Coronavirus : quelles sont les personnes qui présentent le plus de risques ?

377 cas de contamination sont confirmés en France, ce jeudi 5 mars. / © PHOTOPQR/ECHO REPUBLICAIN/Maxppp
377 cas de contamination sont confirmés en France, ce jeudi 5 mars. / © PHOTOPQR/ECHO REPUBLICAIN/Maxppp

Le nombre de cas de contamination confirmés au Covid-19, souche de coronavirus, augmente chaque jour en France. Si dans 80% des cas, la maladie reste bénigne, pour les personnes âgées ou immunodépressives, elle présente un vrai danger.

Par Axelle Bouschon

« Les gens ils flippent pour rien sérieux. Tous les ans y a une épidémie de grippe vous vous lavez pas les mains en sortant des toilettes, et maintenant que c’est psychose coronavirus je devrais me décaper la peau H24 au gel hydroalcoolique ? Mdrrr comptez pas sur moi » (sic).
 

Coronavirus : des internautes parfois peu concernés par les risques d'épidémie


Ce commentaire, c’est celui laissé par un utilisateur Twitter sur l’une des nombreuses publications liées au coronavirus qui affluent sur les réseaux sociaux depuis maintenant plusieurs semaines. Un point de vue qui a reçu quelques soutiens (13 « j’aime » à la dernière actualisation), et un total à peu près équivalent de critiques. Et qui intervient à la suite des (fréquents) rappels des autorités sanitaires à respecter des mesures d’hygiène strictes, alors que 377 cas de contamination au Covid-19 sont recensés ce jeudi 5 mars en France, dont 3 en Corse.
 

Spots télévisés ou radiophoniques, affiches dans les aéroports, les gares, les abribus, les écoles ou encore dans les mairies : difficile d’avoir manqué, ces derniers jours, les injonctions à se laver les mains régulièrement, tousser dans son coude ou encore à faire l’impasse sur l’échange de bise ou de poignées de main entre collègues.
 

Des rappels qui rencontrent leur lot de critiques. « On en fait trop, estime ainsi un internaute. Au pire, c’est un nez qui coule hein », « à les écouter, on va tous mourir demain. C'est rien de plus qu'une maladie saisonière » assure un autre. 

Selon une étude menée par le Centre chinois de contrôle et prévention des maladies sur plus de 72 000 patients, dans 80% des cas, le mal serait effectivement bénin. Il prendrait alors l’apparence d’un « gros rhume » explique Astrid Vabret, cheffe du service de virologie du CHU de Caen, à FranceInfo.

Reste les autres 20% : en première ligne, les personnes âgées. Toujours selon l’enquête, si de 0 à 39 ans, le taux de mortalité est de 0,2% ; au-delà de 80 ans, il grimpe à 14,8%. Les personnes souffrant d’une autre pathologie antérieure (hypertension, maladie cardiovasculaire, diabète…) ont de leur côté entre deux à trois fois plus de risques que les patients contaminés « sains ».
 

Ça ne prend que 20 secondes, et si on n’a pas de lavabo et de savon à proximité, un peu de gel hydroalcoolique et c’est terminé


Protéger les personnes "vulnérables"


C’est ainsi en priorité pour ces personnes plus « fragiles » que les messages sont répétés. Un « devoir civique pour préserver nos anciens » pour Laura, infirmière ajaccienne. « Ça ne prend que 20 secondes, et si on n’a pas de lavabo et de savon à proximité, un peu de gel hydroalcoolique et c’est terminé. » Et si utilisé à outrance le gel peut provoquer des irritations, des allergies, des maux de tête voire des nausées et vertiges, selon une étude menée par l’Université du Missouri (Etats-Unis) en 2015, « il faudrait vraiment se vider le pot entier sur les mains en une journée. Si vous respectez les doses recommandées, c’est-à-dire une noisette, il n’y aucun problème » assure l’infirmière.

Le préfet de Corse, Franck Robine, a indiqué dans une conférence organisé ce jeudi 5 mars en préfecture de Corse-du-Sud qu'une série de mesures vont être mises en place pour protéger les insulaires les plus "vulnérables". Ainsi, les établissements destinés aux personnes âgées sont invités à limiter le nombre de visiteurs journaliers : un seul visiteur par résident par jour, et un point d'entrée unique. Les individus atteints de pathologies antérieures mais domiciliées chez eux seront mis en contact avec des médecins libéraux qui pourront leur indiquer les mesures préventives à appliquer, et les rassurer si besoin.
 

Trois cas confirmés en Corse


La Corse était encore il y a peu la dernière région de France métropolitaine épargnée par le Covid-19, souche de coronavirus. Un joli titre que l’île de beauté a finalement perdu ce jeudi 5 mars, avec la confirmation de 3 cas au centre hospitalier d’Ajaccio.
 

Trois personnes revenant d’un rassemblement évangélique organisé à Mulhouse, où a été répertorié un « cluster » - des "blocs" de cas -. Rentrées par avion à Ajaccio le 24 février, elles ont elles-mêmes contactées le Samu après l’appel national à se manifester en cas de symptômes, et ont été hospitalisées dans la matinée du mercredi 4 mars.

Dans un communiqué, l’Agence régionale de santé indique que ces patients ont été placés en isolement. Leur état clinique ne présente « pas de signe de gravité ». Des recherches ont été lancées afin d’identifier les personnes qui auraient été en contact rapproché ou prolongé avec ces patients.
 

 

Que faire en cas de symptômes ?

En cas de symptômes suspects, tels qu'une toux, de la fièvre, des difficultés respiratoires ou encore un état grippal, et tout particulièrement après un séjour dans une région confrontée à l'épidémie, les autorités sanitaires indiquent de rester confiné et contacter le 15 plutôt que de se rendre aux urgences par ses propres moyens. Une consigne "primordiale" afin d'éviter "une propagation éventuelle du virus".

Le SAMU, débordé, précise cependant que seules les personnes souffrant de symptômes suspects doivent les contacter. En cas de doutes ou de questions des suites d'un retour de zones touchées par l'épidémie (telles que la Chine, mais aussi la Lombardie ou la Vénétie, par exemple), les insulaires peuvent joindre le numéro vert mis en place par l'Agence régionale de santé (ARS) : 0 800 130 000.
 

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