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La noisette, star incontestée de Cervione

La noisette de Cervione est détentrice d'une indication géographique protégée depuis 2014 / © Christian Giugliano
La noisette de Cervione est détentrice d'une indication géographique protégée depuis 2014 / © Christian Giugliano

Cervione fête sa noisette ce week-end avec a festa di a nuciola. Une noisette qui rencontre un succès tel, que la production ne suffit plus pour répondre à la demande. Résultat, pour augmenter la production, les ramasseurs de noisettes et les nouvelles plantations sont de plus en plus nombreuses.

Par Axelle Bouschon

En gâteau, en biscuit, en pâte à tartiner ou encore à croquer telle quelle, la noisette remporte tous les suffrages.

Et pour la commune de Cervione (Haute-Corse), ce petit fruit à coque représente une véritable mine d'or. Signe de qualité, il a d'ailleurs obtenu une indication géographique protégée en 2014.

Avec l'explosion du nombre de consommateurs, les producteurs se font également de plus en plus nombreux. Alain Piras, responsable de la casserie de Cervione - qui se charge de briser les coques des noisettes pour n'en garder que le fruit -, raconte voir arriver "des nouveaux apporteurs" tous les ans.
 
En confiture, en farine ou en poudre, la noisette excite bien des papilles / © Christian Giugliano
En confiture, en farine ou en poudre, la noisette excite bien des papilles / © Christian Giugliano
 

Filière profitable


Des gens qui n'avaient jamais ramassé de noisettes avant, mais qui se sont lancés à leur tour dans la production. Pour une raison simple, estime Alain Piras : l'appât du gain.

"L'année dernière, on les payait 2,70€ au kilo, cette année, c'est 2,80€ au moins. Alors forcément, un type qui à une vingtaine de noisetiers et qui en ramasse 500 ou 600 kilos, il ne perd pas son temps."

Aujourd'hui, la casserie travaille avec 150 producteurs, et traite jusqu'à 80 tonnes de noisettes par an. De quoi faire des conteneurs entiers de pâte à tartiner, mais toujours pas assez pour répondre à la demande de plus en plus importante de la clientèle.


Victime de son succès


Cet amour grandissant pour la noisette, Laurine Serra l'a bien remarqué. Ce petit fruit à coque, elle en a fait sa spécialité.

On est dans une phase où la demande est beaucoup plus forte que l'offre

Gérante de l'Atelier de la Noisette, un espace intégralement dédié à la vente et à la fabrication de produits à base de noisettes de Cervione, elle transforme avec son équipe chaque année plus de 60 tonnes de cet oléagineux.

Et force est de constater qu'il en faudrait beaucoup plus.

"Pour répondre à la demande, il me faudrait le double, assure Laurine Serra. Au niveau des quantités, on est toujours restreints."
 
La production de noisette de Cervione n'est à ce jour pas encore capable de répondre à la demande, trop importante / © Christian Giugliano
La production de noisette de Cervione n'est à ce jour pas encore capable de répondre à la demande, trop importante / © Christian Giugliano

La faute à une production majoritairement issue de "petits producteurs locaux", et qui reste donc modeste, comparativement à d'autres récoltes. "On est dans une phase où la demande est beaucoup plus forte que l'offre."

La preuve, dans la boutique de l'Atelier de la Noisette, les produits à base du fruit oléagineux remportent un franc succès. A un point tel que cela fait quelques malheureux.

Comme ce couple de touristes, venus acheter leur dose annuelle de pâte à tartiner, et qui repartent les bras vides et l'air abattu.

"On était venus chercher un seau de 3 kilos, et en fait, il n'y en a plus... On est un peu déçus, on en prend à chaque fois qu'on vient en Corse."
 

Conquête de la grande distribution


Alors pour apporter à chaque gourmand son quota désiré de noisette de Cervione, et faire découvrir ses saveurs à ceux qui n'auraient pas encore pu la goûter, l'offre n'a de cesse de se développer.

Pierre-Paul Monteil est à la tête d'une coopérative de producteurs d'agrumes. Depuis 6 ans, ils se sont lancés dans les noisetiers, et ont planté près de 20 hectares. Objectif : commercialiser la noisette de Cervione dans la grande distribution.

"L'année dernière, sur des vergers historiques, on a commercialisé une dizaine de tonnes, explique Pierre-Paul Monteil. Cette année, on vise plutôt une trentaine. Et à terme, on espère en commercialiser entre 100 et 150 tonnes."

Une partie de la production devrait également alimenter le marché local. 
 
Noisettes
Intervenants : Laurine Serra, gérante de l'Atelier de la Noisette - Alain Piras, responsable de la casserie de Cervione - Pierre-Paul Monteil, directeur commercial d'une coopérative de producteurs. Equipe : ALCALAY Grégoire - GIULIANO CHRISTIAN - MERCIADRI Corinne - LOUCHE Anne-Laure

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