Menaces de mort en prison : Charles Santoni relaxé

Menaces de mort en prison : Charles Santoni relaxé
Intervenants : Me Emmanuel Mercinier Pantalacci, défense de Charles Santoni // Me Josette Casabianca Croce, parties civiles - Emilie Arraudeau, Camille Lemeur

Poursuivi pour menaces de mort sur un agent du service pénitentiaire, Charles Santoni, condamné en 1999 à 28 ans de réclusion pour le meurtre d’un policier et incarcéré à Borgo (Haute-Corse), a été relaxé jeudi par le tribunal correctionnel de Bastia. 

Par France 3 Corse ViaStella

Incarcéré à Borgo, Charles Santoni aurait eu une altercation avec une conseillère du service pénitentiaire d’insertion et de probation du ministère de la justice (SPIP) au sujet d’une carte de circulation que le militant nationaliste n’aurait pas été en mesure de présenter. 

"Si vous essayez de m'appliquer une règle, vous finirez à la morgue." Selon l'accusation, Charles Santoni aurait prononcé cette phrase à deux reprises le 4 janvier à l'adresse d'une conseillère du SPIP, dans la bibliothèque du centre pénitentiaire de Borgo.

A la barre, le détenu a nié avoir proféré ces menaces de mort. "En vingt et un ans de prison, je n'ai jamais menacé personne, surtout pas une femme".

Selon Charles Santoni, cette conseillère lui aurait demandé de sortir de la bibliothèque, faute de pouvoir présenter une carte de circulation. A quoi, il aurait répondu : "Sortez-moi !" Et c'est tout, selon Charles Santoni qui affirme que "tout le reste, elle l'a inventé parce qu'elle était vexée".

La victime, qui s'est constituée partie civile, était absente de l'audience. Apeurée, angoissée depuis les faits, elle est en maladie, a souligné son avocate qui rappelle que cette conseillère a 29 ans et que c'est son premier poste.

"Pour quelles raisons cette jeune femme mentirait ?", s'interroge la procureur avant de requérir huit mois d'emprisonnement contre Charles Santoni. Le tribunal correctionnel de Bastia n'a pas suivi les réquisitions et prononcé la relaxe.  

Un détenu tranquille

Charles Santoni a derrière lui un long parcours carcéral, émaillé dun seul incident, le refus d'inscription au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).

Il a été condamné le 26 novembre 1999 à 28 ans de réclusion pour le meurtre d’un policier du Raid, lors d’une fusillade avec des policiers qui avait fait deux morts et deux blessés, le 16 avril 1996 à Ajaccio.

Il avait été, le 17 mars 2011, le premier détenu corse incarcéré sur le continent à être transféré à la prison de Borgo, à la suite des engagements du ministre de la Justice, Michel Mercier, en faveur du rapprochement des prisonniers insulaires de leurs proches. Charles Santoni devrait être libéré en juillet 2019.

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