Journées internationales de Corte : Gilles Simeoni refuse de siéger à côté de Charles Pieri 

© Jacques Paul-Stefani
© Jacques Paul-Stefani

Dimanche, le président du conseil exécutif, Gilles Simeoni, et deux autres membres de Femu a Corsica ont refusé de participer au débat organisé par Corsica Libera dans le cadre des journées internationales de Corte. Raison invoquée : la présence non annoncée de Charles Pieri. 

Par A.A/France 3 Corse ViaStella

Certains changements de dernière minute ne passent pas. Dimanche, s’est tenu le débat organisé par Corsica Libera aux journées internationales de Corte. Un événement qui permet depuis trois ans, et l’arrivée des nationalistes au pouvoir, de montrer l’union de toutes les mouvances réunies au sein d’un contrat de mandature et de débattre avec les militants présents sous le chapiteau. 

Mais cette année, à la tribune, un grand absent : Gilles Simeoni. Le président du conseil exécutif de Corse refuse de participer au débat tout comme Jean-Christophe Angelini, président de l’agence de développement économique de la Corse et leader du parti de la nation corse, ainsi que Jean-Félix Acquaviva, député de la deuxième circonscription de la Haute-Corse. La raison invoquée : des invités surprise qui n’ont pas été validés lors de la préparation du débat et qui, selon les trois hommes, changent la nature du débat. 

 
© Frédéric Danesi/FTVIASTELLA
© Frédéric Danesi/FTVIASTELLA


Dans leur viseur notamment : Charles Pieri, un des leaders de Corsica Libera. Le président du conseil exécutif de Corse assume et pointe une « incompatibilité politique forte » avec l’ancien meneur nationaliste, revenu sur le devant de la scène politique lors de campagne des territoriales 2017. Il est actuellement mis en examen pour « injure publique en raison du sexe » et en « injure publique en raison de l’origine » après la diffusion sur Facebook d’un message injurieux à l’encontre de la veuve du préfet de la veuve du préfet Erignac. Il sera jugé le 4 septembre prochain.
 

Remplaçants


De son côté, Éric Simoni, porte-parole de Corsica Libera, estime : « Il y avait des gens de la majorité qui étaient représentés, il s’agit plus d’aspects techniques liés au débat qu’autre chose. Une invitation a été envoyée pour que tout le monde soit là et les aspects techniques des organisations de débat sont secondaires. Je ne pense pas qu’il [Gilles Simeoni] ait vraiment refusé de monter à la tribune. Aujourd’hui, on est dans des démarches, qui sont des démarches globales, avec une impulsion forte d’un projet pour la Corse et la volonté de faire respecter le vote des Corses et tout le monde le partage. Tout le reste est anecdotique. »
 
Anecdotique, mais pas au point d’empêcher Gilles Simeoni, Jean-Christophe Angelini et Jean-Felix Acquaviva de rester à l’extérieur du chapiteau. Les trois hommes ont préféré se faire remplacer à la table des discussions par le député Michel Castellani, le président du groupe Femu a Corsica à l’Assemblée de Corse, Hyacinthe Vanni, et la conseillère territoriale Anne Tomasi, avant de quitter Corte. 

Mardi, dans un communiqué, Corsica Libera a reconnu un « couac organisationnel ». La formation politique s'est aussi insurgée contre la « tempête dans un verre d'eau » occasionnée par cet épisode. Elle rappelle qu'elle est « libre de ses choix », qu'elle organise ce débat depuis 36 ans afin d'inscrire la « lutte historique » corse dans un cadre international. Et elle soutient que « les militants nationalistes ont toujours été présents à la tribune avec, pour seules interruptions pour certains, les années de prison ». 

Pour l'organisation politique, Femu a Corsica doit devenir le grand parti autonomiste dont « la Corse a besoin ». Un acte qui lui permettrait ainsi de jouer « enfin pleinement son rôle » de sein du contrat de mandature Per a Corsica. 


 

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