A Bastia et Ajaccio, les policiers manifestent

© BERTRAND GUAY / AFP
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Une nouvelle fois, les policiers se sont rassemblés dans toute la France pour demander davantage de moyens et les risques qu’ils encourent. En Corse, le mouvement était suivi à Bastia et Ajaccio.

Par FTViaStella avec AFP

Sécurité

Les policiers voudraient être mieux protégés. Dans la liste de leurs revendication, le « respect de l’intégrité physique et de la sécurité juridique », une extension de la légitime défense et un armement plus efficace.

Lors d'une manifestation en marge du procès Battini qui avait dégénéré à Bastia, des policiers avaient été blessés par des explosifs fabriqués de façon artisanale. Pour se défendre, ils ont fait usage de gaz lacrymogènes. « En face, ils étaient équipés de masque à gaz. Envoyer du gaz lacrymogène à des personnes équipées de masque à gaz ça ne sert à rien. Mis à part à gêner les manifestants pacifiques qui étaient autour, dénonce un officier de police judiciaire bastiais.

Quotas

Les policiers dénoncent également une politique du chiffre. « On a des quotas, clairement, sur de timbres amandes, de PV ou d’interpellations », affirme ce policier, souscouvert d'anonymat.

Autre objet du courroux: des prescriptions de la loi de réforme pénale du 3 juin 2016 qui, entrées en vigueur le 15 novembre, "alourdissent encore considérablement notre charge de travail", affirment les intéressés, alors que l'effet inverse était recherché.

La loi était destinée à renforcer la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement et avait instauré des mesures garantissant et simplifiant la
procédure pénale.

Lourdeurs

Deux points contenus dans la loi, visant à une harmonisation avec la législation européenne, braquent les enquêteurs. Un gardé à vue peut ainsi désormais communiquer "avec un tiers" (frère, employeur, consulat) pour l'informer de sa situation, engendrant de la "paperasserie en plus", selon un OPJ.

Et l'avocat peut être présent aux opérations de reconstitution d'infraction et de présentation du suspect à une victime ou un témoin pour identification.

La simplification accrue de la garde à vue fait pourtant partie des engagements pris par le gouvernement pour répondre à la récente fronde dans la police, née de l'attaque aux cocktails Molotov contre des agents à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre.

En octobre-novembre, des milliers de policiers ont défilé dans les rues de manière inédite dans toute la France, manifestant leur défiance à l'égard des puissants syndicats de police, de la hiérarchie et de l'exécutif. Pour éteindre la protestation, le gouvernement a promis un plan de 250 millions d'euros en moyens et matériels ainsi que des allégements de procédures et de nouvelles modalités de légitime défense.

Abondamment mis en cause ces dernières semaines par les policiers de base, les syndicats affichent leur soutien à la nouvelle grogne autour des actes
d'enquête judiciaire.

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