Élections européennes 2024 : en Corse, peu de candidats

À deux mois du scrutin, en Corse, les candidats aux élections européennes ne se bousculent pas au portillon. Ceux déjà annoncés sur les listes semblent l'être à des positions difficilement éligibles. Le point avec les différents partis politiques sur l'île.

Avec le départ de François Alfonsi, la Corse aura-t-elle encore un député européen ? Après deux mandats - entre 2009 et 2014, puis depuis 2019 -, l'élu membre du groupe des Verts/Alliance libre européenne a indiqué sa décision de ne pas se représenter cette année. En cause, des discussions infructueuses avec son groupe.

Mais à deux mois du vote - et un mois de la date limite de dépôt des listes -, l'idée d'un autre représentant insulaire pour lui succéder paraît plus qu'incertaine.

Loin de déchaîner la passion des foules - la majorité des passants interrogés, ce 8 avril, n'étaient pas en capacité de donner la date du scrutin, et peu d'affiches de campagne ont déjà été collées dans les rues de Corse -, les élections européennes ne semblent pas non plus au centre des discussions du monde politique insulaire.

Ils ne sont ainsi, à ce stade, que quelques Corses à avoir été confirmés sur les listes électorales.

Deux candidats pour la liste communiste

Le Parti communiste présentera deux Corses : Véronique Paolontoni (en 30e position), et Marc-Antoine Leroy, à la 57e place. Aux dernières élections européennes, en 2019, le Parti communiste, avec 2,49% des suffrages exprimés, n'avait remporté aucun siège au Parlement européen.

Difficile, dans ce cadre, d'imaginer l'un des deux candidats insulaires remporter un poste de député cette année. Mais plus qu'une course à l'élection, pour Marc-Antoine Leroy, cette présence sur la liste est surtout un moyen de "porter la voix et l'inquiétude de certains Corses sur le fait que l'on puisse encore une fois détruire nos services publics, ou ce qu'il en reste. Et donc c'est important, je pense, que Léon Deffontaines [la tête de liste, ndlr] et les candidats de la liste puissent le porter au niveau national lors de cette élection."

Au Parti fédéraliste européen, le délégué régional Christophe Canioni promet la présence de "6 à 8 Corses" sur la liste qui sera prochainement dévoilée, dont un à la troisième place. Mais là encore, au regard du dernier résultat du parti - 0,05% des suffrages exprimés aux Européennes de 2019 - les chances de voir un insulaire élu sont minces.

Des choix pas encore tranchés, des soutiens à définir

Qu'en est-il, alors, des autres partis politiques représentés en Corse ? À ce jour, les communications sur une potentielle présence de candidats ou même d'un soutien pour une liste se font encore très rares.

Au sein de la section corse du Rassemblement national, on confirme avoir déposé des candidatures pour rejoindre la liste menée par Jordan Bardella aux élections européennes... Sans savoir ce qu'il en sera pour l'heure.

"Beaucoup de candidatures ont été déposées au niveau national, indique Nathaly Antona, déléguée territoriale adjointe du RN, ce qui fait que les discussions sont encore en cours pour savoir ceux qui seront choisis pour représenter le mouvement." Patience, donc, en l'attente des annonces. En 2019, la liste du Rassemblement national, déjà pilotée par Jordan Bardella, était arrivée en tête en Corse, avec 27,73% des suffrages exprimés (contre 23,34% à échelle nationale).

Officiellement lancé le mois de mars dernier, le mouvement Mossa Palatina avait lui fait savoir son intention de ne participer "à aucune liste, à aucune démarche électorale", en vue du scrutin européen.

Sans accorder de soutien automatique, son président Nicolas Battini, contacté ce lundi, a néanmoins réitéré son intention de ne pas faire "l'économie, malgré cela, d'afficher un certain nombre de bienveillances vis-à-vis de démarches politiques aux Européennes qui pourront correspondre au fond de nos revendications". 

En citant notamment Marion Maréchal, tête de liste Reconquête!, "qui se positionne de façon très ouverte vis-à-vis de l'autonomie, qui estime qu'il existe un peuple corse, que ce peuple corse a le droit de défendre ses attributs et ses caractéristiques identitaires, et qui s'est positionnée en faveur [...] de ce qu'elle appelle la priorité régionale et que nous appelons la Corsisation des emplois. Je pense que ce sont des bases de propositions qui sont largement suffisantes pour s'attirer la bienveillance de Mossa Palatina."

Les scores obtenus aux élections européennes de 2019 en Corse :

Autour de la majorité présidentielle, on espère que des insulaires pourront représenter la Corse au Parlement européen au sein de la liste "Besoin d'Europe", menée par Valérie Hayer.

Jean-Charles Orsucci, proche d'Emmanuel Macron en Corse, l'indiquait dernièrement dans le journal la Tribune : "Je souscris à cette idée d'une représentation active au Parlement européen. Elle me paraît plus encore nécessaire aujourd'hui qu'hier, comme il me paraît tout aussi indispensable que la future Corse autonome soit représentée à une place éligible, à l'instar des douze régions métropolitaines françaises de droit commun."

Selon nos informations, cette hypothèse serait néanmoins presque écartée.

Au sein de la droite insulaire, Les Républicains souhaitent pouvoir glisser un nom sur la liste de François-Xavier Bellamy. Mais difficile de dire, pour l'heure, si un candidat sera bien présenté, et surtout s'il pourra l'être à une place éligible.

En 2019, la liste d'union de la droite et du centre avait obtenu 8 sièges.

Enfin, chez les nationalistes, aucune communication officielle n'a encore été issue. Mais selon toute vraisemblance, aucun postulant ne devrait s'inscrire dans la droite lignée de François Alfonsi.

Quelle participation ?

Reste désormais à savoir quelles listes chaque parti insulaire choisira - ou non - de soutenir lors des élections de juin prochain.

Se posera aussi la question de la participation au scrutin : en 2019, seuls 38% des inscrits en Corse s'étaient déplacés pour voter, pour 36,8% de suffrages exprimés.