Environnement : collectes de biomédias sur 11 plages d'aires marines protégées de Corse

Les biomédias sont des pastilles de plastique utilisées dans les stations d'épuration. Depuis quelques années, elles se retrouvent par dizaines de milliers sur les plages de Corse. Une opération de collecte, notamment pour constituer un dossier juridique, est organisée ce samedi 20 novembre.

Ce sont de petites pastilles de plastique blanches. Sur la plage de la Marana, elles jonchent le littoral sur plusieurs kilomètres. Une pollution qui est observée sur de nombreuses plages insulaires.

Pour tenter d'en venir à bout, l'office de l'environnement de la Corse organise, ce samedi 20 novembre, une opération citoyenne de collecte de ces biomédias dans 11 aires marines protégées.

Une opération qui a notamment pour but de constituer un dossier juridique contre les responsables de cette pollution. "Ce phénomène est récurrent. Cela fait quelques années maintenant que l'on parle de ces biomédias et il était grand temps que l'office de l'environnement s'empare de la chose et mène une opération coordonnée pour trouver les responsabilités de ces actes. Et au-delà des responsabilités, il faut que ça s'arrête immédiatement", estime Guy Armanet, président de l'office de l'environnement de la Corse (OEC).

Au total quelque 100.000 biomédias, soit plus de 50 kilos, ont été collectés sur les plages des aires marines protégées de l'île, par des agents commissionnés de l'OEC, de la Collectivité de Corse
et du Parc naturel marin du Cap Corse et de l'Agriate, épaulés par plusieurs associations.

Défaut de conception

Si des ramassages de biomédias sont régulièrement organisés sur les plages insulaires, en février dernier, l'un d'entre eux a notamment permis de débarrasser la plage de la Marana de plus de 40.000 pastilles de plastique. L'événement, organisé par les associations Maru Vivu et Surfrider, avait alors un but scientifique de quantification de la pollution.

À cette date, plusieurs stations d'épuration de la zone avaient été contactées. Si la plupart avaient démenti l'utilisation de ces biomédias, celle de l'Arinella confiait avoir rencontré des soucis avec ces outils. Ainsi, au lieu de rester dans le bassin des eaux usées, les pastilles de plastique circulaient dans l'usine jusqu'au point de rejet en mer situé à 1.2 kilomètre du littoral.

In Tantu Ambiente consacré aux biomédias (février 2021) : 

Une investigation avait été lancée par la direction d'Acqua Publica, qui gère la station d'épuration. Elle avait conclu à un défaut de conception de l'usine. En novembre 2020, le problème était résolu, avec la pose de grilles pour éviter le rejet des biomédias en mer. D'autres travaux, d'ordre structurel, devaient être lancés en mars 2021.

Risque sanitaire

En plus du risque environnemental, ces biomédias représentent également un risque sanitaire. Dans le cadre d'un reportage, une équipe de France 3 Corse ViaStella a fait analyser un de ces objets par un laboratoire privé.

Résultat : les rondelles de plastique transportent avec elles des germes dont l'Escherichia coli et l'entérocoque qui peuvent entraîner des gastro-entérites, de la gale, des infections urinaires ou même des septicémies.  

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