Les visites présidentielles en Corse depuis Mitterrand

Les visites présidentielles en Corse depuis Mitterrand
Images d'achives de l'Ina - Frane 3 Corse ViaStella - Florence Antomarchi

François Hollande effectuera ce jeudi le deuxième voyage officiel en Corse de son quinquennat. Petit retour dans le passé sur les visites de ses prédecesseurs.

Par France 3 Corse ViaStella

Les visites présidentielles en Corse ont toujours été un événement politique, soigneusement mis en scène. Chaque président de la Ve république, depuis Mitterrand, a incarné un rapport assez personnel avec l’île.

Mitterrand, l’espoir et la désillusion

François Mitterrand est le premier président de gauche de la Ve république. Quand il arrive en Corse en 1983, il incarne encore le besoin de changement qui l'a porté au pouvoir. Ici, il vient clamer que ses promesses ont été tenues, sur la décentralisation comme sur la répression

François Mitterrand est le premier président français à s'exprimer du haut de la première assemblée de Corse. Mais le président ne donne pas satisfaction aux nationalistes qui vont répliquer dans la violence. L’année 1983 compte le record absolu de 800 attentats.

Avec la clandestinité, les visites présidentielles qui sont une mise en scène, masquent la réalité politique. L'opacité s'accroit avec la cohabitation. Edouard Balladur, premier ministre de droite, accompagne le deuxième voyage de François Mitterrand. Un hommage à l’Histoire, pour le 50e anniversaire de la libération de la Corse. Seul le président assumera les avancées du 2e statut Joxe. 

Chirac, le deuil

Elu depuis 1995, l’unique déplacement de président de Jacques Chirac sera suite à l’assassinat du préfet Claude Erignac. Le président atterrit sur l’île deux jours après, le 9 février 1998 et inscrit l’hommage à la mémoire du préfet dans le protocole des visites présidentielles sur l’île.

Le discours solennel semble suspendre la décentralisation. En fait, il la laissera se poursuivre avec le statut de Lionel Jospin premier ministre de gauche de son gouvernement de cohabitation.

Sarkozy, la passion

Le tenant du record du nombre de voyages officiels sur l'ile c'est lui : une vingtaine de déplacements en tant que ministre de l'Intérieur, l'arrestation d'Yvan Colonna et à son passif  le cuisant échec du référendum pour sa collectivité unique.

Elu président en 2007, il ne parlera plus de réforme institutionnelle, mais de développement.

Dans ses déplacements, le message sécuritaire dans les mots et dans les images, monte en puissance. En 2010, le voyage est opportunément placé pendant la campagne des territoriales. Il sert en promesses partout où il passe, une majorité locale désunie et en grande difficulté.

Il n’empêchera pas l'échec historique de la droite insulaire : elle perdra en 2010 pour la première fois l'assemblée de corse. En tant que président, il effectuera trois voyages officiels en cinq ans. Sans parler des petits "crochets" faits par certains de ses ministres et par lui-même quelques années plus tard, au domaine de Murtoli, dans le viseur de la justice. Une visite en août 2011 qui fera scandale dans la presse. 

Hollande, la sobriété et la prudence

François Hollande, assure le retour à la sobriété. Un seul voyage présidentiel en octobre 2013, à la veille des municipales, où le président vient soutenir les élus de gauche qui perdront bientôt.

C'est aussi l’occasion de fêter le 70e anniversaire de la libération de la Corse, François Hollande confirme ce symbole longtemps oublié d'une histoire commune. Le matin, aux élus de l'assemblée de Corse qui proposent le changement de la constitution, il montre sa réserve. Depuis sur toute question relative à l’île, François Hollande laisse à ses ministres le travail, la communication et les déplacements.

La visite de cette semaine sera très vraisemblablement le dernier déplacement du quinquennat en Corse

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