2 ans après le Strasbourg-Port Bou en 26 heures, la SNCF lance un “plan neige” pour éviter les retards

La SNCF déploye son dispositif "grand froid" pour faire face aux risques de perturbations en cas de fortes chutes de neige. Il y a deux ans, un train avait mis 26 heures pour faire le trajet entre Strasbourg et Port Bou en Espagne.

Par AFP

Ce plan comprend plusieurs volets pour protéger les infrastructures, le matériel roulant et les quais en gare, mais aussi mieux informer les voyageurs en cas de perturbation. D'un point de vue technique, la SNCF est prête à mettre en service des "réchauffeurs d'aiguille" pour éviter toute accumulation de neige dans les aiguillages qui les bloquerait, avec une "surveillance accrue par des agents d'astreinte en période de neige.

69 chasse-neige pour déblayer les voies

La compagnie ferroviaire publique dispose aussi de 69 chasse-neige pour déblayer les voies et d'engins spécifiques pour empêcher que l'amoncellement de glace autour des caténaires, ces câbles alimentant les trains en électricité, ne provoque des coupures de courant avec à la clé une paralysie du trafic.La SNCF veille aussi à protéger les trains contre les blocs de glace. "Au croisement de deux TGV, la vitesse d'un bloc de glace qui se détache est de 600 km/h", explique-t-elle, ce qui peut fissurer les vitres qu'elle devrait pouvoir réparer dans des délais plus courts. Elle sera aussi attentive au déneigement des quais en gare pour éviter tout risque de chute de personnes en cas de verglas. Mesure plus visible pour les voyageurs, la SNCF peut être amenée à réduire la
vitesse des trains en cas d'alerte météo: "pour les TGV: à 220/230 km/h et si nécessaire à 160/170 km/h, au lieu de 300 ou 320 km/h", détaille-t-elle. "Pour les trains Intercités et les TER: à 120 km/h, au lieu de 160 et parfois de 200 km/h". Ceci entraînera bien sûr des retards des trains et une perturbation pour les trains suivants. La SNCF prend l'exemple d'un TGV Paris-Lyon, où "200 km de ralentissement à 220 km/h créent un décalage à l'arrivée de 15 minutes".

Des retards à prévoir

La SNCF s'engage à faire tout son possible pour informer au mieux ses clients en cas de perturbation. Si les chutes de neige sont prévisibles 36 heures à l'avance, elle peut donner "une information fiable (...) au plus tard 24 heures avant le début de la perturbation". Ceci sera fait via les affichages et les annonces en gare, mais aussi son site internet.La compagnie ferroviaire a aussi renforcé les dispositifs d'information en temps réel, avec sa radio disponible sur les smartphones et son site SNCF.com, des alertes par SMS ou par mail et un plateau d'assistance ouvert tous les jours de 06H00 à 22H00 pour renseigner directement les contrôleurs. 

26 heures entre Strasbourg et Port Bou !

Les perturbations avaient été limitées l'an dernier mais la SNCF garde en tête l'hiver 2010, lorsqu'un train avait mis 26 heures pour faire le trajet entre Strasbourg et Port Bou en Espagne. Confrontée à l'irritation de ses syndicats et des usagers, la SNCF avait alors publiquement fait son mea culpa, reconnaissant une série d'erreurs inacceptables et évoquant "une avalanche d'incidents liés aux conditions climatiques et à des
problèmes techniques". Un an plus tôt, en décembre 2009, plus de 2.000 passagers avaient passé la nuit
bloqués dans le tunnel sous la Manche, après les pannes de cinq trains Eurostar dues aux fortes chutes de neige et au froid.



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