Interrogé par Tavignanu Vivu, "Core in Fronte" dit s'opposer "fermement" au centre de gestion des déchets de Ghjuncaghju

Alors que le collectif "Tavignanu Vivu" interpelle tous les candidats aux élections territoriales sur le sujet du centre de gestions des déchets de Ghjuncaghju, "Core in Fronte" répond dans un communiqué paru ce dimanche 30 mai. La liste menée par Paul-Félix Benedetti se dit "fermement opposée".

Dans sa décision du 21 avril dernier, le Conseil d'Etat a rejeté le pourvoi formé par le collectif de riverains Tavignagnu Vivu.
Dans sa décision du 21 avril dernier, le Conseil d'Etat a rejeté le pourvoi formé par le collectif de riverains Tavignagnu Vivu. © France Télévisions

Dans cette campagne des élections territoriales 2021, il est devenu commun pour les associations ou collectifs d'interpeller directement les candidats sur des thématiques précises. C'est le cas par exemple du collectif Maffia Nò, qui a adressé une série de questions aux dix listes en lice. 

Récemment, c'est le collectif  Tavignanu Vivu qui a fait appel aux candidats, dans le cadre de son combat contre l'implantation d'un centre d'enfouissement technique des déchets à Giuncaggiu.

"Ce projet constitue un intérêt pour certaines personnes"

n plus de sa bataille judiciaire, le collectif souhaite s'emparer du soutien des politiques locaux puisque la gestion des déchets est une compétence de l'Assemblée de Corse.

 À la suite des demandes faites, la liste "Core in Fronte" est la première à répondre. Elle dit s'opposer fermement à la création du centre d'enfouissement. Selon la liste menée par Jean-Félix Benedetti, "cela aurait notamment pour conséquence première sur des sols instables de générer une pollution forte et un risque sanitaire sur les ressources en eau potable des populations." 

Le candidat en profite également pour adresser quelques piques, sans nommer les destinataires : "D'autre part, il est évident que ce projet de CET constitute un intérêt pour certaines personnes. La question des déchets est devenue un marché économique juteux à capter. Il est nécessaire collectivement de s'y opposer."

Pour Core in Fronte, seule une "gestion publique de la valorisation des déchets sera à même de constituer un rempart aux appétits financiers et spéculatifs". Plus généralement, "Core in Fronte" souhaite la dissolution de Syvadec et le tranfert de ses compétences à l'Office de l'Environnement.

Quatre ans de lutte... et de défaites juridiques

Depuis plus de quatre ans, l'association Tavignanu Vivu se bat contre l'installation de ce projet dont elle dénonce la vision lucrative en plus du problème écologique que poserait l'installation. Pur autant, d'un point de vue judiciaire, tous les voyants sont au vert. Après que la cour administrative d’appel de Marseille a confirmé la validité du projet le 3 juillet 2020. 

le atteste ainsi du « bien-fondé » de la décision du tribunal administratif de Bastia annulant un arrêté préfectoral, de 2016, interdisant l'exploitation du site de stockage des déchets de Ghjuncaghju. Puis, le 21 avril dernier, le conseil d'Etat rejettait le pourvoi du collectif Tavignanu Vivu.

Selon la demande d'autorisation d'exploiter, déposée par la société Oriente Environnement, deux installations sont prévues : un site de stockage de déchets non-dangereux et une installation de stockage de mono-déchets de terres amiantifères le long des berges du Tavignanu. Elles doivent respectivement accueillir 70.000 tonnes de déchets sur une période de 30 ans et de 102.000 tonnes sur une période de 12 ans.

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