Furiani : grève de la CGT au magasin Leroy Merlin

À l'appel de la CGT, une dizaine d'employés du Leroy Merlin de Furiani est en grève ce lundi. Le syndicat réclame une augmentation des revenus de 5% pour tous les salariés du magasin.

Face à l'inflation de 6%, une hausse des salaires de 5%. C'est ce que demande la dizaine de salariés CGT du Leroy Merlin de Furiani en grève ce lundi 12 septembre.

"La valeur du travail et de l'ancienneté ne sont plus reconnues dans l'entreprise, affirme le syndicat. La politique salariale n'est plus en adéquation avec les exigences patronales. Malgré les revendications répétées de la CGT depuis début août, la direction reste sourde aux demandes des salariés en renvoyant systématiquement aux Négociations annuelles obligatoires de fin d'année. Elle rejette aussi les demandes d'une prime de pouvoir d'achat plus importante que celle décidée unilatéralement et plus en adéquation avec la cherté de la vie." 

De son côté, la direction dit "comprendre l'angoisse des salariés devant l’érosion de leur pouvoir d’achat du fait de l’inflation" tout en faisant remarquer qu'elle a "procédé en janvier dernier à une augmentation générale des salaires de 4% pour les plus bas et de 3,5 pour les autres". 

"Ensuite, poursuit Marie-France Giovannangeli, directrice régionale de Leroy Merlin, en juillet, devant l’évolution de l’inflation qui avait atteint 6%, nous avons annoncé une prime nette de 250 euros versée le 31 août. Nous avons tenu notre engagement. Nous avons expliqué que c’était en attente de la future négociation annuelle des salaires qui a lieu tous les ans fin novembre. Nous comprenons les angoisses mais nous ne comprenons pas un telle impatience, alors que nous avons déjà parcouru une bonne partie du chemin."

Ci-dessous, le reportage de Solange Graziani et Typhaine Urtizverea : 

Intervenants - Mathieu Sanocki (salarié Leroy Merlin) - Jean-Jacques Chauchard (délégué CGT) - Marie-France Giovannageli (Directrice régionale Leroy Merlin) 

"Travaux pénibles"

Dans son tract, la CGT fait également état de "travaux de remodeling" au sein du magasin, de "bruit intense et répété, de vapeurs d'hydrocarbures, de fatigue, de stress et de difficultés rencontrées avec une clientèle mécontente". 

"Les travaux ont été pénibles pour l’ensemble des collaborateurs, des collègues mais aussi pour les clients, confie Mathieu Sanocki, conseiller de vente au magasin de Furiani. On pense qu'il y a eu un peu de retard concernant les équipements liés au bruit, à la poussière. Ça n’a pas été pris en avance par la direction. Et il faut toujours que nous fassions le premier pas. Je trouve ça dommage que ce ne soit pas de leur propre chef."

"Accord d'intéressement"

Les salariés grévistes, qui se disent payés en moyenne 1300 euros nets par mois (sans le 13ème mois), appuient leurs revendications en se basant sur le chiffre d'affaires réalisé par le Leroy Merlin de Furiani en 2021.

"C'est une entreprise qui tourne bien, qui réalise de très bons chiffres, souligne Jean-Jacques Chauchard, délégué syndical CGT du magasin. L’après-Covid, on arrive pratiquement à 43 millions de chiffre d'affaires. Cette année, il y a une petite récession, on revient sur l'avant-Covid. C'est-à-dire de très bons chiffres avec des salaires qui sont bas ; l’équation ne se fait plus." 

La direction, qui parle "d'année record en 2021 et d'une baisse de 10% en 2022",  indique qu'elle a mis en place un système de prime d’intéressement.

"En dépit d’un chiffre d'affaires en baisse, nous avions tenu à rassurer les organisations syndicales. Nous avons négocié un accord d’intéressement, signé d’ailleurs par toutes les organisations,  y compris la CGT, et destiné à maintenir un niveau de prime d’intéressement honorable, expose Marie-France Giovannangeli. Ainsi, fin juillet, on a  déjà versé 1150 euros de primes d’intéressement. Nous nous apprêtons à verser fin septembre une prime de l’ordre de 450 à 500 euros. Encore une fois, l’entreprise n’a pas les moyens de répondre à toutes les problématiques salariales. En Corse, on sait que la situation est aggravée par le problème du coût du carburant, par celui du coût du logement. Très honnêtement, l’entreprise fait ce qu’elle peut mais elle ne peut pas tout."

Si la direction ne compte pas lâcher du leste avant les prochaines négociations annuelle prévues fin novembre, elle a reçu les salariés grévistes en fin d'après-midi.