Santé : le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo circule en Corse, l’ARS émet des recommandations

Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo circule dans des élevages de l’île, selon des recherches effectuées par l’université de Corte. Cette maladie est potentiellement transmissible à l'humain. L’Agence Régionale de Santé de Corse rappelle un certain nombre de recommandations pour se protéger des tiques, parasites vecteurs de la pathologie.

Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo a été découvert en Corse.

L’information a été révélée par le Point, mercredi 24 avril.

Après les Pyrénées-Orientales, cette maladie transmise par les tiques circule désormais dans les élevages de l’île, comme le démontrent les recherches menées par l’équipe d’Alessandra Falchi de l’université de Corte.

Cette découverte a été publiée dans la revue américaine Emerging Infectious Diseases, éditée par le Centers for Disease Control and Prevention (CFC), l’agence fédérale des Etats-Unis en charge de la protection de la santé publique.

"Nous avons identifié le génotype I africain du CCHFV [Ndlr : le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo] chez des tiques collectées sur des bovins dans deux sites différents du sud-est et du centre ouest de la Corse, indiquant une circulation établie de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo", rapportent les chercheurs dans le résumé de cette étude.

Ils s’inquiètent par ailleurs d’une possible propagation : "La menace d’une éventuelle expansion et circulation continue du virus en Europe occidentale ne doit pas être ignorée. Les professionnels de santé et les autres groupes à risque d'infection, notamment les chasseurs et les agriculteurs, doivent être informés de la circulation du CCHFV en Corse."

"Maladie potentiellement transmissible à l’homme"

À la suite de la publication de l’article du Point, l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Corse indique, via un communiqué en date du 24 avril, que "la présence du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo est connue en Corse depuis plusieurs années chez les bovins". Et d’ajouter : "Ce qui est nouveau, c’est la détection de la maladie chez les tiques, insectes vecteurs et donc rendant la maladie potentiellement transmissible à l’homme".

Que se passe-t-il en cas de transmission chez l’humain ? Selon l’Institut Pasteur, "si l’infection par le virus provoque généralement des symptômes relativement peu sévères, la maladie peut également évoluer vers des formes graves, où des hémorragies multiples et la défaillance d’organes vitaux entraînent le décès de la personne contaminée".

Face à ces risques, l’ARS annonce qu’elle avait, dès le mois de mars dernier, "sensibilisé par le biais de sa lettre d’information « santé et territoires » les professionnels de santé et les élus à ce risque de pathologies émergentes".

Saisine de l'Anses et du Haut Conseil de la Santé Publique

La présence du virus dans quatre régions, dont la Corse, a entraîné la saisine de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses) et du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), qui ont rendu leurs avis.

Ainsi, pour l’Anses, "la circulation du CCHFV sur le territoire français (dans quelques départements du pourtour méditerranéen) étant avérée, la survenue d’un cas humain autochtone de FHCC est possible en France, suite à une transmission vectorielle, mais également par contamination à partir de sang ou de tissus d’animaux virémiques".

L'agence rappelle toutefois que "les évaluations réalisées dans le cadre de cette expertise et les réponses apportées dans le présent avis présentent un niveau d’incertitude élevé en raison d’un nombre limité de connaissances et d’études scientifiques disponibles".

Recommandations

"Des messages de prévention sont en cours de finalisation au niveau national à destination du grand public et des groupes à risque (risque professionnel)", annonce l’ARS. Dans l’attente, la communication des autorités sanitaires porte sur "le rappel des bonnes pratiques générales pour se protéger des tiques, vecteurs de plusieurs maladies, dont la maladie de Lyme".

Lors de vos promenades en forêt, ou dans le maquis, ou lorsque vous passez du temps dans votre jardin :

  • portez des chaussures fermées et des vêtements couvrants de couleur claire (afin de mieux repérer les tiques sur la surface du tissu)
  • évitez de marcher au milieu des herbes hautes, des buissons et des branches basses et privilégiez les chemins balisés
  • inspectez-vous au retour de vos promenades et activités de jardinage
  • en cas de piqûre, détachez immédiatement les tiques fixées à l’aide d’un tire-tique ou une pince fine (n’utilisez en aucun cas de l’éther ou tout autre produit) et désinfectez la plaie
  • surveillez la zone de piqûre pendant plusieurs jours et consultez votre médecin en cas de symptômes (fièvre, fatigue, rougeur).
  • utilisez éventuellement des répulsifs, en privilégiant ceux disposant d’une autorisation de mise sur le marché et en respectant leurs conditions d’emploi.
  • En complément, une information sera faite aux professionnels de santé lors du lancement de la saison de la surveillance des arboviroses (virus transmis par les piqûres d’insectes) début mai.
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