VIDEO - Willy Schraen, président de la fédération française des chasseurs : "Il faut arrêter de poser des cadres, des interdits. Les Corses savent parfaitement gérer leur chasse"

Le président de la fédération nationale des chasseurs nous a accordé un entretien à l'occasion de sa venue en Corse.

La fédération nationale des chasseurs tiendra son congrès national à Reims le 7 mars prochain. Pour préparer ce rendez-vous, son président, Willy Schraen, effectue une tournée dans toute la France à la rencontre des fédérations départementales et régionales, afin de faire un point sur les dossiers. Ce mercredi 21 février, il était à Biguglia pour rencontrer les chasseurs corses.

Quels seront les grands axes abordés à Reims, le 7 mars prochain ?
La sécurité, bien sûr, qui reste une préoccupation majeure des chasseurs. Nous essayons toujours d'avancer. Il y a des énormes efforts qui sont déployés par le monde de la chasse. Nous avons divisé par cinq le nombre d'accidents, de morts à la chasse, Bien évidemment ce n'est pas une science exacte, dans le sens où le zéro absolu n'existe pas, mais notre préoccupation c'est de tendre vers le moins d'accidents possibles, pour que les Français n'aient pas peur de se promener dans la nature quand nous sommes à la chasse. 

Mais encore ?
Ce n'est pas tout, vous avez raison. Nous n'oublierons aucun des sujets qui concernent la chasse : les dégâts de gibier, la gestion adaptative, l'avenir du petit gibier, nos relations avec le monde agricole, les migrateurs. Et puis bien sûr nous consacrerons une partie des débats aux questions européennes, puisque l'Europe dicte désormais une grande partie de nos vies, celle des chasseurs comme celles des autres.

Vous avez un biotope ici, un maquis, qui demandent l'utilisation de chevrotines

Willy Schraen

L'image de la chasse est régulièrement écornée par les écologistes. Est-il possible d'inverser cette tendance ?
Vous avez des gens qui veulent interdire la chasse, et plus largement, toutes les passions rurales. Il ne peut y avoir que des conflits avec ces gens, alors je n'attends pas vraiment d'amélioration de ce côté-là.

En Corse, la chasse est toujours très populaire. On compte 18.000 chasseurs, soit 5 % de la population, contre 2 % sur l'ensemble de la France.
La chasse corse, ça fait partie de l'identité corse, et l'identité corse, c'est quelque chose. Et vue du Pas-de-Calais, d'où je viens, c'est encore plus fort, croyez-moi ! Mais plus largement, ça démontre une chose, c'est que la chasse est vraiment une composante culturelle de nos territoires ruraux, et de nos terroirs. Et cela n'est pas près de changer. Bien sûr, la pyramide des âges fait partir pas mal de gens âgés, mais on a de plus en plus de jeunes qui y viennent. On a trois fois plus de jeunes aujourd'hui qu'on avait il y a 5 ans qui s'inscrivent au permis de chasser. Alors il y a beaucoup d'espoirs en ce qui concerne la pratique de la chasse, dans le futur, en Corse et en France. 

L'utilisation de la chevrotine est interdite en France, mais autorisée, en Corse, par dérogation. Qu'en pensez-vous ?
Je suis favorable à tout ce qui amène de la liberté aux gens. On fournit, au niveau national, un panel de choses maximalisées, et à partir de là les Corses pourront prendre leurs chevrotines quand ils en ont besoin. Et cela me semble logique. Vous avez un biotope ici, un maquis, qui demandent l'utilisation de ce genre de munitions. Moi, je suis président de la fédération du Pas-de-Calais, et évidemment, c'est plus plat, il n'y a pas de forêt, alors on a moins besoin de chevrotines là-bas ! 

Enfin, êtes-vous favorable à la réduction de la période de chasse au sanglier, alors que la population est en déclin ? 
Il faut arrêter de poser des cadres, des interdits, des choses comme ça. Les Corses savent parfaitement gérer leur chasse, donc on laissera les choses en l'état. S'ils veulent chasser un peu moins, ils s'adapteront, mais je pense surtout qu'il faut laisser les gens respirer, les laisser tranquilles. Les Corses savent gérer leur population d'animaux, je les laisserai faire et ne mêlerai surtout pas de ça.  

Découvrez l'entretien que nous a accordé Jean-Baptiste Mari, président de la fédération des chasseurs de Haute-Corse :