Assises : Gérard Giorgetti jugé en appel pour le “meurtre du Lancone”

Les autorité dans le Lancone, en avril 2016 / © CHRISTIAN BUFFA / MAXPPP
Les autorité dans le Lancone, en avril 2016 / © CHRISTIAN BUFFA / MAXPPP

Condamné à perpétuité en janvier dernier pour le meurtre de José Carlos Vincente Garcia, dont le corps démembré avait été disséminé à travers la Haute-Corse, Gérard Giorgetti comparaît devant les Assises de Corse-du-Sud.  

Par Sébastien Bonifay

La première journée a été consacrée hier à la personnalité de l'homme de 57 ans. 
Et a son passé, qui ne parle pas vraiment en sa faveur, même si Gérard Giorgetti, de son fort accent marseillais, continue de clamer son innocence. 

Usurpation d'identité, braquage, violences ayant entraîné le meurtre sur une femme qu'il hébergeait...
C'est une partie des 9 condamnations qui émaillent le casier judiciaire.
9 condamnations, et une bonne partie de sa vie passée derrière les barreaux.

 
Cour d'assises d'Ajaccio - Photo d'illustration / © FTViastella
Cour d'assises d'Ajaccio - Photo d'illustration / © FTViastella
 

Un lourd casier judiciaire

Gérard Giorgetti a quitté l'école après la sixième, et a basculé très tôt dans la délinquance. 
Il le reconnaît, mais, régulièrement, hier, il a martelé que tout cela était de l'histoire ancienne. 

"C'était au siècle dernier, j'ai acquitté ma dette à la société. Maintenant, je voudrais que l'on me parle du meurtre de mon ami". 
Son "ami", José Vincente Garcia, retrouvé mort et démembré en 2016.

 
Carte interactive, le macabre puzzle du Lancone / © Google Maps
Carte interactive, le macabre puzzle du Lancone / © Google Maps


Un meurtre pour lequel il a été condamné en janvier dernier par la cour d'assises de la Haute-Corse à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 22 ans de sûreté. 
Et pour lequel il clame son innocence. 
 


Gérard Giorgetti le repète. La violence, la marginalité, la délinquance, c'était avant.
Selon lui, tout aurait changé après son retour à Bastia en 2012. 

Soucieux de se réinsérer, il va rejoindre l'association A Fratellanza, qui vient en aide aux déshérités. 
Il sera d'abord bénéficiaire de la structure, avant d'en devenir bénévole, puis veilleur de nuit. 

Jean-Claude Vignoli, qui en était alors président, et qui a été appelé à la barre, raconte : "J'ai le souvenir de quelqu'un de serviable, de gentil. Certains ont vu une part d'ombre en lui, mais pas moi. Peut-être n'ai-je pas fait preuve de discernement, mais j'ai rencontré quelqu'un d'extrêmement sympathique, de spontané, et quand on s'est rencontrés pour la première fois, le courant est très vite passé entre nous". 
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Lieu de la découverte du corps sans vie, dans le défilé de Lancone, le 19 avril 2016. / © France 3 Corse
Lieu de la découverte du corps sans vie, dans le défilé de Lancone, le 19 avril 2016. / © France 3 Corse
 

Antisocial et manipulateur

La part d'ombre, d'autres se sont attachés à en faire état, lors de cette première journée. 
Les rapports d'experts font état d'un homme antisocial, intolérant aux frustrations, peu accessible à l'empathie et manipulateur.

Maître Jérôme Tiberi, avocat de la partie civile, le rappelle :
"Aujourd'hui, nous avons entendu un psychologue et un psychiatre, qui ont le même constat. Monsieur Giorgetti utilise son auditoire, il modifie ses versions en fonction de ce dernier. Il a clairement un côté manipulateur et centré sur lui-même". 

La suite du procès, aujourd'hui, permettra de revenir sur les faits eux-mêmes.
​​​​​​​Un meurtre dont les circonstances ont, il y a trois ans, choqué et marqué les esprits en Corse. 
 
Procès aux Assises de Gérard Giorgetti
Intervenants - Jean-Claude Vignoli, témoin Me Jérôme Tiberi, avocat de la partie civile Equipe - MORET Dominique NANNINI Pierrick
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