Corse – La polémique enfle autour de l'interprétation ou non de la Marseillaise

L'incertitude sur l'interprétation de la Marseillaise en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre avant le derby entre le Sporting club de Bastia (L1) et le Gazélec d'Ajaccio samedi soir provoque une vive polémique.

ILLUSTRATION - Hommage du monde entier aux victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015
ILLUSTRATION - Hommage du monde entier aux victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015 © JOSH EDELSON / AFP
Dans un communiqué du Sporting vendredi, le club a détaillé le programme de la soirée prévu samedi soir au stade Armand Cesari à Furiani, où le décès d'un éducateur de jeunes du club, sans lien avec les attentats, devait être associé à l'hommage rendu aux 130 victimes de Paris.

Dans ce communiqué ne figurait pas la diffusion de la Marseillaise, malgré les instructions du président de la Ligue professionnelle (LFP) Frédéric Thiriez d'interpréter l'hymne avant tous les matches de championnat.

La diffusion de ce programme a été interprété comme un refus du club de faire retentir la Marseillaise, mais ce choix n'était pas acté vendredi soir, selon des sources au club.

Ces mêmes sources estimaient que le club était obligé de jouer la Marseillaise à Furiani, au risque de se retrouver pointé du doigt comme le seul stade de France où l'hymne ne retentirait pas, alors qu'il sera joué dans les enceintes en Espagne ou en Italie.

Dans le programme diffusé figure en revanche l'hymne national corse, dédié à la Vierge, le "Dio Vi Salve Regina" (Dieu bénissez la Reine), dont le club rappelle qu'il est aussi "un chant sacré par lequel depuis des siècles la Corse rend hommage aux défunts, en accompagnant leurs familles dans le deuil et dans la douleur". Un avis aussi partagé par des supporters sur les réseaux sociaux. 


Une absence contestée

L'ensemble de la classe politique insulaire s'est élevée contre le fait que la Marseillaise ne retentisse pas dans le stade de Furiani.

Le maire nationaliste de Bastia, Gilles Simeoni, a pris clairement position pour la diffusion de La Marseillaise, estimant dans un communiqué qu'"il n'y a pas de place pour la polémique ou l'instrumentalisation dans des moments pareils".

"Partout dans le monde, faire résonner La Marseillaise sera considéré, non comme l'expression d'une appartenance partisane, mais comme une façon de communier dans cet hommage, par delà les différences, les oppositions, voire les conflits", a-t-il ajouté. De nombreux tweets ont été diffusés en soutien. 

Des graffitis dénonçant la prise de position du maire, également chef de file de la liste nationaliste Femu a Corsica (Faisons la Corse) aux élections territoriales ont été tracés sur la façade de la mairie de Bastia dans la nuit de vendredi à samedi.

"Vergogna A Voi!" (Honte à vous), "Tristi Iè, Francesi Mai" (Tristes oui, Français jamais) "Dolu Francesu Dolu Naziunalistu" (Deuil français deuil nationaliste), a-t-il été écrit à la peinture rouge sur la mairie de Bastia.

Le député-maire (LR) d'Ajaccio, Laurent Marcangeli, a aussi pris position en faveur de la diffusion de La Marseillaise, déplorant sur la radio RCFM que " le stade de Furiani soit le seul de France" où pourrait ne pas résonner la Marseillaise.

"La Marseillaise ce soir, c'est l'hommage rendu aux victimes de la barbarie , c'est la réponse à la négation des principes fondamentaux de la république, c'est le refus du fanatisme", a déclaré le président du Conseil départemental de la Haute-Corse, François Orlandi. 

"Nous ne pouvons nous résoudre à ce qu'Armand Cesari soit le seul stade à se démarquer de ces commémorations en refusant de faire jouer l'hymne national avant le derby Sporting - Gazelec. Cette décision serait particulièrement indécente", estime pour sa part Jean Zuccarelli, conseiller exécutif à l'Assemblée de Corse. 


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