Depuis des mois, rares sont les semaines, voire les nuits, où un véhicule, au moins, n'est pas incendié en Corse. Le phénomène se propage dans toute l'île, comme l'ont prouvé les 10 véhicules incendiés ce week-end...

Le soir de la fête de la musique, il n'y a pas que les groupes qui ont fait des étincelles...

Peu après 22 heures, vendredi soir, une Audi A1 et deux véhicules utilitaires étaient détruits par un incendie route d'Orezza, en Castagniccia. 

Quelques minutes plus tard, à Corrano, dans le Taravo, une patrouille de gendarmerie découvre un autre véhicule brûlé. 

Et à Taglio Isolaccio, dans la plaine orientale, une moto Suzuki est découverte, calcinée, en bordure de la D 230. 
 
 


Dans la nuit de vendredi à samedi, peu après 2 heures du matin, c'est une Audi A3 qui était garée sur un parking à proximité de la discothèque Le Sun à Porticcio qui est la proie des flammes. 

Et c'est dans la nuit du samedi au dimanche, comme c'est devenu désormais presqu'une tradition, que l'épidémie s'est montrée la plus virulente:

Une Peugeot au col de Salvi, une Mercedes à proximité d'une auberge à Occhiatana, un utilitaire Renault et une Mini Cooper à Talasani...

10 véhicules en 48 heures...

Le bilan est lourd, une fois de plus. 

 



Et ce n'est que le dernier exemple d'une pratique de plus en plus répandue sur l'île, depuis des mois. 

A Bastia, on dénombre 74 véhicules incendiés depuis le premier janvier. 
Et en Balagne, des véhicules sont brûlés plusieurs fois par semaine...

Une pratique, car il est difficile d'imaginer que les dizaines de véhicules, de toutes marques, de toutes origines, et brûlées dans tous les coins de la Corse, ont pris feu par accident. 
 

"Le phénomène, en Corse est plus imprévisible qu'ailleurs"


Les autorités peinent à expliquer cette tendance, comme nous le confiait le préfet de Haute-Corse, François Ravier:
 

Ce qui est assez frappant c’est qu’il n’y a pas de jour particulier, il n’y a pas de mois particulier, il n’y a pas de cause particulière. On n’est pas dans le cadre de certaines journées particulières comme sur le continent comme le 31 décembre, où on sait que l’on a là des phénomènes importants. On a un phénomène ici qui est plus imprévisible.

 


La rumeur s'est chargée de multiplier les explications, parfois un chouïa audacieuses, voire fantaisistes...

De jeunes gens sous l'emprise de substances diverses qui se sont pris au jeu, et se répondent d'un week-end sur l'autre à travers la Corse, des arnaques à l'assurance, ou, plus improbable, des concessionnaires automobiles qui voudraient doper leur chiffre d'affaires...

Mais, si le phénomène semble assez nouveau en Corse, par rapport au continent, il n'inquiète pas vraiment les autorités. 

La pratique de l'incendie de voiture n'est pas répandue sur l'île qu'ailleurs. 

Ici, elle ne tient juste compte d'aucun calendrier...