Déchets : des solutions temporaires...

Le centre de Prunelli est à nouveau accessible à toutes et à tous. Mais avec des restrictions. Et de son côté, le Syvadec annonce l'ouverture de 4 sites de transferts. Temporaires... Pas vraiment rassurant pour la suite.

Site de stockage de Teghjime
Site de stockage de Teghjime © Viastella
Quatre nouveaux sites de transfert, temporaires, devraient être créés dans la Communauté d'Agglomération Bastiaise, avant la fin du mois, pour stocker les déchets qui s'amoncellement.
En tout, cela porterait le nombre de sites à 6, avecTeghjime et l'Arinella. 

C'est ce qu'a annoncé hier François Tatti, le président de la CAB et du Syvadec
 
François Tatti, président du Syvadec et de la CAB
François Tatti, président du Syvadec et de la CAB © France 3 Corse
 

4 à 5 millions d'euros de surcoût

En revanche, mystère en ce qui concerne les endroits où ils se situeront. 
Histoire, peut-être, de se prémunir d'un éventuel courroux des riverains...

François Tatti l'assure, tout est fait pour ramasser le maximum de déchets sur le territoire. 
"Nous avons fait appel à des agents d'interim, nous avons fait appel à des entreprises, et nous allons être présents pour enlever le maximum de déchets."

 
déchets


Mais tout cela n'est qu'une solution temporaire. 
Et, sans surprise, le président de la CAB pointe les manquements de la CDC depuis le début de la crise :

"Nous sommes deux mois après. Et il y a eu une seule réunion du Conseil exécutif de Corse, qui n'a pas produit d'effet positif puisque le site n'a pas été débloqué. Je dois dire que nous attendons beaucoup plus de la Collectivité, nous attendons qu'elle trouve les solutions, qu'elle mette les moyens pour trouver la solution". 
 

Nous attendons beaucoup plus de la Collectivité de Corse - François Tatti


La majorité à la tête de la Région n'est pas vraiment du même bord politique que François Tatti, qui ne se prive pas de rajouter que cette crise, qui semble s'installer, devrait coûter au Syvadec, aux 323 communes qu'il représente, et donc aux administrés, 4 à 5 millions d'euros supplémentaires fin janvier...

On le voit, quelques solutions sont mises en place, mais elles font figure de cautère sur une jambe de bois...
Le problème du traitement reste sensible, et loin d'être résolu. 

 
Le centre de Viggianello
Le centre de Viggianello © Florence Antomarchi / France 3 Corse ViaStella
 

Un problème qui s'enracine

Les deux centres d'enfouissement, A Prunelli et à Viggianello, ne peuvent pas, et ne veulent pas, recueillir les tonnes de déchets produits par l'île.

Prunelli, comme d'habitude, a fermé en 2019 ses portes dès que les 43.000 tonnes, sa capacité, ont été atteintes. 
Depuis le mois d'août, il ne recevait plus que les camions qui venaient de la communauté de communes. 

Aujourd'hui, avec la nouvelle année, on remet les compteurs à zéro. 
Et Prunelli, de nouveau, recevra des déchets venus d'autres régions de Corse. 

 
Centre d'enfouissement de Prunelli


Mais ça ne fait que repousser le problème.
Il n'accueillera pas tout. 
110 tonnes par jour, c'est la limite. 
Une limite qui devrait assurer que le site ne soit pas submergé dès l'été. 

Et qui aura pour conséquence d'empêcher d'absorber les poubelles qui, depuis des mois, s'ammoncellent dans l'attente d'une solution. 
 
 
ILLUSTRATION / A Bastia, comme dans de nombreuses communes de l'île, les poubelles s'entassaient au mois de décembre dernier autour des bacs pleins à craquer
ILLUSTRATION / A Bastia, comme dans de nombreuses communes de l'île, les poubelles s'entassaient au mois de décembre dernier autour des bacs pleins à craquer © Axelle Bouschon


D'autant qu'à Viggianello, dans le Sud, la situation n'est guère plus favorable. 

Le collectif Valincu Lindu en bloque l'accès, excédé par les promesses et les "plans Marshall" qui s'accumulent sans aucun résultat concret. 
 
Bien conscients que c'est en période d'élection que les politiques sont le plus réceptifs, et enclins à agir, ils ont déjà prévenu qu'ils envisageaient de bloquer le centre jusqu'au mois de mars.

Bref, 2020 débute comme s'est terminée 2019. 
Dans un statu quo de plus en plus inquiétant...
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