“Marche de la colère” : des policiers manifestent à Bastia

Les policiers réclament de meilleures conditions de travail devant le commissariat de Bastia. / © Emilie Araudeau / France 3
Les policiers réclament de meilleures conditions de travail devant le commissariat de Bastia. / © Emilie Araudeau / France 3

Une « marche de la colère » a rassemblé des milliers de policiers ce mercredi à Paris. Une mobilisation inédite à l’appel d’une large intersyndicale. A Bastia aussi, les policiers ont manifesté.
 

Par P.S. avec AFP

Les policiers de Haute-Corse ont manifesté ce mercredi après-midi devant le commissariat de Bastia. Ce rassemblement avait lieu dans le cadre d’une mobilisation nationale inédite depuis près de 20 ans.

Cinq points sont au coeur des revendications : la qualité de vie au travail, une véritable politique sociale pour les agents du ministère de l'Intérieur, une réponse pénale "réelle, efficace et dissuasive", la future loi d'orientation et de programmation et les retraites.
 

« On manque énormément de personnel dans la police nationale. Les cycles de travail sont très lourds. Les effectifs de police bien souvent c’est un week-end sur six en famille […] Il y a aussi le dossier des heures supplémentaires. […] Si on n’est pas entendus on manifestera de nouveau », détaillait au micro de France 3 Corse ViaStella Jean Louis Vadella, représentant départemental Unité-Sgp police en Haute-Corse.

Les syndicats policiers craignent une remise en cause de leur avantageux système de bonifications. Actuellement les policiers bénéficient d'une bonification spéciale dite "du cinquième" ou "quinquennale", qui leur offre une annuité (quatre trimestres) de cotisation tous les cinq ans. Elle est plafonnée à cinq annuités et, pour y être éligible, le fonctionnaire doit avoir exercé 27 ans.

52 suicides depuis le début de l'année

Les propos du ministre de l'Intérieur n'ont pas dissipé les inquiétudes. « Il y aura une modification de leur régime comme pour tous les Français mais il y aura la prise en compte de la dangerosité de leur métier de policier", a affirmé Christophe Castaner mercredi sur France 2.
"Il faut faire la différence entre ceux qui sont dans un métier dangereux et l'ensemble des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur qui ne sont pas confrontés aux mêmes réalités"
, a aussi déclaré le ministre.
Face à cette nouvelle fronde, le ministère de l'Intérieur met en avant les efforts budgétaires depuis l'arrivée du duo Castaner/Nuñez en octobre 2018.
Jean Louis Vadella, représentant départemental Unité-Sgp police en Haute-Corse

"La police souffre d'un abandon budgétaire depuis de très longues années", a affirmé le ministre mercredi, devant le Sénat, en rappelant les 13.500 suppressions de postes sous le quinquennat Sarkozy.
 

Création de postes

Mettant en avant la promesse des 10.000 créations chez les forces de l'ordre d'ici 2022, il a aussi souligné l'augmentation du budget de la Police depuis le début du quinquennat, d'un milliard d'euros.

Des discussions autour d'un Livre blanc sur la sécurité intérieure doivent être lancées mi-octobre, prélude à une loi d'orientation et de programmation prévue en 2020.

 

Sur le même sujet

Les + Lus