Gestion de la ressource en eau: des stocks d'eau pas encore au maximum, mais une situation sous contrôle

D'après le dernier point de l'Office d'équipement hydraulique de Corse (OEHC), les capacités en eau ne sont pas à 100 % en Corse, avant le début de la saison estivale. Selon le président de l'établissement public, Saveriu Luciani la situation n'est pourtant pas inquiétante.

Les barrages de la Corse ont atteint près de 85 % de leur capacité à la mi-avril, selon l'OEHC.
Les barrages de la Corse ont atteint près de 85 % de leur capacité à la mi-avril, selon l'OEHC. © OEHC

Le mercure commence à grimper petit à petit en Corse et la crainte de nouveaux épisodes de sécheresse apparaît comme chaque année. Mais selon l'Office d’équipement hydraulique de Corse (OEHC), il n'y a pas d'inquiétude particulière à ce stade. Et ce, malgré des stocks d'eau pas encore à 100 % avant le début de la saison estivale.

A la suite du dernier conseil d'administration, l'Office a dressé un nouveau point des capacités en eau de l'île : "Sur la partie des barrages et des ouvrages, nous sommes à peu près à 85 % des capacités en eau", informe le président, Saveriu Luciani. Celui-ci précise que ce chiffre - légèrement inférieur à celui de l'année dernière - s'explique par les travaux menés sur le barrage de l’Alisgiani.

Rempli à la moitié de sa capacité, le barrage devrait profiter des précipitations du mois d'avril pour retrouver un niveau adéquat : "On espère donc être autour de 100 % de nos capacités de stock d'eau avant le début de l'été."

Des rivières surveillées

La principale source d'inquiétude est le niveau de quelques cours d'eau. Notamment sur la partie orientale de l'île.

"Sur la période de septembre à mars, nous avons observé des tendances moyennes, voire même sèches à certains endroits. Notamment en ce qui concerne le Fium'Alto, la Bravona et le Bevinco, en Haute-Corse." Ce dernier fleuve a, à titre d'exemple, enregistré un débit moyen de 0,3 mètre cube/seconde entre septembre et mars dernier.

La partie occidentale est, elle, moins marquée par cette sécheresse, avec des tendances humides, voire très humides durant ces six mois d'étude. C'est pendant cette "période de recharge" que les nappes phréatiques sont davantage alimentées.

© OEHC

Une prudence avant l'été

"C'est une avant-saison qui recoupe celle des deux années précédentes", indique Saveriu Luciani. Prudent, le président de l'Office espère tout de même un printemps pluvieux pour retarder le plus possible les problèmes d'irrigations liés à l'agriculture. Sont également surveillées l'évolution du climat et la saison touristique qui pourrait amener à une surconsommation d'eau.

"L'exception d'avant tend à devenir la normalité de nos jours", accorde Saveriu Luciani qui met en avant une "sudification" du climat en Corse. Celle-ci a déjà été à l'origine de grandes sécheresses, notamment en 2017, où des restrictions avaient été imposées sur certaines communes. Ou encore en 2003, année où la canicule avait frappé de plein fouet la Corse alors que les précipitations enregistrées étaient déficitaires de 30 à 50 % par rapport aux normales.

"Nous serons prêts à faire face aux épisodes de sécheresse", rassure Saveriu Luciani avant de rajouter qu'il compte toutefois sur une consommation raisonnée de l'eau : "Des communications, comme des annonces à la télévision, seront bientôt mises en place à destination de la population."

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