Mouillage pour la grande plaisance : l'association U Levante interpelle la Première ministre et Gilles Simeoni

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Écrit par A.A.

Dans deux lettres ouvertes adressées à la Première ministre et au président du conseil exécutif de Corse, l'association U Levante et le collectif Terra dénoncent des projets d'installation de coffres d'amarrage à destination de la grande plaisance "partout en Corse".

L'annulation de la circulaire d'avril 2022 sur les mouillages pour la grande plaisance. C'est ce que réclament l'association de protection de l'environnement U Levante et le collectif Terra dans une lettre adressée à la Première ministre, Elisabeth Borne, dans une lettre ouverte en date du 3 juin.

Dans le document de six pages, également destinée au président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, ces organisations s'insurgent contre la déclinaison régionale de 'Destination France', qui préconise l'installation de coffres, prioritairement en Méditerranée, pour l'accueil de la grande plaisance. "Un coffre est un énorme bloc de béton de plusieurs tonnes que l'on dépose sur le fond marin ; il est soi-disant écologique parce qu'il est troué. Il est relié à des bouées en surface sur lesquelles les yachts de la grande plaisance peuvent s'amarrer. Ainsi sont constitués dans 'ports flottants' nommés ZMEL : zone de mouillage et d'équipements légers", écrit U Levante.

"Un processus de privatisation de la mer"

À destination d'embarcations comprises entre 24 et 100 mètres, des dizaines de projets de ZMEL seraient programmés "tout autour de la Corse". "Ces projets encouragent la grande plaisance internationale à voyager davantage et à venir en Corse alors que la Corse est déjà surfréquentée et accentuent le dérèglement climatique", dénoncent ces associations.

De plus, "certaines zones de mouillage empiètent largement sur l'herbier de posidonie et ces bateaux portent gravement atteinte à la vie animale marine." Pour U Levante et le collectif Terra un seul constat : ces installations entraînent "un processus d'urbanisation et de privatisation de la mer". Elles préconisent la création de ZIEM : zones interdites aux engins motorisés, "comme sur les côtes italiennes et espagnoles de la précieuse et fragile Méditerranée."

Selon U Levante et le collectif Terra, en 2018, 2.000 navires de grande plaisance se sont rendus en Corse, soit 1/8 de la flotte mondiale.