Procès d'un vol avec séquestration devant les assises de Haute-Corse : des peines de 2 à 4 ans d'emprisonnement

Publié le Mis à jour le
Écrit par Axelle Bouschon
Illustration. Salle des assises de la Haute-Corse.
Illustration. Salle des assises de la Haute-Corse. © Axelle Bouschon / FTV

La cour d'assises de la Haute-Corse a rendu son verdict dans le procès du cambriolage de septuagénaires à leur domicile de Corbara, en mai 2017 : Anthony Rutily, Andréa Gagliano, Jean-Baptiste Gaffory et Maxime D'Oriano sont condamnés à 4 ans de prison, 2 ans pour Jean-Gabriel Del Piero.

Après 8 heures de délibéré, la cour d'assises de la Haute-Corse a rendu son verdict, ce mercredi 8 décembre, aux environs de 21 heures : Anthony Rutily, Jean-Baptiste Gaffory, Andréa Gagliano et Maxime D'Oriano sont reconnus coupables à la majorité d'au moins six voix du cambriolage à main armée du domicile des Romani, le 26 mai 2017 ; de la séquestration en lien avec la commission du vol de Jean-Pierre Romani ; et de la destruction du véhicule du septuagénaire après avoir fui les lieux.

Jean-Gabriel Del Piero est lui déclaré complice pour chacune des infractions retenues contre les quatre autres jeunes hommes.

La cour d'assises a néanmoins retiré la bande organisée, plaidée par l'avocat général Frédéric Metzger, de toutes les incriminations. 

Des peines inférieures aux réquisitions de l'avocat général

Anthony Rutily, Jean-Baptiste Gaffory, Andréa Gagliano et Maxime D'Oriano sont condamnés à 4 ans d'emprisonnement. Jean-Gabriel Del Piero écope de son côté de 2 ans de prison. Tous sont également condamnés à une peine d'interdiction de détention et de port d'arme soumise à autorisation pour une durée de 5 ans. 

Des peines inférieures à celles requises par le représentant du ministère public, la veille : 8 ans d’emprisonnement pour Anthony Rutily, Jean-Baptiste Gaffory et Andrea Gagliano, 6 ans pour Maxime D’Oriano, et 4 ans pour Jean-Gabriel Del Piero.

Les condamnés disposent de dix jours pour faire appel. En raison, notamment, de l'heure tardive, l'audience des intérêts civils est renvoyée à une date ultérieure. 

Une décision "de bonne justice" pour la Défense

Interrogé au sortir de la salle des assises, Me Jean-Sébastien De Casalta, conseil d'Anthony Rutily, estime qu'il s'agit d'une "décision de bonne justice". "Nous savons que les expertises psychologiques et psychiatriques ont souligné des pronostics d'évolution particulièrement favorables."

Les cinq jeunes hommes, poursuit-il, "étaient tous insérés, ils travaillaient, justifiaient de garanties de représentation. Ce sont des personnalités lisses, sans aspérités. Je crois que la cour d'assises a pris en considération ces personnalités pour atténuer la proposition de peine du ministère public."

Me Caroline Peres-Canaletti, conseil d'Andréa Gagliano, admet, elle, une certaine déception à l'annonce du verdict. Depuis les premiers jours de l'enquête, son client nie fermement toutes les accusations portées à son encontre, affirmant ne pas avoir participé ni même avoir été informé du projet d'home-jacking de ses amis. Aux côtés de sa consoeur Me Céline Pianelli-Coque, elle avait plaidé l'acquittement

"Andréa Gagliano n'a rien à voir avec les faits qui lui sont reprochés, insiste-t-elle. Nous avons maintenant un délai de dix jours pour prendre une décision quant à un éventuel appel. Il faudra prendre également en considération, et c'est aussi ça la justice, les quatorze mois de détention provisoire qui ont déjà été effectués."

La partie civile "prend acte de la décision"

Du côté de la partie civile, Me Claire Mathieu, avocate des époux Romani, indique que ces derniers "ont pris acte de la décision".

"Ils ont toujours indiqué être venus ici pour que justice se fasse, ce qui a été fait. Le procès a été très éprouvant pour eux, et ils souhaitent désormais pouvoir se reposer."

Huit jours d'audience

Durant huit jours, la cour d'assises de Haute-Corse a débattu des cas d'Anthony Rutily, Jean-Baptiste Gaffory, Andréa Gagliano, Maxime D’Oriano et Jean-Gabriel Del Piero, accusés d’avoir participé à l’agression et au cambriolage de Jean-Pierre et Olga Romani, un couple de commerçants qui réside à Corbara.

Les quatre premiers étaient accusés de vol en bande organisée, séquestration sans libération volontaire en bande organisée et destruction du bien d’autrui par moyen dangereux en bande organisée. Jean-Gabriel Del Pietro était lui accusé de complicité pour l’ensemble des chefs.

Les débats ont notamment abordé la personnalité des accusés, leur version respective des faits, et la possibilité d'un commanditaire de l'opération absent à la barre.

Un violent cambriolage

Pour rappel, le vol remonte au 26 mai 2017 : les cambrioleurs s'étaient introduits au sein du domicile de Jean-Pierre et Olga Romani - 71 ans et 69 ans au moment des faits -, et étaient repartis avec environ 18.000 euros, provenant des recettes des quatre commerces du couple.

Un cambriolage qui aurait à priori dérapé : Jean-Pierre Romani, qui avait surpris les voleurs, avait reçu plusieurs coups de pied, et avait été aspergé d'acétone, produit hautement inflammable. Le septuagénaire indique également avoir reçu des gifles et un coup de crosse de fusil, des violences que les auteurs des faits n'ont jamais reconnues.

Olga Romani était parvenue à se cacher des agresseurs dans sa cuisine puis dans une pièce attenante. Les deux époux ont été profondément traumatisés par l'événement, considérant que les cambrioleurs ont "volé leur tranquillité".  

Avec ce verdict, le couple et leur fils Anthony, qui s'est également constitué partie civile dans cette affaire, espèrent désormais se reconstruire et aller de l'avant. 

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