Un communiqué de presse cinglant attaque le gouvernement sur sa gestion du dossier Alessandri-Ferrandi

Le collectif "L'ora di u ritornu" a publié, ce samedi 8 mai, un communiqué de presse à charge contre le gouvernement et sa gestion du dossier Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Après la publication d'une enquête dans L'Obs, l'association regrette une "ingérence inacceptable" du pouvoir exécutif.

Pierre Alessandri et Alain Ferrandi.
Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. © France 3 Corse ViaStella

Le ton, sévère, traduit la colère de "L'ora di u ritornu". Dans un communiqué de presse publié ce samedi 8 mai, le collectif demande une nouvelle fois la levée du statut de "détenus particulièrement signalés" (DPS) de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, membres du commando responsable de l'assassinat du préfet Claude Erignac en février 1998.

Le communiqué fait suite à une enquête publiée dans L'Obs le 6 mai dernier. Le magazine informait des intentions du Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, de défendre le droit de rapprochement des prisonniers corses, détenus à Poissy (Yvelines), sur l'île. Mais, un bras de fer politique autour de ce dossier judiciaire a opposé le ministre de la Justice à Matignon et l'Elysée, selon l'hebdomadaire.

En janvier dernier, le Premier ministre avait décidé de maintenir le statut de DPS des deux hommes, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.

"Une vengeance d'Etat"

Dans sa communication, le collectif de soutien aux deux hommes dénonce "des étranges connivences entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire".

Pour eux, la volonté du Premier ministre, Jean Castex, de refuser la désinscription du répertoire des DPS de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi "a battu en brèche le principe d’indépendance de la justice".

Ils poursuivent en ces termes : "Cet état de fait nous confirme dans l’idée que la vengeance d’Etat est le principal motif qui explique cette ingérence inacceptable dans l’ordre des pouvoirs. L’indépendance de la justice est donc une fiction savamment entretenue par le gouvernement français au premierer rang duquel figure son Premier ministre."

Le chef du gouvernement comme le président de la République se comportent comme de vulgaires autocrates qui légitiment l’idée selon laquelle la justice est un instrument au service du pouvoir politique.

Communiqué de presse de L'Ora di u ritornu.

Pour le collectif, cette "ingérence" du pouvoir exécutif dans cet épineux dossier montre que l'Etat "endosse les habits de la partie civile".

Il se montrerait ainsi "juge et partie" dans un dossier politique "où la raison d’Etat annihile tous les principes qui fondent une démocratie".

En conclusion, L’Ora di U Ritornu explique condamner cette "justice d’exception" et demande une nouvelle fois la levée des DPS des deux hommes et leur transfèrement en Corse.

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