Edouard Elias et ses trois confrères sont de retour en France

Edouard Elias accueilli par ses proches sur la base aérienne de Villacoublay dimanche 20 avril 2014 / © AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD
Edouard Elias accueilli par ses proches sur la base aérienne de Villacoublay dimanche 20 avril 2014 / © AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Edouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torrès, ex-otages en Syrie, sont arrivés dimanche 20 avril 2014 en hélicoptère sur la base de Villacoublay, au sud de Paris, où ils ont été accueillis par le président François Hollande et leurs familles. Au lendemain de leur libération.

Par Jean-Christophe Dupuis-Remond

 / © AFP PHOTO / THOMAS SAMSON Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès ont tous les quatre rasé leur abondante barbe, signe de leur dix mois de captivité, arborant des visages glabres, mais toujours souriants
A leur descente d'hélicoptère, ils ont d'abord embrassé sur le tarmac le président, accompagné du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, avant de se jeter dans les bras de leurs familles.  Pantalon beiges et vestes polaires, amaigris, visiblement fatigués, les anciens otages arrivaient d'Evreux, à une centaine de km à l'ouest de Paris, où leur avion venu de Turquie s'était posé plus tôt dans la matinée.
Peu de détails ont filtré sur les conditions de la libération des quatre hommes.

Pas trop de mauvais traitements

Ex-otages : arrivée à Villacoublay
On sait encore peu de chose sur les conditions de détention des otages.

"Depuis quelque temps on avait des nouvelles régulières toutes les trois semaines sur le fait qu'ils étaient détenus ensemble, pas isolés, et qu'ils n'avaient pas subi de trop mauvais traitements." Fabien Namias, directeur général d'Europe 1, pour qui travaillaient Didier François et Edouard Elias.

"On savait qu'ils allaient bien, qu'ils étaient plusieurs dans une même cellule, que leur santé avait l'air d'aller, qu'ils avaient le droit d'aller aux toilettes deux fois par jour, et qu'il n'y avait pas de maltraitances." Karen Lajon, porte-parole du Comité de Soutien des otages en Syrie.


Nicolas Hénin a quand même expliqué s'être évadé trois jours après son enlèvement
le 22 juin et avoir été repris par ses ravisseurs au bout d'une nuit de course solitaire dans la campagne syrienne, dans une interview à France 24.
"En tout, a-t-il dit, je suis passé par une dizaine de lieux de captivité (...). La plupart du temps, avec d'autres personnes, notamment Pierre Torrès qui m'a rejoint assez vite. Cela a été une longue errance de lieux de détention en lieux de détention".

Deux enlèvements et quatre otages

Didier François, 53 ans, grand reporter à Europe 1, et le photographe Edouard Elias, 23 ans, avaient été enlevés au nord d'Alep le 6 juin 2013.

Le 22 juin 2013, c'était au tour de Nicolas Hénin, 37 ans, reporter à l'hebdomadaire Le Point, et Pierre Torrès, 29 ans, photographe indépendant, à Raqqa.

La joie des nancéiens

Edouard Elias, jeune photo-reporter engagé est un ancien élève de l'école Condé à Nancy qu'il fréquentait juste avant de partir pour la Syrie. Depuis son enlèvement , les élèves s'étaient mobilisés pour qu'on n'oublie pas leur camarade

La réaction de Laurent Laveu, directeur de l'école Condé à Nancy :
Laurent Laveu, Directeur de l'école Condé à Nancy

Revoyez les premières images des quatre otages après leur libération à la frontière entre la Turquie et la Syrie :
Edouard Elias et ses confrères libérés
Le lieu de leur libération :


Pas de rançon officiellement

Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a assuré qu'il n'y avait "pas eu de rançon" mais des "négociations".

Mais Alain Marsaud, député UMP des Français de l'étranger, a estimé que "si ce n'est pas nous qui payons, c'est d'autres qui payent à la place (...) Nos amis, soit qataris soit des Emirats arabes unis, ont dû faire un geste. Est-ce que ce geste c'est de l'argent, est-ce que ce geste ce sont des armes? Nous le saurons peut-être un jour, peut-être qu'on ne le saura jamais."

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