Porto-Vecchio : la plainte contre un directeur d'école suscite la polémique

Mardi 16 mars, un recadrage d'élèves à l'école Joseph Pietri de Porto-Vecchio a suscité la colère de certains parents. Le directeur de l'école, pointé du doigt, a fait l'objet d'une plainte. Mais les élus et une partie de la population le soutiennent. 

Que s'est-il passé exactement dans le bureau de Simon Orsatti, le directeur de l'école Joseph Pietri, mardi 16 mars?

Plusieurs élèves de primaire y sont convoqués, à la suite, selon le STC Educazione, "de comportements proches du harcèlement, accompagnés de propos salaces". Le directeur les "recadre, il rappelle les règles élémentaires de vie et de comportement à respecter au sein d'un établissement scolaire".

Un recadrage qui visiblement n'aurait pas été apprécié par les parents de l'un des enfants présents dans le bureau. 

L'école élémentaire Joseph Pietri, à Porto-Vecchio

Une gifle ?

Toujours selon le STC, ces derniers font irruption dans l'enceinte de l'école pour demander des comptes à Joseph Pietri. "Une intrusion à marche forcée, sans masque ni aucun respect pour les règles sanitaires", selon Jean-Pierre Luciani, le secrétaire national du SCT Education, qui dénonce également "une attitude menaçante". 

Le père et la mère se seraient plaints d'une gifle qui aurait été donnée à leur enfant. Une version réfutée par le STC, qui fait confiance à Simon Orsatti: "le châtiment corporel est prohibé, évidemment ! Alors vous vous doutez bien que s'il y avait eu la moindre violence physique, nous ne la cautionnerions pas"

S'il y avait eu la moindre violence physique, nous ne la cautionnerions pas.

STC Education

Les deux parents, eux, ne l'ont pas entendu de cette oreille et ont déposé plainte contre Simon Orsatti. Jeudi 18 mars, le directeur a donc été convoqué à la gendarmerie de Porto-Vecchio. Et Jean-Pierre Luciani, du STC, trouve dans cette audition un autre motif de mobilisation. "Les gendarmes ont évoqué des prises d'empreintes, des tests ADN... C'est une situation aussi ubuesque qu'inacceptable. Les enseignants ne sont pas des terroristes !"

La gendarmerie de Porto-Vecchio nous a confirmé le dépôt d'une plainte, et l'ouverture d'une enquête. Elle assure qu'aucune prise d'empreintes ou test ADN n'a été effectué. 

Reste que l'affaire a suscité un certain émoi dans la communauté éducative. 

A l'appel du STC Education, ce lundi 22 mars, à 8h30, les professeurs des sept écoles primaires et maternelles de Porto-Vecchio ont débrayé. En signe de soutien, ils ne sont pas rentrés dans les classes, et sont restés dans la cour avec les enfants.

Demain, à 14 heures, la directrice acédémique recevra une délégation du STC. "Nous avons déjà été assuré de son soutien, affirme le syndicat. L'objet de la réunion sera avant tout de savoir quelles suites seront données à toute cette histoire".

J'appelle chacun d'entre nous à l'apaisement.

Virgine Frantz, directrice académique de Corse-du-Sud

Virginie Frantz, Inspectrice d’académie-Directrice Académique des Services de Éducation Nationale de Corse du Sud, se veut plus prudente :

« Je n’ai pas vocation à m’exprimer publiquement à ce stade de la procédure. Toutefois, suite à la mobilisation de ce jour dans les écoles de la commune de Porto Vecchio, j’appelle chacun d’entre nous à l’apaisement et à la mesure, et ce dans l’intérêt de nos élèves. La communauté éducative doit pouvoir exercer sereinement l’ensemble de ses missions.(...) L’écoute, la bienveillance et le dialogue ne doivent jamais cesser entre les partenaires de l’école »

Un soutien au-delà du monde enseignant

Simon Orsatti est à quelques mois de la retraite, après 41 années de service. Le directeur est une figure de Porto-Vecchio. Il y a été instituteur durant plusieurs décennies, et a vu passer une grande partie de la jeunesse de la région dans sa classe.

Alors, sans surprise, la polémique a suscité de nombreuses réactions au-delà du monde enseignant. Sur les réseaux sociaux, des centaines de messages d'anciens élèves affluent :

Pour le maire de la commune, Jean-Christophe Angelini, "il serait indigne que l’opprobre soit jeté sur Simon Orsatti, dont la morale est exemplaire pour les enseignants, les parents d’élèves, la communauté éducative de notre ville et tous ceux qui l’ont cotoyé".

𝗦𝗨𝗦𝗧𝗘𝗚𝗡𝗨 𝗔̀ 𝗦𝗜𝗠𝗢𝗡 𝗢𝗥𝗦𝗔𝗧𝗧𝗜 Transmettre des valeurs, initier au partage, vivre dans le respect : telles sont les qualités...

Publiée par Jean-Christophe Angelini sur Dimanche 21 mars 2021

La majorité muncipale apporte son soutien au directeur de l'école Joseph Pietri, "bien à tort mis en accusation".

Les élus de la mairie de Quenza, où Simon Orsatti est adjoint, lui ont également apporté "leur soutien et leur amitié inconditionnelle". 

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