine/FTV
Les Champs Elysées quasiment déserts / © Anne-Corinne Moraine/FTV

Depuis que les Français sont obligés de rester confinés chez eux, les rues de la capitale sont exceptionnellement désertes. Mais pour la police, les cyclistes sont encore trop nombreux à profiter de la situation…

Par Anne-Corinne Moraine

Imaginez-vous, Paris, un matin du 15 Août...
C'est ce théâtre surréaliste qu’offre la capitale, en plein milieu d’une semaine de mars, entre 14 et 16 heures…
 
Devant La Tour Eiffel .... / © Anne-Corinne Moraine/FTV
Devant La Tour Eiffel .... / © Anne-Corinne Moraine/FTV
Je me suis échappée dans Paris avec ma fille de 13 ans,qui commence à tourner sérieusement en rond dans un appartement de 45 mètres carrés…
Mais les ordres des autorités françaises sont clairs. Les français peuvent sortir de chez eux pour des motifs très restreints : activité professionnelle, achats de première nécessité, santé, assistance aux personnes vulnérable ou garde d’enfants, et déplacement liés à l’activité physique individuelle, et à proximité du domicile...
les champs Elysées quasiment déserts / © Anne-Corinne Moraine/FTV
les champs Elysées quasiment déserts / © Anne-Corinne Moraine/FTV

Des pistes cyclables exceptionnellement désertées

C’est pour pouvoir témoigner des pratiques des parisiens, et seulement pour cette raison, que je décide de m’éloigner de notre quartier…
Depuis l’Arc de triomphe, les Champs Elysées s’ouvrent à nous, à perte de vue, sans voiture, ou presque…
Quelques taxis attendent, en mal de clients. Toutes les vitrines sont fermées.
Les passants sont rares, des familles qui s’efforcent de sortir leurs enfants, des joggeurs qui se défoulent...
 
Un cycliste sur la place de la Concorde / © Anne-Corinne Moraine/FTV
Un cycliste sur la place de la Concorde / © Anne-Corinne Moraine/FTV
Les pistes cyclables, elles, ressemblent à de longs boulevards infinis, de la rue de Rivoli, aux quais de Seine, en passant par la place de la Concorde, l’Assemblée nationale, les Invalides. Ces voies si prisées habituellement sont aujourd'hui de longues bandes de macadam presque vides.
 

 

On doit souvent attendre plusieurs minutes avant de voir passer une femme ou un homme à bicyclette, sorti.es temporairement de leur confinement, le nez au vent... Avec sans doute, le sentiment de jouir d'une liberté inédite...Celle de parcourir notre capitale d’habitude saturée par les embouteillages, le bruit et la pollution.
Un cycliste sur la place de la Concorde / © Anne-Corinne Moraine/FTV
Un cycliste sur la place de la Concorde / © Anne-Corinne Moraine/FTV

Beaucoup trop de cyclistes loin de leur domicile

Sur les quais de Seine, nous nous faisons contrôler par deux policiers qui nous demandent notre « attestation de déplacement dérogatoire ».

"Vous êtes vraiment loin de chez vous", 

s’étonnent-ils en vérifiant notre adresse. Je leur explique que je me suis éloignée pour des motifs professionnels pour réaliser ce reportage. Ils me confient alors énervés que le motif  "activité physique" est un peu trop usité par les parisiens

"Il y a beaucoup de cyclistes sportifs en ce moment dans Paris ! " 

s’exclame l’un d’entre eux,d'un ton à la fois ironique et énervé. "Et ils ne respectent pas la mention « proche du domicile »."

 
Contrôle de des autorisations de déplacement / © Anne-Corinne Moraine/FTV
Contrôle de des autorisations de déplacement / © Anne-Corinne Moraine/FTV

des policiers de plus en plus exaspérés

500 mètres plus loin, nous sommes de nouveau contrôlées par une patrouille de policiers qui arrêtent automobilistes et cyclistes. Le ton monte : 

 "si tout le monde part faire du vélo trop loin de son domicile, on ne s’en sortira pas."

Comme eux, près de 100 000 policiers et gendarmes sont déployés dans toute la  France pour faire appliquer les mesures de confinement liées au Covid-19 destinées à  limiter la propagation de l’épidémie.Toute infraction, tout déplacement non justifié est aujourd’hui sanctionné d’une amende de 135 euros.
 
patrouilles énervées / © Anne-Corinne Moraine/FTV
patrouilles énervées / © Anne-Corinne Moraine/FTV

Des mesures plus sévères 

L’un des policiers qui nous contrôle me lance :

"si les parisiens ne respectent pas les consignes, le préfet prendra surement des mesures plus sévères !"

Face à "ces comportements individuels particulièrement imprudents qui mettent en danger la collectivité toute entière", le préfet de police de Paris a finalement "interdit tout rassemblement et dépalcement sur les voies sur berges de la Seine, les pelouses de l'Esplanade des Invalides, et sur le Champs-de-Mars à partie de ce vendredi 20 mars et pendant tout ce week-end."
 


Seuls les riverains sont autorisés à déroger à cette interdiction, mais dans des condirons très strictes. Aucune dérogation ne sera accordée sur l'esplanade des Invalides.
 

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