Sensibilisation, table ronde, manifestation : la journée internationale des droits des femmes en Corse

La journée internationale des droits des femmes est marquée par de nombreuses initiatives en Corse, d'une table ronde sur les femmes pendant la crise sanitaire à des ateliers pédagogiques, et une polémique, avec le retrait d'un conférencier après des critiques sur les réseaux sociaux.

Lauda Giudicelli, conseillère exécutive en charge du sport, de la jeunesse et de l’égalité hommes/femmes à la Collectivité de Corse, au lycée Finosello à Ajaccio.
Lauda Giudicelli, conseillère exécutive en charge du sport, de la jeunesse et de l’égalité hommes/femmes à la Collectivité de Corse, au lycée Finosello à Ajaccio. © Yann Benard/France 3 Corse ViaStella

Des voix résonnent dans les couloirs du lycée professionnel du Finosello à Ajaccio. Certains élèves débutent la semaine par une action de sensibilisation en ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Clichés, sexisme, inégalités femmes/hommes : les ateliers évoquent la place de la femme en 2021, et les inégalités qui gangrènent, encore et toujours, la société.

Lauda Giudicelli, conseillère exécutive en charge du sport, de la jeunesse et de l’égalité femmes/hommes à la Collectivité de Corse, et Julie Benetti, rectrice de Corse, étaient présentes au lycée du Finosello.

"Le combat des droits des femmes n’est pas un combat des femmes contre les hommes mais un combat des femmes avec les hommes"

Julie Benetti, rectrice de Corse

"Le combat des droits des femmes n’est pas un combat des femmes contre les hommes mais un combat des femmes avec les hommes", rappelle la rectrice, qui a également évoqué l’importance de parler, quelques mois après le mouvement #IwasCorsica et la libération de la parole en Corse. Lauda Giudicelli rappelle que "les clichés sont construits, bien ancrés, et qu’on cherche à les déconstruire, ça commence dès le plus jeune âge". 

300 personnes ont défilé à Bastia dimanche

La jeunesse, justement, était dans la rue, dimanche, à la veille de ce 8 mars. À Bastia, 300 personnes, dont la majorité n’avait pas 25 ans, ont défilé du palais de justice à la place Saint-Nicolas pour rappeler les inégalités qui perdurent. "Il y a encore énormément de combats à mener, expliquait Juliette Grisolia, du collectif Casina Surellanza. Toutes les violences sont imbriquées et relèvent d’un système patriarcal."

Le patriarcat, justement, a été à l’origine d'une polémique. Alors qu’il devait animer une conférence "Femmes corses, les grandes oubliées de l'Histoire" en partenariat avec la Communauté d’agglomération de Bastia, le conférencier Eugène Gherardi a annulé son intervention après avoir été la cible de nombreuses internautes qui critiquaient la place trop importante des hommes pour parler des femmes.

À l’exception du président de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni et de Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, qui ont introduit les débats, la table ronde virtuelle organisée par l’Assemblée de Corse était 100 % féminine.

La karatéka ajaccienne Alexandra Feracci en viste dans une école

Intitulée "Femmes engagées en temps de crise", elle a donné lieu à deux heures d’échanges riches sur la crise, vue sous le prisme de l’engagement féminin. Jean-Guy Talamoni a d’ailleurs évoqué "une prise de conscience avec la crise sanitaire".

Par-delà les mobilisations plus ou moins institutionnelles, et alors que la karatéka ajaccienne Alexandra Feracci a animé une rencontre autour du thème "Femmes et sport" à l’école Desanti de Bastia, la journée internationale des droits des femmes en Corse a été beaucoup commentée sur les réseaux sociaux.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
journée internationale des droits de la femme société femmes