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François Hollande lundi en Lorraine : visite sous haute tension ?

François Hollande revient lundi 24 novembre 204 en Lorraine pour tenter de surmonter la mémoire douloureuse des hauts-fourneaux de Florange fermés par ArcelorMittal, en choisissant d'inaugurer 2 sites d'avenir à Uckange et Commercy. Des manifestants, notamment d'Ecomouv' se sont également annoncés.

François Hollande à Florange pendant la campagne présidentielle de 2012 (archives).
François Hollande à Florange pendant la campagne présidentielle de 2012 (archives). © France 3 Lorraine
Mise à jour dimanche 17h :

Les agriculteurs seront finalement reçu dans l'après-midi à Commercy par le Président de la République, selon une information de L'Est Républicain.

Notre article :

François Hollande revient lundi 24 novembre 204 en Lorraine
pour tenter de surmonter la mémoire douloureuse des hauts-fourneaux de Florange fermés par ArcelorMittal, en choisissant d'inaugurer deux sites d'avenir, une future plateforme publique de recherche et développement industriel et une nouvelle usine aéronautique.

Pour le chef de l'Etat, que 73% des sympathisants de gauche ne veulent pas voir se représenter en 2017 selon un récent sondage, il s'agit aussi de tenir une promesse: celle faite l'an dernier à Florange d'y revenir "chaque année" durant son mandat "pour veiller aux engagements qui ont été pris".

Sa première visite à Florange durant la campagne présidentielle en 2012 avait suscité beaucoup d'espoir parmi les ouvriers sidérurgistes. Un an plus tard, beaucoup d'entre eux ont considéré la fermeture des hauts-fourneaux comme une "trahison" du chef de l'Etat.

L’occasion pour nous de voir où en sont désormais les sidérurgistes d’Arcelor Mittal. Un reportage de René Elkaim et Guy Souter :

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ArcelorMittal : que sont-ils devenus

Lundi François Hollande sera notamment accompagné de Jean-Marc Todeschini, promu secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants après la démission vendredi de Kader Arif, cité dans une enquête pour favoritisme.
Homme fort du PS mosellan et proche du président, M. Todeschini avait été un acteur clé du dossier Florange. C'est à lui que le PS doit le ralliement du virulent leader local de la CFDT Edouard Martin, promu tête de liste aux élections européennes sur la liste socialiste du Grand Est. Le député européen a depuis quitté l'entreprise.

Rencontre avec les salariés reclassés

Le président a prévu de rencontrer en matinée d'anciens salariés des hauts-fourneaux reclassés, des représentants du personnel et la direction du site d'ArcelorMittal.
Certains ont cependant décliné l'invitation du chef de l'Etat : la CGT a appelé les salariés à manifester lundi matin à Florange, dénonçant "une campagne de communication politique", tandis que FO a préféré "appeler à l'indifférence".

 

Sur les 629 salariés des hauts-fourneaux, environ 320 ont retrouvé un poste en interne sur les autres installations d'ArcelorMittal à Florange, 40 sont partis travailler sur d'autres sites du groupe et les autres sont partis en préretraite. 
ArcelorMittal a opportunément annoncé cette semaine l'embauche de 30 CDI à Florange, les premiers sur le site depuis 2008, qui emploie encore environ 2.200 salariés et produit des aciers pour les filières automobile et emballage.

Quant aux 180 millions d'euros d'investissements sur cinq ans promis par le groupe pour moderniser son site, ils sont "sur les rails" selon la direction, et pourraient même être portés jusqu'à 238 millions d'euros selon l'Elysée.

Deux inaugurations : MétaFensch à Uckange et Safran à Commercy

Avant l'étape de Florange, François Hollande a prévu d'inaugurer une future plateforme publique de recherche en métallurgie, qu'il avait annoncée lors de sa dernière visite en 2013.
Installé sur une ancienne friche sidérurgique d'Uckange (Moselle), près de Florange, ce futur centre de recherche et de développement industriel, baptisé "Métafensch", ne devrait accueillir ses premiers équipements que fin 2015.
L'Etat, qui apporte 20 millions d'euros, pourrait porter l'enveloppe à 50 millions d'euros pour accompagner des projets portés par des entreprises, dont certains seront présentés lundi.

Par ailleurs, après un déjeuner républicain à Metz, le président inaugurera en début d'après-midi une nouvelle usine Safran-Albany à Commercy (Meuse).
Ce site de production de pièces destinés au moteur d'avion nouvelle génération LEAP, déjà commandé par de nombreux constructeurs comme Airbus ou Boeing, a ouvert ses portes au printemps. Il emploie déjà plus de 90 personnes et devrait générer 400 emplois directs d'ici 2018.

Ecomouv', agriculteurs, Florian Philippot et Mme Marongiu en trouble-fête

Outre certains syndicalistes sidérurgistes, différents acteurs pourraient perturber le programme très cadré du président. A commencer par une délégation de salariés d'Ecomouv' de Metz, dont le sort est incertain depuis l'abandon de l'écotaxe par le gouvernement.
Selon une source syndicale, plusieurs d'entre eux comptent venir interpeller le président à Uckange, à défaut d'avoir obtenu une entrevue officielle.

En Moselle comme en Meuse, des agriculteurs en colère veulent aussi parler au chef de l'Etat. "S'il ne vient pas à nous, nous viendrons à lui" a promis Thomas Perrin, le président des Jeunes agriculteurs de Lorraine.

Enfin Isabelle, la femme de Jean-Pierre Marongiu, un Français de Florange emprisonné au Qatar, avait sollicité une entrevue avec le chef de l'Etat, demeurée pour l'heure sans réponse. "Il y a de fortes chances que je vienne avec une banderole" a-t-elle déclaré à l'AFP.

De son côté, Florian Philippot, vice-président du front National, a annoncé qu'il se rendrait lundi "sur les lieux du crime" à Florange :
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F. Philippot : "J'irai à Florange, sur les lieux du crime"

 

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