Bastia : face à l'augmentation du nombre de SDF, les associations saturent

Depuis le mois de janvier, le nombre de personnes sans domicile fixe augmente à Bastia. Les associations qui les accueillent saturent face à l'afflux et ont de plus en plus de mal à gérer ces populations précaires aux multiples problématiques. Une situation qui déborde dans la rue.

À Lupinu, la banque alimentaire de partage ne désemplit pas. Face à cet afflux, dès janvier, Odile Branca, présidente de l’association Partage, a écrit à Emmanuel Macron.

"Monsieur Macron, en 2017, avait dit que fin 2017, il n’y aurait plus de personnes dans la rue. Malheureusement, on est en 2023, et ce n’est pas que des personnes seules, c’est aussi des familles, ou même des travailleurs précaires qui vivent dans leur voiture ou qui campent chez des amis ou qui vont prendre une douche chez un ami et qui sont dans la rue."

Nouveaux bénéficiaires

Un constat qu’on dresse aussi à Fratellanza. Dans ses locaux du centre-ville, l’association reçoit en moyenne une soixantaine de personnes par jour, du petit-déjeuner à la tombée de la nuit.

Ici, les sans domicile fixe peuvent avoir une adresse. Depuis le début de l’année, sur les 373 à s’y être domiciliés, 2 personnes sur 3 sont des nouveaux bénéficiaires.

Une population de plus en plus jeune et aux profils différents, comme l'explique Philippe Marcelli, directeur de Fratellanza.

"On voit une population qui n’est plus la même depuis les dernières années. On n’est pas dans des cases bien définies on est sur des problématiques où les gens vont avoir des problèmes sociaux, familiaux, d’addictions, de soins, de troubles et c’est difficile certains de les orienter, de les caser dans des structures qui ne sont peut-être pas encore créées..."

Comportements violents

Des valises entassées et des vies cabossées.

Alcoolisme, addictions, précarité, promiscuité : un cocktail qui peut parfois conduire à des comportements violents, proscrits dans les locaux de l’association.

Une interdiction qui ne règle pas le problème.

"Nous n’acceptons pas ce genre de comportements, rappelle Eugène Guidoni, président de Fratellanza, mais après ils sont dans la rue, et dans la rue, nous ne sommes par maitres de la situation et surtout de leurs frasques et des difficultés qu’ils amènent auprès des habitants du quartier ou autre. C’est pour nous effectivement très compliqué."

Désamorcer les tensions

L’association a dû faire plusieurs fois appel à la force publique, mais cherche des solutions pour désamorcer les tensions.

Un comité de vie sociale, formé de bénéficiaires, comme Michel Lafleur, a donc été créé.

"Les nouvelles mises en place, ça commence tout doucement à porter ses fruits. C’est avec le temps qu’on verra… Mais le plus embêtant c'est par rapport au voisinage, parce que quand vous avez des gens à moitié ivres qui crient ou alors qui boivent ce n’est pas toujours évident à gérer… Surtout pour les gens qui habitent aux alentours."

Des actes isolés mais qui dérangent.

Arrêté anti-mendicité ?

Quelques pâtés de maisons plus loin, au bas de la rue César Campinchi, un SDF est présent depuis longtemps et intégré à la vie du quartier.

Mais depuis quelques mois, d’autres se sont installés autour de cette fontaine et sont beaucoup moins discrets. Excédés par les cris, des riverains ont fait un signalement à la police.

Certains réclament que la mairie prenne un arrêté anti-mendicité.

"La prise en charge sociale sera forcément plus efficace que la prise d’un arrêté, affirme Marie Laure Musichini, directrice de la tranquillité publique de Bastia. D’autant qu’on s’adresse à des populations qui sont vulnérables, fragiles, et qui ne sont pas solvables, et donc ces arrêtés n’ont vocation qu’à verbaliser ces gens-là."

Des amendes qu’ils ne pourraient donc pas payer.

Du côté de la police nationale, on attend une réunion prévue la semaine prochaine pour s'exprimer.

En attendant, les associations saturent.

Retrouvez le reportage de Maia Graziani et Daniel Bansard :

durée de la vidéo : 00h03mn26s
Intervenants : Odile Branca, Présidente de "Partage" ; Philippe Marcelli, Directeur de "Fratellanza" ; Eugène Guidon, Président de "Fratellanza"; Michel Lafleu, Co responsable du comité de vie sociale - "Fratellanza" ; Marie Laure Musichini, Directrice de la tranquillité publique de Bastia. ©M. GRAZIANI - D. BANSARD / FTV

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