Coronavirus en Corse : le direct du jeudi 19 mars

Des fidèles viennent quand même se recueillir devant les portes closes de l'église de Saint-Joseph à Bastia / © Christian Giugliano
Des fidèles viennent quand même se recueillir devant les portes closes de l'église de Saint-Joseph à Bastia / © Christian Giugliano

Dans une conférence de presse, le directeur général de la Santé a annoncé que la France compte 10.995 cas confirmés de Coronavirus et 372 décès liés à la maladie. En Corse, on dénombre 164 cas positifs.

Par Sébastien Bonifay & Axelle Bouschon & Audrey Altimare

► Pour retrouver le direct de la veille :
 
  • JEUDI 19 MARS :

CORSE - 20 h : Quartier Saint-Jean à Ajaccio, les habitants confinés se rassemblent sur les balcons ou aux fenêtres pour acclamer les personnels soignants qui luttent contre le Coronavirus. 
 



FRANCE - 19 h 50 : Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, annonce 10 995 cas confirmés de Coronavirus sur l'ensemble du pays et 372 décès. 
 


FRANCE - 18h45 : Le Premier ministre, Edouard Philippe, annonce le report des réunions de conseils municipaux élus au premier tour.

ITALIE - 18h30 : Le bilan atteint 3.405 morts en Italie (427 de plus en 24h), et dépasse désormais celui de la Chine. En tout, depuis le début de l'épidémie, plus de 35.000 italiens ont été contaminés.

MONDE - 18h : Le virus touche désormais 159 pays sur 192, et a infecté plus de 230.000 personnes, dont 80.000 en Europe. 

FRANCE - 17h
: Selon le principal syndicat des internes en médecine, les autorités doivent "cesser les demi-mesures et les discours équivoques". Ils réclament "un confinement total et absolu de l'ensemble de la population" pour faire face à la crise. 

"C'est un confinement total et absolu de l'ensemble de la population dont nous avons besoin, à l'instar des mesures déployées en Chine", déclare le syndicat, qui demande un "arrêt strict de toutes les entreprises non vitales" mais aussi "des transports en commun".
 

Moins le confinement sera strictement appliqué, plus les réanimations seront saturées, plus nous devrons faire des choix - Intersyndicale nationale des Internes
 

 



CORSE - 16h25 : Dans un communiqué l'agence régionale de santé annonce 164 cas confirmés de Coronavirus :

  • 26 patients confirmés Covid en Haute-Corse ( = + 2 cas confirmés ce jour) .
  • 138 patients confirmés en Corse du Sud ( = + 10 cas confirmés ce jour).


CORSE - 15h44 : Jean-Guy Talamoni, le président de l'Assemblée de Corse, adresse un courrier au directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé, pour l'alerter sur ce qu'il appelle "les carences de Paris", et la nécessité d'une généralisation des tests. 



BASTIA - 15h15 : Les rues sont désertes, la population suit les consignes sanitaires de confinement et les contrôles s'intensifient.
 



CORSE - 15 h 00 : Le préfet de région prend un arrêté interdisant l'accès aux plages de Corse-du-Sud dans le but de prévenir la propagation du Coronavirus sur le territoire. 

 
 

► Le préfet de Corse Franck Robine a répondu à vos questions à notre micro, ce jeudi :

 
  • Y'aura-t-il des nouvelles mesures prises à l'encontre des personnes qui ne respectent pas le confinement généralisé ? 

Franck Robine : "Je voudrais d'abord dire que dans leur grand ensemble, les Corses suivent bien les mesures, et je les en remercie parce que c'est vraiment essentiel pour la santé publique. Je rappelle que les déplacements qui sont permis c'est les déplacements dérogatoires. C'est un confinement pour se protéger soi-même et protéger les autres. Ce doit être des déplacements brefs et à proximité du domicile. Et effectivement, on voit bien que pour certains, ces déplacements prennent la forme d'une longue promenade, avec parfois beaucoup de personnes. Nous allons prendre de nouvelles mesures : partout où on verra une sorte de regroupement de personnes, nous pourrons être amenés à interdire. Et l'ensemble des préfets du littoral méditérannéen prendront dès aujourd'hui des arrêtés d'interdiction d'accès aux plages."
 
  • Où peut-on aller faire du sport ?

F.R : "On doit être à pied, à proximité de son domicile, pour aller prendre l'air. Il est hors de question de prendre la voiture pour aller à 20km marcher. C'est très contraignant, je le sais, mais c'est la façon la plus efficace pour pouvoir endiguer la progression du virus."
 
  • Peut-on être à deux dans un véhicule ?

F.R : "Dans le cas de famille, on peut accompagner une personne. Mais il faut être toujours muni de l'attestation d'employeur" pour la personne qui va travailler "et pour la personne qui accompagne, une attestation dérogatoire, jour par jour"
 
  • En cas de déménagement, est-ce-que je peux continuer à déménager ? 

F.R : "Dans la mesure du possible, il faut regarder si on peut repousser la date du démagement. Les déménageurs ne sont pas dans les activités pour lesquels on a prévu la dérogation. La question étant revenue à plusieurs reprises, nous allons élaborer une réponse générale sur cette question."
 
  • Qu'en est-il des courses de réapprovisionnement ?

F.R : "Il n'y a pas de raisons de se précipiter dans les magasins pour faire des stocks. Les ruées provoquent des rassemblements et donc des dangers de propagation du virus. Le ravitaillement sera assuré de manière régulière."
 
  • Plusieurs corporations des métiers restent en activité, on pense par exemple au BTP : pensez-vous qu'il faudra à un moment arrêter l'activité de ces entreprises ?

F.R : "On a vraiment recherché un équilibre délicat entre la santé publique, qui l'emporte, et le minimum de continuité de la vie de la Nation. La question des chantiers revient fréquemment, ma réponse est assez simple. Soit on est capable, sur les chantiers de mettre en place les mesures barrières, soit, au cas par cas, il faudra peut etre envisager l'arret du chantier. Le principe c'est que la continuité du travail puisse se faire. Je suis persuadé qu'avec un bon dialogue employé salarié on peut trouver le moyen de respecter les mesures barrières."
 
  • Pour la Poste, est ce qu'il y aura une uniformisation des règles concernant la distribution et la reception des courriers et colis ?

F.R : "J'ai eu à plusieurs reprises le directeur régional de la Poste qui a mis en oeuvre le plan d'activité réduit, le plan noir pour la Poste. Aujourd'hui il n'y a plus que 14 bureaux de poste qui sont en activité. Il y a encore un certains nombre de mesures à ajuster et le directeur régional s'y emploie."
 
  • Si je n'ai pas d'imprimante, est-ce que je peux écrire mon attestation ?

F.R : "Oui, en la faisant le plus près possible du modèle. En revanche, il en faut une pour chaque jour et chaque attestation de sortie."
 
  • Puis-je monter au village pour le confinement ?

F.R : "Je pense que c'est dangereux pour les personnes âgées. J'appelle les Corses qui sont montés à respecter les mesures barrières. Il faut respecter le confinement pour éviter la propagation du virus."
 
  • Les masques manquent, y-en-aura-t-il bientôt ?

F.R : "Les masques FFP2 sont réservés aux professionnels. Un certain nombre vont être reçus bientôt et distribués aux médecins libéraux. Les masques dits chirurgicaux ne protègent pas et sont surtout destinés aux malades pour éviter les projections. Sur prescription les personnes malades sont invitées à les porter, mais en tant que tel ils n'offrent pas une protection complète. (...) Nous ne sommes pas en pénurie. Nous avons une tension importante en hôpital et c'est normal. (...) Nous sommes en Corse prioritaires et avons reçu une dizaine de milliers de masques hier qui vont être distribués."
 
  • Un renforcement des contrôles est-il envisageable ?

F.R : "Hier, on a fait un déploiement massif visible. Aujourd'hui, on a fait un déploiement plus en profondeur sur le terrain justement pour passer les consignes dans les villages et on alternera les contrôles visibles et ceux moins visibles mais qui ont aussi leur utilité. Les 1000 gendarmes de Corse sont entièrement dédiés à cette mission aujourd'hui. S'agissant des policiers, ils ont été renforcés par des effectifs de la BAC et des CRS pour bien occuper le terrain. Je veux dire aux Corses qu'on ne cherche pas à les piéger. On veut passer un message et ce message c'est restez chez vous."
 
  • Est-ce-qu'on est assez équipé en matériel médical ?

F.R : "On attend une augmentation du coronavirus qui peut aller très vite si le phénomène se répand et le confinement n'est pas bien respecté. On attend la vague à partir de la fin de semaine et toute la semaine prochaine, c'est à dire l'augmentation du nombre de cas. On est au stade 3 de circulation du virus, on a donc fait basculer la stratégie sanitaire qui repose désormais tout autant sur les hopitaux que sur les médecins libéraux. 80% des personnes infectées vont être malades sans avoir besoin d'assistance sanitaire. Si on a des symptomes on ne se précipite pas, on appelle son medecin traitant, et si les symptomes sont graves on fait une prise en charge par le SAMU."

"Nous avons pris toute une série de mesures la semaine derniere pour lisser le pic. Les hopitaux se sont réorganisés pour augmenter le nombre de lits disponibles en réanimation. Actuellement nous avons 10 à 12 patients en réanimation à Ajaccio, l'objectif c'est d'y avoir 40 ou plus, 20 à Bastia. Nous ne savons pas si cela suffira, c'est la raison pour laquelle il faut respecter le confinement. La solidarité nationale jouera evidemment le cas échéant. Je suis préoccupé mais je voudrais vraiment remercier les efforts du personnel soignant ces dernières semaines pour permettre la montée en charge de nos capacités respiratoires."
 
  • Le confinement généralisé : fallait-il prendre la mesure plus tôt ?

F.R : "On a pris des mesures dès le 8 mars en Corse. Il n'y a pas de mesures de prévention du virus. Les mesures que l'on prend ce sont des mesures de ralentissement de la circulation du virus. La mesure d'éradication du virus ce serait le vaccin, qui pour l'instant n'existe pas."
 
  • La durée du confinement va-t-elle être étendue ?

F.R : "Tout dépend de l'analyse fait au niveau nationale par des spécialistes. On verra ce qui se passe. Certaines indications tendent à montrer qu'elle pourrait être prolongée et dépasser les 14 jours."

 
Franck Robine, préfet de Haute-Corse, devant nos caméras / © ViaStella
Franck Robine, préfet de Haute-Corse, devant nos caméras / © ViaStella


BASTIA - 11h : La messe et les processions de la San Ghjisè, qui devaient se tenir aujourd'hui, ont été reportées au premier mai.  Et pour les bastiaises et les bastiais, qui sont très attachés à cette tradition, c'est un crève-coeur, comme nous l'expliquent Jacques Fieschi, confrère de Saint-Joseph, et Céline Tagliazucchi, une fidèle :
 
san ghjisè

L'Eglise propose de créer une procession invisible, "qui éclairera notre île, signe de la lumière de Pâques qui approche". 
En disposant des bougies sur les fenêtres des balcons de Corse, ce soir et le 25 mars prochain à 19 heures. 

BASTIA - 10h30 : La ville de Bastia a mis en place un réseau de solidarité, qui s'appuie sur des affiches à coller, en vue, dans le hall de son immeuble, pour faciliter l'aide entre les voisins :
 


AJACCIO - 9h : Les magasins E.Leclerc d'Ajaccio, à Baleone, Impérial et Rocade, s'adaptent aux mesures de confinement :
A partir de demain vendredi 20 mars, entre 8h et 9h, les établissements seront accessibles uniquement :
  • aux personnes âgées de plus de 65 ans sur présentation d'une pièce d'identité, avec un accompagnant autorisé
  • aux personnes en situation de handicap sur présentation d'un justificatif, avec un accompagnant autorisé
  • aux femmes enceintes
  • au personnel de santé sur présentation d'un justificatif
  • à l'ensemble du personnel E.Leclerc d'Ajaccio.
A partis de 9h30, les magasins seront ouverts à tous. 

La direction rappelle que les livraisons en produits frais continuent, chaque jour.


CORSE -7h30 : Le dernier bilan communiqué par l'Agence régionale de santé hier à 17 heures durant le traditionnel point-presse fait état de 152 cas de contamination confirmés en Corse, soit 7 de plus que la veille :
24 patients confirmés Covid-19 en Haute-Corse ( = + 0 cas confirmé ce jour) .
128 patients confirmés en Corse du Sud ( = + 7 cas confirmés ce jour).
 

Que faire en cas de symptômes ?

En cas de symptômes suspects, tels qu'une toux, de la fièvre, des difficultés respiratoires ou encore un état grippal, et tout particulièrement après un séjour dans une région confrontée à l'épidémie, les autorités sanitaires indiquent de rester confiné et contacter le 15 plutôt que de se rendre aux urgences par ses propres moyens. Une consigne "primordiale" afin d'éviter "une propagation éventuelle du virus".

Le SAMU, débordé, précise cependant que seules les personnes souffrant de symptômes suspects doivent les contacter. En cas de doutes ou de questions des suites d'un retour de zones touchées par l'épidémie, les insulaires peuvent joindre le numéro vert mis en place par l'Agence régionale de santé (ARS) : 0 800 130 000.

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