Grève nationale du 9 janvier : environ 600 personnes défilent à Ajaccio contre la réforme des retraites

Environ 400 personnes ont défilé dans les rues d'Ajaccio, jeudi 9 janvier, contre la réforme des retraites. / © A.A / FTVIASTELLA
Environ 400 personnes ont défilé dans les rues d'Ajaccio, jeudi 9 janvier, contre la réforme des retraites. / © A.A / FTVIASTELLA

À Ajaccio, environ 600 personnes ont manifesté contre la réforme des retraites. Il s’agit du quatrième jour de grève nationale depuis le début du mouvement. Fait inédit dans la cité impériale, des avocats du barreau d’Ajaccio ont défilé en robe. 

Par Audrey Altimare

Sur le parvis de la gare d’Ajaccio, les manifestants se rassemblent dans le calme. Au loin, un groupe d’une vingtaine de personnes, en robe noire, descend l’Avenue Jérôme Levie. Sur leur banderole : « Avocats en colère »

 


La petite foule, d’environ 600 personnes, les accueille par des applaudissements soutenus. « C’est inédit qu’ils nous rejoignent … en robe en plus ! », se félicite un des participants. 
 
Grève Ajaccio


Car depuis le 6 janvier, les avocats de tout le pays sont entrés dans une grève dure à l’appel du conseil national des barreaux. La réforme des retraites voulue par le gouvernement met en danger leur système. Un régime autonome qui ne coûte rien à la collectivité. « Nous sommes l’une des professions qui serait le plus impactée par cette réforme. Nous nous autofinançons depuis la création de notre régime, chaque année nous reversons plus de 100 millions d’euros aux régimes déficitaires. Chaque avocat de France verse 1.400 euros par an au profit des régimes déficitaires. Aujourd’hui, le gouvernement souhaite un doublement de nos cotisations retraites, la disparition de notre régime autonome, pour amoindrir la pension qui nous attend après 40 années d’exercice », explique maître Julia Tiberi, bâtonnière du barreau d’Ajaccio. 

 
grève du 9 janvier : interview de la bâtonnière du barreau d'Ajaccio
Intervenant : maître Julia Tiberi, bâtonnière du barreau d'Ajaccio
 

Revendications locales


Dans le cortège, organisé dans le cadre de la grève nationale du 9 janvier, les responsables syndicaux locaux sont toujours présents. « Nous sommes là pour que la mobilisation reprenne contre la réforme des retraites. Elle est inégalitaire et injuste et nous exigeons qu’elle soit retirée », indique Patrice Bossart, secrétaire départemental CGT Corse-du-Sud. « Nous sommes là pour dire non au mensonge de Macron, non au vol sur notre retraite et oui au maintien du régime général », complète Maïdée Nicolaï, secrétaire national du syndicat des travailleurs corses (STC). 
 
Grève du 9 janvier : interview du secrétaire départemental CGT Corse-du-Sud
Intervenant : Patrice Bossart, secrétaire départemental CGT Corse-du-Sud


Tous portent également quatre revendications locales : la réindexassion et l’extension de la prime transport, la revalorisation de l’indemnité compensatrice de trajet, la création d’une prime de vie chère et un arrêté de blocage des prix des carburants en Corse. 

 

« Nos enfants n’auront rien »


Drapeau du STC entre les mains, Elisabeth, fonctionnaire, ne décolère pas. « C’est simple on m’a dit que je partirai à la retraite à 60 ans, puis on m’a dit que ce serait 62 ans et maintenant on me dit que ce sera 64 ans, lance-t-elle. C’est simple, je veux tout : la démission de Macron et l’autonomie de la Corse. »

À ses côtés, Carole, gardien de la paix à la retraite, estime qu’il ne s’agit « que d’une réforme budgétaire. Elle est mauvaise, et elle ne va qu’appauvrir nos enfants. Ils n’auront rien. »

Si les représentants syndicaux se félicitent du nombre de participants, certains regrettent tout de même que certains grévistes refusent de descendre dans la rue, gonfler les rangs. 


 

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