Une exposition événement débute vendredi à Strasbourg au Musée d’Art moderne et contemporain, consacrée aux oeuvres de Gustave Doré. A cette occasion la station de la Place Broglie et des rames de tram aux couleurs de l'artiste ont été inaugurées ce jeudi matin.
INFOS PRATIQUES
- L'exposition DORÉ & FRIENDS à découvrir du 21 février au 25 mai
- Musée d’Art moderne et contemporain
- 1, place Hans-Jean-Arp, Strasbourg
- T. 33 (0)3 88 23 31 31
- Du mardi au dimanche, 10h – 18h (fermé le lundi)
- Tarif : 7 € (tarif réduit: 3,5 €)
Né en 1832 à Strasbourg, d'un père ingénieur, Gustave Doré commence dès l'âge de cinq ans à illustrer ses cahiers d'écolier. Sa famille le destine à Polytechnique mais lui veut être artiste. Il saisit l'occasion d'un voyage à Paris pour y rester et faire ses débuts comme dessinateur de presse et caricaturiste. Il a quinze ans. Autodidacte, il se forme dans divers ateliers et se met à peindre. Parallèlement, il se met en tête d'illustrer "tous les chefs d'oeuvres de la littérature". Et privilégie le grand format.
Il met en spectacle Dante, Balzac, Rabelais, Cervantes, La Fontaine, Charles Perrault. Le succès est au rendez-vous. Doré rêve aussi de devenir un grand peintre d'histoire. Il expose au salon mais les critiques sont mitigées. Doté d'une grande sensibilité, Doré n'aime pas seulement la littérature. Il joue du violon et a des talents d'acrobate. L'artiste porte un intérêt sincère au monde forain comme le montre "Les saltimbanques".
Une influence qui perdure
Après sa célèbre illustration de la "Sainte Bible" (1866), Doré entreprend une série d'oeuvres religieuses, qui lui vaudront le surnom de "peintre prédicateur". Là encore il privilégie le spectaculaire comme dans l'immense "Christ quittant le prétoire", foisonnant de personnages. Anglophile, Doré cofonde la "Doré Gallery" à Londres en 1867, qui lui permet d'exposer ses oeuvres dans cette mégalopole en plein développement. Il se rend dans les quartiers mal famés de la ville pour saisir les ambiances des bas-fonds.
Survient 1870, la défaite française face à la Prusse, le siège de Paris. Patriote, Doré s'engage comme volontaire dans la garde nationale. Il s'inspire des choses vues sur le terrain pour peindre des allégories dans des tonalités de grisaille ("L'énigme", "L'Aigle noir de la Prusse", "La défense de Paris"). La perte de l'Alsace, sa terre natale, l'affecte. Il se retire à Versailles pendant la Commune de 1871. S'il aime raconter des histoires, Doré, passionné d'alpinisme, est aussi un grand peintre du paysage. Gustave Doré vient tard à la sculpture, vers 1877. Oeuvres allégoriques ambitieuses ou bronzes parfois surprenants comme "A saute mouton". L'artiste meurt d'une crise cardiaque à l'âge de 51 ans.