Depuis des mois et des mois, les services des urgences sont en grève, à travers toute la France, pour dénoncer des conditions de travail misérables. Seulement voilà, depuis la mobilisation spectaculaire contre la réforme des retraites, plus personne n'en parle.
Pas question pour autant de laisser tomber leur combat.
Les professionnelles et les professionnels du secteur continuent d'assurer leur mission, loin des micros. Contraints, par les exigences de leur tâche, d'être en grève, mais fidèles au poste, jour après jour. 
Notre journaliste, à la suite de violentes douleurs au thoraxe, a débarqué, en pleine nuit, à l'hôpital de Falconaja.
Et a pu découvrir, de l'intérieur, la réalité de son quotidien.
Récit d'une nuit aux urgences de Bastia. 

 

"Un docteur vous verra. Dès que possible..."

02h10
L’entrée des urgences est déserte.
Seul le murmure lointain d’une conversation me parvient.
 
Après quelques brèves minutes d’attente, une jeune fille vient s’enquérir de la raison de ma présence.
Une fois le dossier rempli, elle me demande de patienter le temps qu’un box se libère.
 
Dès le parking, le ras-le-bol s'affiche / © Sébastien Bonifay
Dès le parking, le ras-le-bol s'affiche / © Sébastien Bonifay


En grève, mais ouvertes 24 / 24

Sur les murs et les portes, des slogans tracés à grands coups de feutre rouge sur des cartons sont venus recouvrir, en partie, les habituelles affiches pour le dépistage du cancer colorectal et la mammographie.

Un jeune homme vêtu d’une blouse vert pâle me fait signe de le suivre.

On m’installe dans le box 1, on passe un bracelet d’identification à mon poignet, on me pose une perfusion de paracétamol, pour atténuer la douleur.
L’infirmière le promet. Un docteur viendra me voir dès que possible.

 
Aux urgences, la grève ne peut se traduire que par les affiches / © Sébastien Bonifay
Aux urgences, la grève ne peut se traduire que par les affiches / © Sébastien Bonifay


La douleur. Et l'ennui.

Il est 3h40 quand une jeune femme me tire d’un demi-sommeil. Les questions, nombreuses, qu’elle me pose après avoir vérifié mon identité sur le bracelet, m’incitent à penser que c’est le docteur.
Elle pose une main compatissante sur mon avant-bras, et m’assure qu’on va venir très vite me faire une prise de sang pour un bilan.
 

Vous estimez la douleur à combien, entre 1 et 10 ?
 

3h44, on m’enfonce un cathéter dans le pli du coude.

La douleur que ça me procure, je dirais, frôle le 4.
C’est dire le guerrier...

"On attend de voir comment ça évolue"

4h20, le docteur est de retour. Et me parle d’un taux dans mon sang quatre fois supérieur à la normale.  
Un taux inquiétant, qui incite à une présomption de Pancréatite.
« On attend un peu, histoire de voir comment ça évolue. »

Je hoche la tête d’un air pénétré, sans avoir la moindre idée de ce que c’est.
 
Autour de moi, tout est calme. J’entends au loin une discussion sur une vieille dame, âgée de 82 ans. Le Samu est parti la chercher chez elle, à la suite une chute alors qu’elle se rendait aux toilettes.

 
Les boxes des urgences de l'hôpital de Bastia / © Sébastien Bonifay
Les boxes des urgences de l'hôpital de Bastia / © Sébastien Bonifay


Il est un peu plus de 5 heures quand le docteur palpe mon ventre, et en l’absence de douleur, se veut rassurant. 
Ca fait alors trois heures que je suis dans ce box. Mais les choses avancent. 

7h, l’équipe de jour vient de prendre son service.
Une aide-soignante d’une vingtaine d’années, prénommée Julie, entre dans le box pour passer rapidement un coup de serpillère sur le sol. Entre les meubles à roulette qui ne roulent plus, le brancard, et une serpillère déplumée, c’est pas facile. Mais elle s’acquitte de sa tâche avec un sourire matinal et une application presque robotique. La force de l’habitude j’imagine.

 

 

"Le docteur ne va pas tarder..."

Ce sont les urgences. Mais là ça commence à faire long.

Il est 8h45, je lutte contre l’envie d’interpeller l’aide soignant qui passe et repasse dans le couloir, vêtu d’un pantalon blanc, et d’un tee-shirt « Urgences de Bastia en Grève ».

Vue l’allure à laquelle il ne cesse de traverser les couloirs, poussant un brancard ou agitant un dossier, je me dit qu’un tee-shirt pour rappeler qu’ils sont en grève, effectivement, n’est pas de trop…

 
Urgences de Bastia, 4h30 du matin / © Sébastien Bonifay
Urgences de Bastia, 4h30 du matin / © Sébastien Bonifay


9h30, rien de nouveau.
10h, un brancardier pénètre dans le box, une trentaine d’années, la barbe fournie et l’air enjoué.
« Box 1, on va à l’Echo ».

Quelques instants plus tard je prends place sur l’une de ses chaises visées au mur qui sont disposées dans les salles d’attente, ou couloirs d’attente, ou endroits d’attente, tant ça ne ressemble pas à des salles d’attente.
Même si on y attend. Longtemps.

Au bout d’une dizaine de minutes, un autre infirmier, poussant un vieil homme sur un fauteuil roulant, se présente lui aussi devant la porte de l’Echographie.
Surpris de me trouver là, il s’inquiète de mon sort, alors que son patient, lui, pousse de brefs cris, à intervalles réguliers.
Des cris qui ressemblent plus à des cris de surprise que de douleur.

 

"On a besoin du box, désolée. Ca se bouscule un peu, là..."

10h20, l’échographie se déroule sans vraiment m’en apprendre plus.
Difficile d’établir un diagnostic, apparemment. « Ce peut-être plusieurs choses, toute la zone est inflammée, c’est difficile de dire précisément d’où vient le problème."

10h34, retour au box.
Et retour sur la ligne de départ.
C’est à ce moment-là que l’on accepte enfin pleinement l’idée que l’histoire peut durer encore une heure comme quinze heures.

 
Urgences de Bastia, 9h / © Sébastien Bonifay
Urgences de Bastia, 9h / © Sébastien Bonifay


Les Urgences bruissent d’une intense activité, et des brancards sont alignés dans le couloir. Dessus, des patients, dont certains mal en point. Autour, s’agitent les aides-soignants.
Toujours les mêmes questions.

« Votre date de naissance? »
« Vous avez des allergies? »
« Le nom de votre personne de confiance? »
« Le nom de votre médecin-traitant? »
« Vous évaluez votre douleur sur combien, sur une échelle de 1 à 10? »


 
Urgences de Bastia, 10h20 / © Sébastien Bonifay
Urgences de Bastia, 10h20 / © Sébastien Bonifay


Et toujours la même conclusion, qui résonne comme une promesse de plus en plus difficile à croire :

- « Un docteur va venir vous examiner… »

10h38, quelqu’un agrippe mon brancard, alors que je tentais tant bien que mal de m’endormir enfin, et le sort du box.
On dispose mon brancard à l’entrée, contre un mur.

« On a besoin du box, désolée, ça se bouscule un peu, là… Comme vous n’avez plus de douleur… » me confie Marylene, un sourire un rien désolé sur les lèvres.
 

« Si vous passiez pas votre temps à sucer les médecins, ça irait peut-être plus vite »

11h20, un docteur, enfin, s’arrête devant mon brancard.
« Tout se passe bien? »
Je me dis que c’est une question bizarre au vu de la situation, et qu’il eut été plus logique qu’il y réponde. Mais niveau bizarrerie, je n’allais pas tarder à constater que le praticien a de la ressource.

« L’échographie s’est bien passée? »
V’là autre chose…

Je réponds, en tâchant de laisser toute trace de sarcasme à l’écart :
« Ils m’ont mis un truc froid sur le ventre. Et des trucs gris sont apparus sur un écran. A part ça… »
Le docteur me regarde, l’air interloqué…
« Bon…On va voir. Je sais pas. On sait pas. Je me renseigne et je reviens vous voir. »

 
Urgences de Bastia, 11h20 / © Sébastien Bonifay
Urgences de Bastia, 11h20 / © Sébastien Bonifay

 

Aujourd'hui c'est calme, parfois, c'est la guerre...


11h30
On déplace mon lit, qui était contre un mur, pour le placer au centre, à côté d’autres brancards qui forment comme un îlot au milieu du hall, autour duquel gravitent les médecins.

12h20
J’entends des éclats de voix où je crois reconnaître une poignée d’injures, dans le couloir à quelques mètres de moi. Je me penche et vois l’une des infirmières prise à partie par un homme d’une quarantaine d’années. Apparemment, il n’est pas ravi de devoir patienter, et s’en prend au personnel.

L’infirmière tente de rester calme, mais en face, le père de famille écume de rage.
« Si vous passiez pas votre temps à sucer les médecins, ça irait peut-être plus vite. », hurle-t-il, suscitant un murmure scandalisé parmi les patients.

 
Bastia, 12h / © Sébastien Bonifay
Bastia, 12h / © Sébastien Bonifay


"Mets le sous l'extincteur", demande un infirmier d'une quarantaine d'années à un collègue qui revient d'on ne sait où avec un vieil homme endormi sur un brancard dont il ne sait que faire.

Marylène, de son côté, tente de trouver en catastrophe quelqu'un de disponible pour emmener "la tronçonneuse" au bloc. Apparemment, le jeune homme qui est arrivé en début de matinée, la cuisse ouverte en deux par la chaîne de son outil, a eu de la chance. 
Un créneau s'est libéré.

12h10
Le téléphone sonne, en permanence. Au bout de quelques heures, on n'y prête plus attention. C'est devenu un bruit de fond. Comme l'est celui des râles qui s'échappent des boxes où l'on installe les cas les plus urgents. Un jeune interne, accroupi devant un vieil homme mutique essaie de le convaincre d'accepter une hospitalisation. Son épouse lui tient la main, l'air résigné. Le patient se contente de répondre "non" à tout. Les pompiers tentent de se frayer un passage entre les brancards qui s'accumulent au beau milieu du hall des Urgences, pour trouver une place à l'adolescent victime d'un accident de scooter qu'ils viennent de ramener. Contre le mur, alignés sur des chaises en plastique, une poignée de patients attendent leur tour, le regard dans le vide. Au beau milieu de la pièce, deux hommes chargés de la manutention tentent de changer une paire de néons qui grésille depuis le matin, juchés sur un escabeau de fortune. 

 
Aux urgences de Bastia, le matériel est entreposé au beau milieu des couloirs / © Sébastien Bonifay
Aux urgences de Bastia, le matériel est entreposé au beau milieu des couloirs / © Sébastien Bonifay


Une infirmière s'amuse de mon air navré.  "Aujourd'hui c'est calme. Parfois c'est la guerre. Il y a une dizaine de jours, on avait dû faire rentrer trois lits dans un box prévu pour un seul, et on avait été obligées de transformer les bureaux en boxs. Certains patients ont dormi plusieurs jours dans des bureaux, avec un équipement de fortune. Il n'y avait plus la moindre place de libre dans les services à l'étage...
On s'est pas occupé de vous ? Je vais demander aux docteurs où ça en est."

 

"Y a un truc"

13h30, le docteur refait son apparition. 
"Bon, on vous admet en gastro-entérologie". 
"Pour quelle raison ?"
"Y a un truc."

Je le regarde d'un air interloqué. 
"Un truc ?"
L'urgentiste ne prend pas la peine de dissimuler son irritation. 
"Y a un truc, monsieur. C'est comme ça. J'y suis pour rien moi, monsieur. Je suis arrivé tout à l'heure, c'est pas moi qui me suis occupé de vous, j'ai récupéré le dossier. Alors y a un truc, moi je vous le dis, après vous faites comme vous voulez."

 
Urgences de Bastia, 13h45 / © Sébastien Bonifay
Urgences de Bastia, 13h45 / © Sébastien Bonifay


Marylène, qui passait à proximité, le regarde repartir sans plus d'explication. Sur son visage, un mélange de mépris et de lassitude. 
Elle pose la main sur mon épaule. 
"Bon, puisque vous êtes ici, ça vaut le coup d'attendre, et de voir un spécialiste... Un vrai. On ne sait jamais, si par malheur en plus du truc vous avez un machin !"

Un collègue à elle me glisse, pas suffisamment bas pour éviter d'être entendu, "c'est ce qui arrive quand on ne paie pas les bons, et qu'on les fait travailler dans des conditions catastrophiques. Ils se barrent dans le privé, et nous, c'est ça qu'on ramasse... Des contrats de quelques jours, qui n'en ont rien à foutre. Lui, il a vu deux patients depuis ce matin. Deux..."

15h30
Attendre, mais jusqu'à quand ? Apparemment, aux urgences, le moment où l'on décide de vous hospitaliser, et le moment ou l'on vous hospitalise, ce n'est pas le même moment. 
 

"Si par malheur, en plus du truc vous avez un machin..."


16h15
Cedric, derrière le comptoir des urgences, interpelle Marylène, le combiné du téléphone à la main. 
"C'est pour une place en Gastro, une chambre s'est libérée."
Joie. De courte durée. 
Je n'ai pas le temps de glisser mon marque-page dans mon livre que l'infirmière répond : 
"Préviens-les qu'il faut qu'ils envoient quelqu'un, le patient est en fauteuil."
Retour à Charles Williams et à sa Fille des Marais...

 
Urgences de Bastia, 16h30 / © Sébastien Bonifay
Urgences de Bastia, 16h30 / © Sébastien Bonifay


17H30
Une quinzaine d'heures que je suis aux urgences. L'afflux constant des patientes et des patients m'a poussé à laisser ma place sur le brancard, et j'ai pris place, la potence de ma perfusion à la main, devant les toilettes, sur une chaise. 
Face à moi, la jeune fille qui nettoyait mon box quelques heures auparavant. 

Appuyée sur une de ces machines sur roulettes destinées à prendre la tension, elle s'octroie sa première pause de la journée. 
"Vous êtes encore là ?" 
Julie m'adresse un sourire étonné. 

"Ca vous étonne ? Je travaille, vous savez. C'est un peu normal."
"Mais vous êtes là depuis des plombes !"

"J'en ai encore pour une demi-heure. Douze heures d'affilée. Avec une demi-heure pour déjeuner."
 

"On est là pour éviter que les gifles partent"

C'est étonnant, l'attente. 
Durant les premières heures, on peste, on en veut au monde entier, on regarde sa montre toutes les deux minutes, on dévisage les patients qui se trouvent à proximité, on estime leurs soucis de santé moins importants que les sicns, on souffle de manière démonstrative au passage des docteurs, on trouve tout le monde incompétent...
Et puis le temps passant, on sombre dans une espèce de résignation cotonneuse. 

 
Urgences de Bastia, 15h50 / © Sébastien Bonifay
Urgences de Bastia, 15h50 / © Sébastien Bonifay


C'est un endroit où on peut attendre 10, 15, 20 heures. 
Où les docteurs n'ont pas le temps, et parfois plus l'envie, de vous dire ce que vous avez. 
Où les patients dorment entre des ordinateurs et des imprimantes. 
Où on manque de seringues, ou on manque de compresses, où les lits sont éventrés, où les fauteuils sont branlants, où les toilettes sont bouchées et les horloges en panne. 
Où les patients détestent et s'en prennent à ceux qui n'y sont pour rien, ceux qui sont là pour tenter, coûte que coûte et avec le sourire, de colmater les brèches. 
Et de faire en sorte qu'ils aillent mieux.
Où les agents de sécurité font leur ronde deux fois plus souvent qu'ailleurs, pour éviter, comme me confiera l'un d'eux, croisé à la machine à café "que les gifles ne partent"
On comprend que la situation est telle que les services d'urgence français, aujourd'hui, on dû bâtir un fonctionnement à eux. 
Pour tenter de limiter les dégâts. 

 
Urgences de Bastia, 18h / © Sébastien Bonifay
Urgences de Bastia, 18h / © Sébastien Bonifay


A 18h30, alors que je suis là depuis près de 17 heures et que j'ai terminé mon livre, Marylène prend son téléphone, appelle le service Gastro-entérologie, et muscle son jeu. 
"Elle est prête la chambre en gastro ? Parce que le patient, il est plus que prêt, là. Comment ça le dossier ? Le dossier il est prêt depuis 15 heures ! Alors vous allez le faire monter tout de suite, sinon c'est moi qui le monte !"

Elle raccroche, m'adresse un clin d'oeil, et ne peut réprimer un "Yes, YES !" de victoire. 

Aux urgences de Bastia, de nos jours, votre journée s'illumine lorsque cous arrivez à décrocher une chambre à un patient...
 

"C'est désespérant, mais c'est notre boulot"

Au troisième étage une dame blonde d'une cinquantaine d'années contrôle mon bracelet et m'installe dans la chambre. 
Je lui raconte mes déboires, et elle s'amuse, avec une candeur et un détachement étonnants, de la situation.
Je lui demande comment elles font pour trouver la force de venir travailler, chaque jour, en sachant ce à quoi elles vont devoir faire face.
"J'en peux plus. On est épuisés, vous savez. C'est sans fin, et c'est désespérant. Mais c'est notre boulot. Et si on le fait, autant le faire bien."

Elle me sourit, hausse les épaules, et part rejoindre sa collègue dans la chambre d'à côté. 

Deux jours plus tard, je sors de l'hôpital, avec une batterie d'examens à faire. 
Je passerai de nouveau deux nuits aux urgences au cours de la même semaine, à la suite de nouvelles crises, avant que le diagnostic ne tombe. Il me faut être opéré de la vésicule biliaire, et le docteur qui me le confirmera, dans le hall des urgences, me fera comprendre que si je veux l'être le plus rapidement possible, et ne pas passer de nouvelles nuits en leur compagnie, il vaut mieux que je tente ma chance dans une clinique... 

Dès le lendemain, dans l'une d'elles, un chirurgien au fort accent italien m'ôtera la vésicule biliaire. 
 

 

REPONSE DE l'HOPITAL DE BASTIA :

A la suite de la publication initiale de l'article, le centre hospitalier de Bastia nous a fait parvenir une réponse, qui vous pourrez trouver en intégralité ci-dessous. 

le CHB nous rappelle que, "conscient des difficultés du service des urgences en terme de locaux", il a mis en place un projet qui "permettra de doter le service des urgences d'une surface totale de 2.000 m2", et que "les effectifs ont été renforcés à la rentrée"
 
Le communiqué souligne que l'enquête que nous avons effectuée date du mois d'octobre, ce qui nous donne l'occasion de préciser que nous avons fait un point, à la veille de la publication de l'article, avec les services concernés, pour nous assurer que ce que nous avions constaté en octobre était toujours d'actualité. Ce qui était le cas. 

Les travaux ont débuté, et tout le monde s'en félicite, tant les urgences sont vétustes, et tant elles manquent de moyens. 
Mais nombreux sont ceux qui pensent que cela ne suffira pas. Et que le problème est plus profond.

Comme nous le confie une aide-soignante, "réorganiser l'accueil et faciliter la prise en charge des patients, c'est très bien. Et ça réduira sûrement le temps d'attente. Mais ça ne changera pas vraiment nos conditions de travail, malheureusement. Tout est lié, à l'hôpital. Et un dysfonctionnement ou un retard chez nous ou à un étage, et les conséquences se font sentir sur plusieurs heures, et dans plusieurs services. Ca fait boule de neige.
Et ces dysfonctionnements, ils sont liés, les trois-quarts du temps, au manque de moyens, et à un fonctionnement en flux tendu, où les gens qui travaillent sont au bout du rouleau."


On le voit, le problème va bien au-delà des urgences de Bastia, et de la modernisation de locaux. 
C'est tout le fonctionnement de l'hôpital public, et l'intérêt que lui portent les différents gouvernements depuis de longues années, qui est en cause...