1er mai : la corporation des fleuristes haut-rhinois rappelle la loi pour lutter contre la vente à la sauvette du muguet

Les fleuristes haut-rhinois disent non à la vente à la sauvette de muguet. / © Maxppp/Sébastien Jarry
Les fleuristes haut-rhinois disent non à la vente à la sauvette de muguet. / © Maxppp/Sébastien Jarry

Drapeau et revendications pour les uns, bouquet et fragrance de muguet pour les autres. A chacun son premier mai. Pour la corporation des fleuristes du Haut-Rhin, c'est aussi l'occasion de rappeler la loi. A moins d'être une entreprise, on ne peut vendre que le muguet que l'on a cueilli soi-même.

Par Astrid Servent

Le 1er mai n'est pas uniquement le jour de la fête du travail. C'est aussi le jour où l'on offre un brin de muguet à sa dulcinée ou à ceux que l'on aime pour leur porter bonheur. Les fleuristes, eux, associent les deux : ils travaillent et vendent du muguet. Seulement, ils ne sont pas les seuls à vouloir en vendre.

Face aux vendeurs à la sauvette de plus en plus nombreux, la Corporation des Fleuristes du Haut-Rhin a envoyé un courrier à tous les maires du département comptant un fleuriste dans leur commune. Dans ce pli, l'organisation rappelle à ces édiles la manière dont ils peuvent agir pour encadrer la vente du muguet dans leur ville. 
 
 

Une concurrence déloyale


Dans ce rappel à la loi, ce ne sont pas les particuliers qui sont visés car on peut vendre du muguet qu'on a soi-même cueilli mais plutôt les revendeurs à la sauvette.  En théorie, ils n'ont pas le droit de commercialiser des bouquets emballés, parfois ornés de petites roses. Ils doivent par ailleurs se tenir à distance d'un fleuriste patenté. 

Il ne s'agit pas d'interdire la vente mais de l'encadrer
- Harald Perrin, secrétaire général de la corporation des fleuristes du Haut-Rhin-

Bien sûr, ces courriers envoyés aux maires haut-rhinois font souvent chou blanc. Mais certaines villes, comme Mulhouse, Colmar, Saint-Louis ou Guebwiller y sont sensibles. A défaut de verbaliser, certains agents font déguerpir ces vendeurs à la sauvette.

Pour les fleuristes, le 1er mai est tout sauf un jour chômé. En une journée, ce sont entre deux et trois mille brins qui peuvent être vendus. Un chiffre d'affaire non négligeable à mettre en regard avec les taxes à assumer et le personnel payé double ce jour-là.
 

Le muguet, une fleur fragile


Livrée chez les fleuristes qui passent commande deux mois plus tôt, cette fleur délicate arrive bien souvent de Nantes, de la région parisienne ou de Bordeaux. Le fleuriste la recoupe, la traite et la nourrit pour qu'elle soit la plus jolie possible au 1er mai. Son prix varie entre 1,50 euros et 2,50 euros. Cela dépend de la hauteur et de la solidité de la tige, du nombre et de la taille des cloches.

Certains l'agrémentent de myosotis, de pois de senteur ou encore de petites roses. 

Ce qui est sûr, c'est que le muguet n'est pas fait pour durer. Un brin dure trois jours, guère plus
- Catherine Hinderer, présidente de la corporation des fleuristes du Haut-Rhin-

Pour préserver son bouquet de muguet, évitez l'exposition en plein soleil et couper les tiges un petit peu chaque jour.


Un peu d'histoire


Cette tradition remonterait à la Rome antique et aux célébrations en l'honneur de Flora, déesse des fleurs, qui atteignaient leur apogée précisément le 1er mai. Elle n'est associée à la fête du travail qu'en 1941. Le 24 avril de cette année-là, le maréchal Pétain instaure officiellement le 1er mai comme « la Fête du Travail et de la Concorde sociale ». L'églantine rouge, symbole de la journée internationale des travailleurs après 1891, trop connotée à gauche, est remplacée par le muguet.

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