Seulement 4% de la consommation alimentaire des Corses est produite sur l’île. Comment réduire cette part de dépendance aux importations ? Comment changer nos habitudes alimentaires avec un retour vers le "régime Méditerranéen" ? Quelles actions sont possibles pour favoriser davantage encore la production locale nourricière ? À travers ces questions, c’est l’évolution de nos modes de vie, d’alimentation et de consommation qui est posée. L'autonomie alimentaire en Corse, on en parle dans "Empreinte Verte" ce mercredi 6 mars à 20h45

Le mouvement des agriculteurs en colère, la succession de crises climatiques impactant les récoltes et une 60e édition houleuse du Salon International de l'Agriculture, plus que jamais, l’autonomie alimentaire est un défi majeur pour notre société. De la terre à nos assiettes,  "Empreinte Verte" apporte un éclairage sur quatre grands enjeux liés à notre alimentation, en compagnie de spécialistes. 

Mieux gérer notre souveraineté alimentaire

La Corse est fortement dépendante du bateau pour son alimentation. Nous ne consommerions que 4% de ce que nous produisons sur l’île… Nous importerions donc 96% de ce que nous mettons dans notre assiette ! Une situation étudiée dans "Manghjà Nustrale, un’alta primura !", un rapport du Conseil Economique, Social, Environnemental et Culturel de la Corse. Le document analyse les raisons de cette situation, montre les enjeux posés en termes de santé, d’environnement et propose des pistes pour réduire cette dépendance alimentaire. 

L’autonomie alimentaire, "ce n’est pas l’autarcie", explique François Casabianca, (ingénieur agronome et ancien directeur de l’Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement de Corse) rapporteur de ce groupe de travail. "Imaginer tout produire en Corse est inenvisageable et même pas souhaitable mais il est important de mieux gérer notre dépendance, en réduisant nos importations et en produisant davantage localement".

Manger mieux pour être en bonne santé

Au cours des 50 dernières années, nous avons tourné le dos à nos modes d’alimentation. La viande et la charcuterie étaient consommées à l’occasion de moments particuliers ou de fêtes. Désormais, nous en consommons plusieurs fois par semaine, voire par jour. Les études menées démontrent qu’il faut davantage varier notre alimentation, réduire la part de viande rouge. C’est ce que rappelle Mathilde Touvier, épidémiologiste nutritionnelle (chercheuse à l'Inserm et Collège de France). Elle étudie depuis plusieurs années le lien qu’il y a entre ce que nous mettons dans notre assiette et notre santé.

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Fabrice Fenouillière interroge Mathilde Touvier, épidémiologiste nutritionnelle sur le lien avéré entre santé et nutrition : 1 décès sur 5 dans le monde serait dû à des problèmes nutritionnels. ©France 3 Corse ViaStella

Réduire l’emprunte carbone

Un rapport, intitulé  "Comment concilier nutrition et climat ?", publié le 20 février 2024 par le réseau "Action Climat" et "la Société Française Nutrition" insiste aussi sur le lien entre nutrition et climat. La réduction de 50 % de notre consommation de viande rouge doit permettre à la France d'atteindre ses objectifs climatiques et donc de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre. Nicole Darmon, chercheuse à l'INRAE, qui a participé à cette étude, nous explique comment on peut atteindre cet objectif tout en satisfaisant l’ensemble des apports nutritionnels recommandés et même en réalisant des économies ! 

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Réduire notre consommation de viande, c'est bon pour la planète, mais est-ce bon pour notre santé ? Oui selon Nicole Darmon, chercheuse à l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement). Ce serait même bon pour notre budget ! ©France 3 Corse ViaStella

La diète méditerranéenne

L’une des préconisations est de renouer avec la diète méditerranéenne inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2013. C’est ce que défend Carine Aigon, cofondatrice de l'association "Le goût de la Méditerranée : partager, c'est notre nature !". Ce régime souvent réduit au régime crétois s’appuie sur une alimentation équilibrée avec davantage de légumes mais aussi de légumineuses (pois chiches, lentilles par exemple) et une consommation de viande plus raisonnée. "Mais il est plus que cela", rappelle Carine Aignon, "la dieta mediterranea, c’est une philosophie de vie !".

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Carine Aigon, co-fondatrice de l'association "Le goût de la Méditerranée : partager, c'est notre nature !", revient sur les bienfaits nutritionnels mais aussi environnementaux de la diète méditerranéenne ©France 3 Corse ViaStella

Portraits d'agriculteurs corses engagés dans le documentaire "À nos terres"

ViaStella vous propose de poursuivre cette soirée consacrée à l'autonomie alimentaire en Corse avec la diffusion à 21h40 du documentaire inédit "À nos terres". La réalisatrice Marie-Melissa Renucci a rencontré quatre agriculteurs insulaires qui ont fait le pari de produire localement une nourriture saine et de qualité, à l'heure des grands changements climatiques. Nous suivrons les petites batailles et les grandes victoires de Jacques Abbatucci, éleveur producteur de viande bovine, Jean-Charles Adami, cultivateur, Sébastien Poly, vigneron et Mattea Scarbonchi, maraîchère.

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"En Corse, on ne produit que 4% de la viande qu'on consomme [...] S'il n'y a plus de bateaux, on meurt de faim !" Jacques Abbatucci, éleveur-producteur de viande bovine. ©France 3 Corse ViaStella / Mouvement

📺💻📲 "Empreinte Verte : autonomie alimentaire", à voir mercredi 6 mars à 20h45, suivi à 21h40 par le documentaire "À nos terres", réalisé par Marie-Melissa Renucci, coproduction France3 Corse ViaStella / Mouvement.
Des programmes disponibles en replay sur France.tv

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