Paul Giacobbi : "la gauche a disparu et la Corse est toujours au milieu de la mer"

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Écrit par Audrey Altimare
Paul Giacobbi, ancien président du conseil exécutif de Corse, est l'invité de Cuntrastu ce mercredi 6 octobre.
Paul Giacobbi, ancien président du conseil exécutif de Corse, est l'invité de Cuntrastu ce mercredi 6 octobre. © FTV

L'ancien député et président du conseil exécutif de Corse, Paul Giacobbi, est l'invité de Cuntrastu ce mercredi 6 octobre à 20h45 sur France 3 Corse ViaStella. L'occasion, notamment, de revenir sur sa mandature et sur l'état de la gauche dans l'île.

Il avait disparu de la scène publique pour des raisons judiciaires et politiques. Ce mercredi 6 octobre, Paul Giacobbi, président du conseil exécutif de Corse de 2010 à 2015 et député de Haute-Corse de 2002 à 2017, est l'invité de Cuntrastu.

S'il assure que ses 34 ans de carrière politique sont désormais derrière lui, il accepte de se prêter au jeu du bilan de mandature. Ainsi, lorsqu'il lui est reproché d'avoir laissé une dette de 100 millions d'euros ou que la problématique des emprunts toxiques est évoquée, Paul Giacobbi répond : "Les emprunts toxiques de la collectivité territoriale ont été passés par une autre mandature que la mienne."

Quant à la dette, à l'issue de ses cinq années de mandat, elle était selon lui "très petite" et ne représentait que "quelques dizaines de millions d'euros". Conséquence notamment, pour Paul Giacobbi, "d'un réaménagement de 107 millions d'euros accordé par l'État pour les emprunts toxiques et à l'engagement de dépenses pour éviter un dégagement d'office des fonds structurels européens."

"Je tiens au Padduc comme à la prunelle de mes yeux"

Néanmoins, Paul Giacobbi estime que deux projets sont à retenir de sa mandature. D'une part, la réalisation du Padduc [plan d'aménagement et de développement durable de la Corse ndlr.], "dont je tiens comme à la prunelle de mes yeux." "Dans l'ensemble, il reste une règle très importante en particulier pour les terres agricoles. On voit bien qu'il y a des conflits autour de ça et il faut s'accrocher au Padduc et le défendre", précise-t-il.

D'autre part, il revendique d'être parvenu à "faire réfléchir les gens ensemble et d'avoir abouti à un certain nombre de choses." Lorsqu'il est blâmé, sur ce point, d'avoir fait le lit des nationalistes, Paul Giacobbi rétorque : "Mon intérêt, c'était de faire le lit de la Corse" et de faire "ce qui me paraissait logique."

Une logique qu'il applique à la fusion des départements, la co-officialité de la langue et le statut de résident. "J'estime avoir mené la bataille des idées. Mais j'ai eu aussi beaucoup de difficultés", souligne-t-il.

La disparition de la gauche dans l'île

En 2010, dans l'entre-deux tours des élections territoriales, Paul Giacobbi parvient à faire fusionner quatre listes de gauche et à remporter le scrutin. Après 25 ans de règne, la droite cède sa place à la collectivité territoriale.

Plus de 10 ans plus tard, cependant, l'intégralité des forces de gauche ont disparu de l'hémicycle et pèse peu dans le débat politique insulaire. Lors du dernier scrutin de juin 2021, les trois listes qui se revendiquaient de la tendance n'ont pas franchi la barre des 7 %, nécessaire pour un maintien au second tour. "La gauche a disparu en général et la Terre tourne à la même vitesse et la Corse est toujours au milieu de la mer. Il y a une autosacralisation de la gauche, mais les idées de gauche sont présentes chez des tas de gens", analyse-t-il.

L'intégralité de l'entretien de Paul Giacobbi est à retrouver ce mercredi 6 octobre, à 20h45, sur France 3 Corse ViaStella et sur nos reseaux sociaux :

 

 

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