Corse : des agriculteurs et des techniciens en Israël pour étudier la gestion de l’eau du pays

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Écrit par Audrey Altimare avec Pierrick Nannini

Une délégation d’une soixantaine de personnes, agriculteurs et techniciens de la chambre d’agriculture de la Corse, l’Odarc et l’Office hydraulique sont en Israël afin d’étudier la gestion de l’eau. La première journée était consacrée à la visite de la plus grosse usine de désalinisation d’eau de mer du pays.

Un pays composé à 60 % de désert. Malgré cette problématique, Israël est parvenu au fil des années à faire de l’agriculture une de ses forces grâce notamment à sa gestion de l’eau. Le pays est pionnier en la matière et recycle 95 % de ses eaux usées et se repose sur des systèmes d’irrigation poussés.

Mais Israël compte surtout sur ses cinq usines de dessalement. C’est dans la plus grande du pays, l’usine Sorek, près de Tel-Aviv qu’a débuté le voyage d’études d’une délégation corse composée d’une soixantaine de personnes, dont des agriculteurs ce dimanche 20 novembre.

Active 24h/24 et 7j/7, la structure, qui est située à deux kilomètres de la mer, produit 25.000 mètres cubes d’eau par heure, soit 1.000 fois plus que celle inaugurée à Rogliano l’été dernier. Une installation qui ne convainc pas Joseph Colombani, président de la chambre d’agriculture de Haute-Corse. « C’est surtout ce qu’il ne faut pas faire. En Corse, il est évident que l’on n’a pas besoin de ce genre d’usine, et même à une autre échelle, si ce n’est ponctuellement. Ce qui me freine, c’est le coût et puis l’impact écologique sur le fait de rejeter de la saumure et d’autres produits qui sont utilisés et puis ça ne vaut jamais l’eau naturelle. Nous avec les huit milliards de mètres cubes d’eau qui tombent du ciel, ce serait complètement une aberration que de vouloir reproduire ce genre de schéma », estime-t-il.

Gourmande en électricité

Afin de dessaliniser l’eau de mer, l’usine Sorek utilise la méthode pression osmotique. Cette technique repose sur le principe d'une séparation sel/eau faisant appel à une membrane semi-perméable. Si cette méthode est la moins coûteuse, elle reste néanmoins très gourmande en énergie. Ainsi, pour une heure d’utilisation, l’usine consomme entre 45 et 90 MegaWatt.

Une fois extrait, le sel est rejeté dans la mer et les déchets produits par l’usine sont enterrés. En tout, Sorek produit 150 millions de mètres cubes d’eau potable ou agricole par an. Son coût de construction s’élève à 500 millions d’euros.

Dans les prochains jours, la délégation insulaire se rendra dans des lieux de production d’agrumes ou de viticulture. Elle visitera aussi des kibboutz, villages agricoles collectifs typiques d’Israël. L’objectif est de voir, apprendre, emmagasiner pour tenter de transposer certains usages et pratiques en Corse. 

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